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GEO-3: GLOBAL ENVIRONMENT OUTLOOK  
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Bilan des progrès accomplis

En 2032, quand on jette un regard en arrière sur les trois dernières décennies, les sentiments sont mitigés. Beaucoup a été accompli mais beaucoup reste encore à faire. Bien que tous les objectifs à long terme n'aient pas été atteints, le monde paraît sur la bonne voie pour les atteindre. Mais il est manifeste qu'il existe encore des différences importantes dans les progrès accomplis vers les différents objectifs et dans les différentes régions.

« L'augmentation de la population (qui pourtant se stabilise) et l'amélioration des modes de vie continuent à accroître la demande d'eau, d'aliments, de bois et d'espace. »

D'importants succès ont été obtenus dans la réduction de la misère, la généralisation universelle de l'enseignement primaire, l'amélioration de l'égalité entre les sexes, la réduction de la mortalité néonatale et infantile et l'amélioration de la santé en matière de procréation. L'allégement de la dette internationale a contribué au financement nécessaire pour atteindre ces objectifs dans beaucoup de pays en développement. Il existe encore de vastes régions à problèmes, notamment une grande partie de l'Afrique où 10 % de la population ne mange pas à sa faim dans la plupart des sous-régions. Mais même cela représente une réduction des deux tiers aux trois quarts sur une période de 30 ans. De même, les objectifs environnementaux dépendant de la technologie, notamment les augmentations de l'efficacité de l'utilisation des matières premières et la réduction des rejets de substances toxiques, se sont révélés réalisables.

Le secteur privé a joué un rôle décisif : il a accepté d'assumer des responsabilités majeures et de réinvestir une plus grande partie des profits dans la recherchedéveloppement et dans des coalitions mondiales et régionales d'entreprises, qui ont activement soutenu le transfert de technologie aux pays en développement. L'effet des initiatives du secteur privé est encore confirmé par la réalisation des objectifs tels que l'amélioration de la qualité de l'air dans les villes et l'amélioration de l'accès à l'eau salubre.

S'agissant des objectifs liés au stress hydrique, à la dégradation des sols, à la déforestation et à la lutte contre la surexploitation des pêcheries marines, des progrès significatifs mais coûteux ont été faits, bien que des risques considérables demeurent. L'augmentation de la population (qui pourtant se stabilise) et l'amélioration des modes de vie continuent à accroître la demande d'eau, d'aliments, de bois et d'espace. Les modifications du climat expliquent ces préoccupations. Alors que le pourcentage de la population qui vit dans des zones où règne un stress hydrique important et grave demeure stable, le nombre total de personnes qui sont potentiellement affectées par ce stress a augmenté.

« Les décisions qui ont été nécessaires pour maintenir le monde dans la bonne voie de la réalisation des objectifs à long terme, n'ont pas toujours été populaires et ont souvent été fort coûteuses. »

Des crises ont cependant pu être évitées par de coûteux travaux d'équipement et par des politiques de tarification plus judicieuses, qui mettent à la charge des usagers finals une part plus grande du coût financier. Les superficies exposées au risque de dégradation du sol due à l'eau a augmenté notablement du fait de l'expansion de l'agriculture dans des zones marginales et du fait des changements climatiques. Mais le rythme de cette dégradation des sols a notablement diminué au cours de la période car les agriculteurs ont appliqué des mesures de conservation des sols plus rigoureuses en réponse à une modification de la fiscalité et des subventions qui leur sont accordées. En 2032, il n'y a donc pratiquement plus d'augmentation nette de la superficie des sols dégradés.

On est parvenu à arrêter la déforestation. La superficie totale de forêts à même augmenté dans la plupart des régions, en particulier grâce aux plantations d'arbres qui se sont développées. Cependant, le niveau de l'exploitation des forêts a continué à s'accroître. De même, la progression de l'aquaculture et une meilleure gestion des systèmes de pêche (par des contrôles plus rigoureux sur les prises de poissons de mer) ont empêché un nouveau déclin de la plupart des stocks de poissons, mais dans l'ensemble l'exploitation des ressources halieutiques n'a pas notablement diminué.

Enfin, l'échelle et la nature des efforts nécessaires pour remédier au changement climatique et à la diminution de la diversité biologique se sont révélées énormes. Les émissions de dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre par unité de production économique ont notablement diminué dans le monde entier et les niveaux absolus d'émission ont baissé dans les régions les plus riches. Un développement économique plus rapide et la poursuite de l'accroissement de la population dans les autres régions ont abouti à une augmentation du niveau absolu des émissions, alors que les émissions par habitant, dans ces régions, restent relativement faibles. Le résultat net est la poursuite de l'augmentation des émissions à l'échelle mondiale.

Les concentrations de CO2 dans l'atmosphère continuent à augmenter, ce qui indique que des mesures plus rigoureuses seront nécessaires à l'avenir pour les ramener aux niveaux correspondant aux objectifs. Les températures mondiales ont augmenté de près de 0,75º C depuis le début du siècle et continuent leur mouvement ascendant, bien que des modèles indiquent que, à mesure que les réductions déjà négociées prennent effet, ce rythme d'augmentation de la température s'est stabilisé et commencera à décliner dans quelques décennies. Les manifestations régionales du changement climatique et le développement des infrastructures qui a eu lieu pour satisfaire les besoins humains en augmentation et pour atteindre les autres objectifs ont placé dans une situation de plus en plus risquée de nombreux systèmes humains et naturels.

Pour résumer, les forces qui, en 2032, entraînent encore le monde dans des voies qui ne sont pas viables à terme, tout en n'étant pas nécessairement vaincues, semblent en passe d'être domestiquées. Toutes les tendances alarmantes n'ont pas été inversées, bien que, même dans les cas les plus graves « les choses continuent à s'aggraver, mais plus lentement » (Meadows, 2000). Les décisions qui ont été nécessaires pour maintenir le monde dans la voie de la réalisation des objectifs à long terme, n'ont pas toujours été populaires et ont souvent été fort coûteuses. Pour venir à bout de la déforestation, de la dégradation des sols et de la surexploitation des poissons de mer il a fallu adopter des mesures très contraignantes, impliquant parfois des interdictions totales de toute activité humaine dans certaines régions.

Les efforts faits pour réduire les.émissions de gaz à effet de serre ont rendu nécessaire une augmentation assez sensible de la fiscalité frappant la plupart des sources d'énergie et certains produits chimiques industriels, et ont obligé à procéder à des modifications coûteuses des pratiques agricoles. L'on peut se demander si l'on peut faire beaucoup plus avec de pareilles politiques, même avec des progrès technologiques nouveaux. On doit également se demander pendant combien de temps les entreprises et le public continueront à accepter ces politiques. Sans changements fondamentaux des comportements et des demandes humaines, la réalisation de la durabilité pourrait signifier un monde de plus en plus contrôlé, bureaucratique, technocratique et finalement déshumanisé.

Sécurité d'abord
Ce scénario part de l'hypothèse d'un monde où il existe encore des disparités frappantes, de fortes inégalités et des conflits persistants. Les tensions socioéconomiques et environnementales donnent lieu à des vagues de protestation et de contre-mesures. Comme les troubles s'étendent, les groupes les plus puissants et les plus riches pensent avant tout à leur propre protection, créant des enclaves semblables à ce qu'on connaît aujourd'hui sous le nom de « groupes de résidences à accès restreint ». Ces îlots privilégiés offrent une certaine sécurité et des avantages économiques aux communautés qui en dépendent, dans leurs environs immédiats, mais ils rejettent à l'extérieur la masse désavantagée. Les services de protection sociale et les services publics réglementaires tombent en désuétude, tandis que les forces du marché continuent à fonctionner en dehors de ces murs.

Dans ce scénario, durant les premières années du siècle, une conception du monde privilégiant les principes du marché et la sécurité domine le développement mondial. Cela se reflète au niveau international par le manque d'enthousiasme des débats dans les grandes réunions telles que le Sommet mondial pour le développement durable. Les négociations sur le changement climatique et autres accords environnementaux multilatéraux ne font que des progrès minimes.

C'est dans des domaines plus proprement économiques tels que le commerce international et l'investissement étranger que l'on observe des progrès au niveau international. Mais même dans ces domaines, des initiatives prometteuses telles que le Pacte mondial pour l'entreprise, l'Initiative mondiale d'établissement de rapports et la Série de négociations commerciales multilatérales de Doha sous l'égide de l'OMC ont bien du mal à tenir leurs promesses, celles de créer la base d'une mondialisation économique plus équitable et plus viable à terme.

Au lendemain des attaques terroristes contre les États- Unis et après la première riposte armée en Afghanistan, l'accent est mis sur l'obtention de la sécurité par des moyens plus traditionnels tels que le pouvoir militaire et le contrôle des trafics d'armes et des mouvements de capitaux. On ne prête guère attention aux problèmes sociaux et environnementaux qui, de l'avis de beaucoup, sont l'une des motivations de l'activité terroriste.