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GEO-3: GLOBAL ENVIRONMENT OUTLOOK  
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Catastrophes anthropogéniques

De graves accidents liés à des matières chimiques et radioactives ont appelé l'attention partout dans le monde sur les dangers d'une mauvaise gestion, en particulier dans les secteurs du transport, des produits chimiques et des centrales nucléaires. De tels accidents ont souvent un impact transfrontière ; ils soulignent également le fait que les questions de sécurité technologique n'intéressent pas que les pays développés.

Le séisme de 1999 à Izmit (Turquie)

Le 17 août 1999, un séisme d'une magnitude de 7,4 à 7,8 sur l'échelle de Richter a frappé la ville d'Izmit (Turquie) et ses environs. Les dommages ont été évalués à plus de 13 milliards de dollars. Il y a eu plus de 15 000 morts, 25 000 blessés et 600 000 sans-abri. Le séisme a ajouté quelque 3 milliards de dollars au déficit de la balance des comptes en 1999-2000, soit près de 1,5 % du PNB.

Le respect des règles de construction aurait pu éviter une grande partie des dommages. Nombre de nouveaux immeubles n'avaient pas été conçus correctement, ne reposaient pas sur des fondations antisismiques et se trouvaient dans des zones où les séismes pouvaient produire tous leurs effets.

Source : ISDR, 1999


Immeuble d'habitation scindé en deux par le séisme de 1999 à Izmit (Turquie).

Source : Alexander Allmann, Munichoise de réassurance

Certaines catastrophes sont à l'origine d'une réglementation volontaire ou obligatoire visant à éviter qu'elles ne se reproduisent. L'émotion provoquée par l'explosion survenue en 1976 dans une usine de pesticides à Seveso (Italie) accompagnée du rejet de 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine (TCDD) est à l'origine de la publication en 1982 d'une directive européenne concernant les principaux risques d'accidents liés à certaines activités industrielles. Pareillement, d'autres accidents graves, comme la fuite d'isocyanate de méthyle survenue à Bhopal (Inde) en 1984 et l'incendie qui s'est déclaré dans le dépôt de Sandoz Suisse à Bâle en 1989, ont amené le législateur à prendre des mesures visant à prévenir les accidents d'origine chimique et à lutter contre eux. À la suite de l'accident de Bhopal, en particulier, l'Organisation internationale du Travail a mis au point en 1993 la Convention No 174 et la Recommandation No 181 qui concernent toutes deux la prévention des accidents industriels majeurs. Ces deux documents prônent un échange international d'informations pertinentes, la mise au point de politiques visant à remédier aux principaux risques d'accidents et à leurs conséquences, ainsi que la reconnaissance du fait qu'un grave accident peut avoir des conséquences graves pour la vie humaine et l'environnement.

De graves accidents nucléaires, comme ceux survenus à Three Mile Island (États-Unis) en 1979 et à Tchernobyl (Ukraine) en 1986, ont non seulement beaucoup fait pour renforcer la sécurité nucléaire et la préparation aux situations d'urgence, mais elles ont également amené de nombreux pays à renoncer à l'énergie nucléaire ou à soumettre celle-ci à une réglementation rigoureuse. À la suite de la catastrophe de Tchernobyl, deux grands traités internationaux ont été adoptés, à savoir la Convention sur l'assistance en cas d'accident nucléaire ou de situation d'urgence radiologique et la Convention sur la notification rapide d'un accident nucléaire. Plus récemment, la Convention de 1994 sur la sécurité nucléaire, qui oblige les parties à garantir un niveau supérieur de sécurité nucléaire, et la Convention commune de 1997 sur la sûreté de la gestion du combustible irradié et sur la sûreté de la gestion des déchets radioactifs ont été adoptées.

La marée noire provoquée en 1989 par l'Exxon Valdez en Alaska a causé des pertes écologiques et économiques considérables et joué un rôle de catalyseur dans la mise au point des « Principes Valdez » - un code de conduite volontaire des entreprises face à l'environnement - par la Coalition for Environmentally Responsible Economics (CERES). Les entreprises qui se conforment aux « Principes Valdez » doivent instaurer des politiques écologiquement rationnelles, adopter des normes plus rigoureuses en vue de la protection de l'environnement et assumer la responsabilité des dommages qu'elles peuvent causer à l'environnement (Adams, 1994).