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GEO-3: GLOBAL ENVIRONMENT OUTLOOK  
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... et un temps pour l'action

Une grande partie de ce qui se passe dépasse le simple dialogue. Plutôt que d'attendre que les dirigeants politiques prennent l'initiative, nombreux sont ceux, individus ou groupes, qui ont commencé à agir de leur propre chef. Ils constatent les résultats contrastés des effets aux niveaux informel et local du Sommet de la Terre de 1992, par exemple la diffusion des initiatives locales Action 21, et les résultats obtenus tant bien que mal au niveau plus officiel, international, comme la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Ces individus et ces groupes s'inspirent des efforts passés et présents des mouvements locaux tels que le mouvement « Ceinture verte » au Kenya et le mouvement « Chipko Andalan » en Inde. Ils rappellent aussi les interventions réussies au niveau international telles que la campagne visant à mettre fin à la production et à l'utilisation des mines terrestres.

Les milieux d'affaires sont une autre source d'inspiration, principalement en raison des succès obtenus dans la création de caisses d'investissement social et l'établissement d'indices des actions à vocation sociale. Les entreprises qui abordent les questions environnementales avant que la législation les y oblige, par exemple certaines sociétés participant au Réseau de la neutralité climatique, remplissent un rôle modèle. Sont également présentés comme exemplaires les partenariats entre les gouvernements et d'autres groupes tels que Écotourisme Namibie et l'Association de gestion communautaire des pêcheries de la baie de Phang-Nga, en Thaïlande.

Plus les individus et les groupes soutiennent des initiatives pratiques, plus l'espoir de voir se produire des changements importants devient plausible. Les médias soutiennent ces efforts en les faisant plus largement connaître. Les éléments progressistes des pouvoirs publics et des milieux d'affaires comprennent que c'est là la filière la plus prometteuse pour faire adopter des réformes. Ils reconnaissent aussi que de tels efforts sont nécessaires pour élucider les causes de ressentiment qui seraient à l'origine des attaques terroristes. La compréhension de cette idée amène à créer des alliances entre individus appartenant à des groupes très différents à l'appui d'initiatives importantes.

Le résultat est un mélange d'initiatives anciennes et nouvelles. Certaines initiatives sont fortement coordonnées et rassemblent un grand nombre de personnes. D'autres sont poursuivies par des petits groupes, ayant des liens larges mais encore assez fragiles aux niveaux local, régional et mondial. Alors que certaines de ces initiatives sont formelles et intégrées au droit national et international, d'autres reposent sur une démarche volontaire telle que l'Initiative mondiale d'établissement de rapports, l'Initiative du Pacte mondial et diverses initiatives financières créées par les Nations Unies et par le monde des entreprises.

Les efforts se poursuivent pour intégrer les résultats de la recherche et de l'analyse scientifique de façon plus complète dans le choix des politiques. L'Évaluation du Millénaire de l'écosystème, l'Évaluation mondiale des eaux internationales et de nouvelles études sur le cycle de l'azote et les polluants organiques persistants (POP) complètent l'investigation en cours sur le changement climatique menée par le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat. Le bilan des POP est en partie l'expression d'une volonté de réagir à de nouveaux indices alarmants d'un transport à longue distance de ces polluants et aux effets de leur présence dans l'organisme des animaux des régions polaires. Tout comme la découverte du trou de l'ozone au-dessus de l'Antarctique durant les années 80, ces révélations stimulent un intense effort pour mesurer le risque et tenter de l'éliminer.

Ces nouveaux bilans diffèrent fondamentalement des grandes études menées dans le passé. D'abord, ils sont conçus pour intégrer des spécialistes originaires des pays en développement et pour renforcer des capacités d'étude dans ces régions. Deuxièmement, la contribution des sciences sociales a un poids aussi important que celle des sciences physiques et naturelles ; troisièmement, chaque fois que possible, les nombreuses études régionales et locales qui constituent une grande partie des ces évaluations font appel, comme partenaires dans les recherches, aux communautés locales et aux profanes. Cela résulte en effet du souhait de ces groupes d'avoir un moyen de s'exprimer dans le traitement et l'interprétation des grands problèmes, et dans la façon d'aborder des préoccupations particulières.

Les connaissances que ces individus et ces groupes (en particulier ceux qui représentent les populations autochtones) possèdent sont de plus en plus largement reconnues. Cette démarche participative reconnaît également que les possibilités d'action vont bien au-delà des milieux officiels et dépend de la participation réelle des collectivités locales.

« Le but des politiques suivies est de soutenir les efforts que font les individus et les groupes pour atteindre les objectifs du développement durable. »

En choisissant les buts et les objectifs et en concevant des activités permettant de les réaliser, on s'inspire des efforts en cours mais aussi on tient compte des progrès accomplis dans la recherche d'un nouvel équilibre entre les institutions formelles et informelles. Les objectifs sociaux et environnementaux sont réaffirmés, notamment la réduction de l'insécurité alimentaire et de la mortalité infantile, l'élévation de l'espérance de vie et l'alphabétisation, la stabilisation du climat, la fin de la déforestation et l'inversion du déclin des pêcheries.

Cependant, au lieu de fixer des chiffres, des quotas et des calendriers précis, une attention plus grande est accordée aux notions de responsabilité et de transparence, en instituant des systèmes de surveillance et en exigeant des gouvernements, des industries, des ONG et d'autres milieux qu'ils révèlent l'information qu'ils possèdent sur les objectifs convenus. Le principe sous-jacent est qu'une large diffusion d'une information de qualité et des moyens appropriés de contrôler l'équilibre encouragera des progrès dans la réalisation de ces objectifs, directement par le biais des pressions exercées par des citoyens de plus en plus soucieux de s'exprimer. Dans ce scénario, le but des politiques suivies est de soutenir les efforts que font les individus et les groupes, dans les milieux gouvernementaux comme dans la société civile, dans le secteur non lucratif comme sur le marché, pour atteindre les objectifs du développement durable.

Cette démarche évolutive amène à réévaluer les accords multilatéraux existants. Dans leur liste figurent les accords portant sur l'environnement tels que la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination. Y figurent également des conventions à vocation sociale telles que la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et la Convention relative aux droits de l'enfant.

On voit également s'accélérer le processus de révision ou de rénovation continue des institutions internationales, dans le but de les rendre plus efficaces. Les Nations Unies, les grandes institutions financières telles que la Banque mondiale, les banques régionales de développement et le FMI et l'OMC sont toutes visées. La transparence et la responsabilisation sont des aspects essentiels de cette évolution. Des processus similaires sont en cours dans les secteurs des entreprises et des associations, notamment.

Au niveau régional, nouvelles et anciennes organisations deviennent de plus en plus actives. La Fédération des nations caraïbes sort de l'ancienne CARICOM. En Europe, l'expansion de l'Union européenne se poursuit, mais avec une déférence remarquable à l'égard du maintien et de l'amélioration des relations avec la Fédération de Russie. L'Afrique voit la poursuite de la Conférence des ministres africains de l'environnement. La plupart des régions explorent aussi les possibilités d'une plus grande intégration des politiques relatives au commerce international, aux migrations, aux ressources en eau et autres questions transfrontières. Les efforts régionaux s'inscrivent ainsi progressivement dans un réseau semi-officiel de politiques publiques mondiales.