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GEO-3: GLOBAL ENVIRONMENT OUTLOOK  
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De mauvaises nouvelles pour la diversité biologique

L'accroissement de la population, l'expansion des zones urbaines et la diminution des zones forestières, ainsi qu'une activité économique plus soutenue exercent des pressions accrues sur la diversité biologique terrestre et marine. Dans tous les scénarios, l'expansion des infrastructures aux seules fins de satisfaire une demande croissante a un impact toujours plus important à travers toute la région (voir graphique au-dessous). Dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord, des politiques plus efficaces en matière de planification, de coordination et d'utilisation des sols atténuent quelque peu cet impact. Dans le scénario Sécurité d'abord, l'absence de pareilles politiques et un accroissement plus important de la population entraînent un impact presque aussi important que dans le scénario Marchés d'abord, alors même que la croissance économique y est beaucoup plus lente.

Superficie des terres transformées par l'expansion des infrastructures : Asie et Pacifique (% de la superficie terrestre totale)

À mesure que les infrastructures s'étendent, on note des tendances analogues dans toutes les sous-régions de la région Asie et Pacifique.

Source : GLOBIO (voir annexe technique).

Indice du capital naturel : Asie et Pacifique

L'indice 100 renvoie à une situation dans laquelle la surface totale des terres est laissée à l'état sauvage et toutes les pressions sont inférieures au seuil minimum (voir annexe technique). Une diminution de l'indice du capital naturel indique une perte d'habitat et des pressions accrues sur la diversité biologique terrestre et aquatique. Dans tous les scénarios, les pressions sur la diversité biologique augmentent entre 2002 et 2032.

Source : IMAGE 2.2 (voir annexe technique).


Légende des
graphiques

Parallèlement à l'expansion des infrastructures, les changements climatiques retentissent sur la diversité biologique et entraînent une réduction importante de la quantité et de la qualité du capital naturel dans certaines sous-régions au cours des 30 prochaines années. Comme pour toutes les autres pressions, celles-ci diffèrent considérablement selon les sous-régions, et dans tous les scénarios, c'est en Asie du Sud et du Sud-Est qu'elles sont les plus fortes (voir au-dessus).

Enfin, l'augmentation des échanges a un impact négatif sur la diversité biologique, en particulier dans les scénarios Marchés d'abord et Politiques d'abord. Dans le scénario Sécurité d'abord, une réduction des échanges et une réglementation plus rigoureuse de l'exploitation de certaines zones peuvent avoir des effets bénéfiques sur la diversité biologique, tandis que d'autres zones pâtissent de l'absence de contrôle.

Dans le scénario Politiques d'abord, certaines des pressions exercées sur la diversité biologique sont battues en brèche par la coopération régionale visant à lutter contre les prélèvements illicites d'organismes et à créer davantage de zones protégées. Dans le scénario Durabilité d'abord, des progrès techniques permettent de recenser en temps réel et de surveiller le patrimoine de la diversité biologique et des écosystèmes sensibles. Les communautés connaissent et comprennent mieux la dynamique des systèmes écologiques, ainsi que les instruments d'évaluation et de planification stratégiques. À terme, cela se traduit par une plus forte représentation des espèces, des communautés et des gènes dans les zones protégées. Le maintien de stocks génétiques endémiques fournit des souches précieuses pour le progrès de la biotechnologie, bénéficie aux communautés locales et réduit le risque d'une domination par des espèces envahissantes.

Population sous-alimentée : Asie et Pacifique (%)

Dans toutes les sous-régions, le revenu moyen augmente et entraîne une baisse du pourcentage de la population souffrant de la faim. Toutefois, un accroissement rapide de la population peut entraîner une augmentation de l'incidence de la faim, même si le pourcentage des personnes exposées diminue.

Source : PoleStar (voir annexe technique).

Population sous-alimentée : Asie et Pacifique (millions de personnes)

Les cinq graphiques montrent l'impact sur l'ensemble de la région. Le cercle qui se trouve en haut à gauche indique la situation actuelle et le diamètre des autres est proportionnel à l'ampleur de l'impact correspondant aux quatre scénarios en 2032.

Source : PoleStar (voir annexe technique).

Des tendances écologiques pertinentes, la répartition de la croissance économique et l'efficacité des politiques sociales se reflètent dans l'incidence de la faim dans la région (voir graphiques). Dans les scénarios Marchés d'abord et Sécurité d'abord, le pourcentage des personnes touchées par la faim demeure élevé dans une grande partie de la région. La population s'accroissant, cela n'implique qu'une légère diminution en nombres absolus dans le premier de ces scénarios et de petites augmentations dans le dernier scénario. Toutefois, on peut envisager des améliorations sensibles, comme c'est le cas dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord où l'on note une forte réduction en pourcentage et en nombre des personnes touchées par la faim. Dans le scénario Politiques d'abord, ce résultat est obtenu à la fois par une croissance relativement soutenue et une répartition plus équitable du revenu. Dans le scénario Durabilité d'abord, une plus grande équité à la fois au sein des pays et entre eux se traduit par une croissance économique rapide et une meilleure répartition du revenu.

Imaginons ... une contamination généralisée des eaux de surface et des eaux souterraines dans la région Asie et Pacifique

L'accroissement rapide de la population et de l'économie entraîne une forte augmentation de la demande d'aliments et de logements et conduit à une agriculture toujours plus intensive. Le renforcement de l'irrigation et de l'utilisation d'engrais dans les zones rurales, ainsi que la croissance débridée des centres urbains et des mégalopoles se traduisent par une compétition accrue pour les ressources en eau entre les régions géographiques et les secteurs économiques. Cette rivalité atteint les proportions d'une crise vers 2010, lorsque la qualité des eaux de surface et des eaux souterraines de la région amorce un déclin généralisé, rapide et accéléré. La modification des eaux de surface traduit une réaction des écosystèmes aquatiques à la concentration cumulative d'azote et d'autres matériaux organiques provenant du traitement inadéquat des déchets solides agricoles et urbains. L'impact sur les eaux souterraines est provoqué par le ruissellement des engrais chimiques et des pesticides provenant de l'agriculture, ainsi que par les matériaux toxiques provenant de l'industrie. Cet impact est renforcé par une extraction plus rapide des ressources en eaux souterraines, ce qui provoque à son tour une augmentation de la concentration de ces polluants dans les eaux souterraines restantes, ainsi que des taux accrus de pénétration d'eau salée dans les zones côtières étendues de la région.

Dans le scénario ...

Marchés d’abord
  • Une partie de la production agricole est touchée et le prix des vivres augmente fortement, ce qui provoque une augmentation du commerce des aliments au sein de la région et des importations d'autres régions.
  • Les sociétés de biotechnologie rivalisent pour fournir des bactéries qui se nourrissent de polluants.
  • Les sociétés privées sous-traitent aux administrations municipales le transport de l'eau non contaminée provenant d'autres régions, y compris l'eau douce des icebergs de l'Antarctique.
Politiques d’abord
  • On donne une forte impulsion aux politiques visant une absence totale d'émissions polluantes.
  • Les pouvoirs publics investissent davantage dans le génie génétique afin de produire des bactéries qui se nourrissent de polluants.
  • Lorsque le traitement de l'eau ne parvient pas à compenser les pertes d'eau imputables à une diminution de la qualité, on instaure un rationnement de l'eau et on distribue à la population des villes des équipements permettant d'économiser l'eau.
  • Le bassin fluvial est le cadre choisi pour l'intégration des politiques de l'eau et des sols dans la politique de développement.
Sécurité d’abord
  • Les ressources en eau sont placées sous l'autorité militaire, qu'elles soient publiques ou privées.
  • Les décès imputables à des maladies d'origine hydrique comme le choléra augmentent fortement.
Durabilité d’abord
  • Le passage à une agriculture durable, plus organique et utilisant peu d'intrants s'accélère, à mesure que les producteurs utilisant ces méthodes font mieux face aux perturbations et sont perçus comme ayant un impact neutre sur le problème.
  • Les zones urbaines qui ont déjà adopté de meilleures pratiques en matière d'économie d'eau, de réduction des gaspillages et d'épuration des eaux usées étendent la campagne qu'elles mènent pour accélérer l'introduction de pratiques analogues dans toute la région.

Leçons
Souvent, il faut une crise pour provoquer les changements nécessaires à l'adoption de pratiques plus durables. De toute façon, pour régler des problèmes comme ceux de la quantité et de la qualité d'eau douce, il faut une perspective intégrée qui reconnaisse les interactions existant entre les secteurs, et la possibilité que les pressions cumulatives entraînent un effet de seuil sur les systèmes naturels. Pareil infléchissement implique en partie qu'on encourage la diversité dans les systèmes agricoles et autres systèmes économiques, en sorte qu'en cas d'imprévu ou de crise, le fait de disposer d'un vaste répertoire permette l'adoption de stratégies nouvelles.