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GEO-3: GLOBAL ENVIRONMENT OUTLOOK  
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Émissions et utilisation des sols : changement de cap

Légende des
graphiques
Émissions de dioxyde de carbone liées à la consommation d'énergie : Europe (millions de tonnes de carbone)

Dans trois des quatre scénarios, les émissions totales de dioxyde de carbone en Europe augmentent, réduisant ainsi les chances d'une régulation du climat. Il est possible de réaliser l'objectif à court terme du Protocole de Kyoto dans le scénario Politiques d'abord, mais certainement pas dans le scénario Marchés d'abord ou le scénario Sécurité d'abord.

Source : IMAGE 2.2 (voir annexe technique).

Ces modifications dans l'utilisation de l'énergie, allant de pair avec des modifications dans l'utilisation des combustibles, se traduisent dans les émissions de gaz, notamment le gaz carbonique (voir graphique à droite). Il existe des différences frappantes entre les scénarios et les sousrégions. Dans le scénario Marchés d'abord, les émissions augmentent fortement dans toutes les régions, en grande partie dues au transport. Dans le scénario Sécurité d'abord, les difficultés économiques que connaît l'Europe orientale aboutissent pratiquement au même niveau d'émissions que dans le scénario Politiques d'abord, dans lequel une action politique plus dynamique suscite une meilleure utilisation de l'énergie et l'adoption de combustibles sans carbone. Dans le scénario Durabilité d'abord, des initiatives politiques vigoureuses et de profonds changements dans les modes de vie, notamment le fait que davantage de gens sont prêts à donner la préférence aux transports publics, permettent de réaliser des réductions importantes, ce qui marque un tournant dans la lutte contre les changements climatiques d'origine anthropique.

Toute modification de l'utilisation des terres en Europe dépend des décisions liées à la planification spatiale des politiques de développement et de transport. Elle dépend également de l'évolution de la politique agricole, notamment des changements qui pourraient intervenir dans le régime des échanges agricoles et de la réforme de la politique agricole commune. Dans le scénario Marchés d'abord, la zone construite s'étend au fil du temps en Europe occidentale (voir graphique au-dessous). Ailleurs, la diminution de la population conduit à la stabilité ou à une réduction modeste de la zone construite dans le scénario Marchés d'abord et dans toute la région dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord, où des modèles d'implantation humaine peu étalée et un accroissement plus faible de la population réduisent la nécessité d'étendre les zones construites. Dans le scénario Sécurité d'abord, une population plus nombreuse et des villes plus étalées entraînent une expansion importante des zones construites en Europe occidentale, et à une modeste expansion dans le reste de la région.

Éxpansion des zones construites : Europe (% de la superficie terrestre totale)

Source : PoleStar (voir annexe technique).

Superficie des terres transformées par l'expansion des infrastructures : Europe (% de la superficie totale)

Une grande partie de l'Europe centrale et occidentale est directement mise en culture. Les quelques zones demeurées à l'abri des perturbations ne se trouvent qu'en Scandinavie et dans les zones protégées, où le tourisme et le développement des loisirs exercent une pression toujours plus forte sur les écosystèmes de montagne. On commence à remettre en état les anciennes terres humides, mais sur une échelle qui continue d'être beaucoup plus petite que le développement continu des infrastructures.

Source : GLOBIO (voir annexe technique).

Parallèlement, le développement continu du réseau routier, des terres cultivées et d'autres activités humaines entraînent une expansion des infrastructures à travers toute la région et dans tous les scénarios, ainsi qu'une augmentation générale des niveaux d'impact (voir graphique). Cela étant, des politiques bien conçues - y compris des restrictions quant à l'emplacement des infrastructures - peuvent contribuer à atténuer l'impact de pareille expansion. C'est en Europe de l'Est que cette évolution possible est la plus évidente. Dans les scénarios Marchés d'abord et Sécurité d'abord, les pressions croissantes exercées pour mettre en valeur les ressources et développer les infrastructures réduisent la diversité biologique restante. Il en résulte la perte de populations de rennes et de loups, ainsi que de nombreux insectes et plantes que l'on trouve dans les fermes. Pour rétablir l'habitat perdu, en particulier lorsqu'il s'agit d'agroécosystèmes et de terres humides, il faudrait que prévale le scénario Durabilité d'abord.

Les pressions jouent un rôle en ce qui concerne la diversité biologique terrestre dans la région. L'Europe doit aussi faire face aux effets des changements climatiques, notamment ceux qui se sont déjà produits et qui ont été suscités par les émissions de gaz à effet de serre. Dans l'ensemble, les différents scénarios en 2032 ne présentent que des différences minimes, compte tenu du décalage dans le temps de l'effet des changements climatiques des décennies précédentes. En outre, à court terme, les réductions mondiales et régionales plus importantes des oxydes de soufre et autres polluants observées dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord résultent en fait de changements climatiques plus rapides, ce qui accroît les pressions sur les écosystèmes. Toutefois, les initiatives actuelles comme le projet Natura 2000 de l'UE se concrétise et l'on met en place des réseaux paneuropéens de zones protégées et de corridors verts en vue de protéger plus efficacement la diversité biologique dans le scénario Durabilité d'abord et peut-être dans le scénario Politiques d'abord. Il ne faut pas non plus négliger les initiatives prises pour remettre en état d'anciennes terres agricoles qui pourraient constituer des habitats supplémentaires pour la faune et la flore sauvages. Ceci se reflète dans les résultats quelque peu meilleurs de l'indice du capital naturel (voir graphique au-dessous) dans le scénario Durabilité d'abord.

Dans tous les scénarios, sauf le scénario Sécurité d'abord, des changements dans l'agriculture, ainsi que des améliorations des techniques et des pratiques de gestion et des modifications dans le choix des cultures réduisent la demande totale d'eau dans l'agriculture. Dans le scénario Marchés d'abord, cependant, le développement économique continue d'induire de fortes augmentations de la demande totale d'eau, surtout en Europe orientale et centrale. Ces augmentations vont de pair avec l'expansion de zones fortement touchées par le stress hydrique. La demande totale est analogue dans le scénario Sécurité d'abord, une population plus importante que dans le scénario Marchés d'abord étant quelque peu compensée par une réduction de l'activité économique.

Légende des
graphiques

La situation se présente autrement dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord, où les changements structurels amènent à réduire les prélèvements d'eau dans tous les secteurs à travers toute l'Europe. Dans ces scénarios, les efforts continus déployés pour économiser l'eau mettent fin à la situation actuelle dans laquelle certains bassins sont fortement touchés par le stress hydrique. Ainsi, le nombre de personnes qui vivent dans des zones gravement touchées par le stress hydrique diminue considérablement. C'est dans le scénario Durabilité d'abord que le changement est le plus impressionnant, la réduction de la consommation de viande renforçant des politiques, comme la tarification de l'eau, introduite dans les autres scénarios. Les différences existant entre les scénarios sont amplifiées par des différences concernant le volume des eaux usées qui sont épurées et le recyclage industriel de l'eau. Ces changements se traduisent dans le nombre de personnes touchées par la pénurie d'eau dans les sous-régions dans les différents scénarios (voir graphiques au-dessous). Les problèmes potentiels liés au stress hydrique sont atténués dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord par la pleine application de la Directive-cadre concernant l'eau et des accords relatifs aux mers régionales. Entre-temps, ces difficultés sont aggravées dans le scénario Sécurité d'abord et débouchent sur des conflits à propos de l'eau et de la contamination provenant d'une activité industrielle non réglementée, ainsi que sur l'incapacité de faire face aux conséquences des politiques laxistes du passé.

Indice du capital naturel : Europe

L'indice 100 renvoie à une situation dans laquelle la surface totale des terres est laissée à l'état sauvage et toutes les pressions sont inférieures au seuil minimum (voir annexe technique). Une diminution de l'indice du capital naturel indique une perte d'habitat et des pressions accrues sur la diversité biologique terrestre et aquatique. À mesure que les pressions de l'agriculture se stabilisent et commencent à s'alléger, la situation générale de la diversité biologique en Europe dans les 30 prochaines années ne s'écarte pas beaucoup de la situation actuelle.

Source: IMAGE 2.1 (voir annexe technique)

Population vivant dans des zones où la pénurie d'eau est grave : Europe (%)

Lorsque plus de 40 % des ressources hydriques renouvelables d'un bassin hydrographique sont prélevées pour l'usage de l'homme, on considère que ce bassin est soumis à une pression intense. Le stress hydrique en Europe concerne autant la qualité que la quantité de l'eau. En raison de l'usage intensif de l'eau, celle-ci est souvent gravement polluée en Europe. Toutefois, là où l'eau est utilisée surtout à des fins industrielles, elle peut souvent être réutilisée dans de fortes proportions, ce qui atténue les effets de la pénurie d'eau.

Source : WaterGAP 2.1 (voir annexe technique).

Nombre de personnes vivant dans des zones où il y a une pénurie d'eau grave : Europe (millions de personnes)

Tous ces graphiques indiquent l'impact sur l'ensemble de la région. Le graphique qui se trouve en haut à gauche décrit la situation actuelle et le diamètre des autres cercles indique l'ampleur de l'impact en 2032 dans les quatre scénarios.

Source : WaterGAP 2.1 (voir annexe technique).