About UNEP UNEP Offices News Centre Publications Events Awards Milestones UNEP Store
GEO-3: GLOBAL ENVIRONMENT OUTLOOK  
UNEP Website GEO Home Page

Le balancier des émissions polluantes

Légende des
graphiques
Émissions de dioxyde de carbone liées à la consommation d'énergie : Amérique du Nord (millions de tonnes de carbone)

Dans une grande mesure, les politiques visant à réduire les émissions dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord peuvent avoir des synergies avec des politiques visant d'autres objectifs.

Source : IMAGE 2.2 (voir annexe technique).

Étant une des régions qui émettent le plus de gaz à effet de serre, l'Amérique du Nord a une influence déterminante sur le climat futur de la planète. Dans le scénario Marchés d'abord, son refus de participer à l'effort de réduction entrave considérablement la limitation mondiale des émissions de gaz à effet de serre. Cette région reste celle qui émet le plus de gaz à effet de serre par habitant et aussi une de celles qui en émettent le plus en termes absolus (voir graphique). Les émissions augmentent malgré les gains globaux de rendement énergétique dus à la hausse du prix des carburants et au progrès général de la technologie. Les émissions dues au transport sont celles qui augmentent le plus car les carburants automobiles représentent une partie croissante de la consommation totale d'énergie. Dans le scénario Sécurité d'abord, l'effondrement d'une partie des infrastructures de transport et le fait que les véhicules automobiles sont de plus en plus réservés à l'élite ne suffisent pas à compenser l'impact global de l'expansion démographique, si bien que les émissions augmentent encore plus.

Dans le scénario Politiques d'abord, l'Amérique du Nord réussit à mettre en ouvre des politiques de réduction des émissions de carbone qui sont efficientes sur le plan économique, ce qui entraîne une réduction de sa contribution aux émissions mondiales. Néanmoins, ces émissions par habitant restent relativement élevées, dépassant le double de la moyenne mondiale. Les émissions dues au transport et à d'autres sources de pollution diminuent en raison des gains de rendement énergétique et de l'utilisation accrue de transport public. Les résultats sont encore plus spectaculaires dans le scénario Durabilité d'abord, car les émissions de gaz à effet de serre chutent considérablement, ce qui paraissait impensable quelques décennies auparavant. Cette transformation est due en partie au progrès technique, mais surtout à l'évolution des modes de vie qui entraîne une réduction de la consommation d'énergie par habitant à tel point que celle-ci ne devient guère plus élevée que celle des autres pays développés.

Légende des
graphiques
Étendue des zones construites : Amérique du Nord (% de la superficie terrestre totale)

Source : PoleStar (voir annexe technique).

Un des effets les plus visibles de la prédominance du transport automobile est le développement tentaculaire des villes, c'est-à-dire la création d'immenses zones urbaines à faible densité de population dans lesquelles presque tout le monde est tributaire de la voiture. Cette culture de l'automobile est aussi une cause majeure de pollution atmosphérique à l'échelle locale. La pollution atmosphérique restera un problème majeur pour de nombreuses villes de la région dans les scénarios Marchés d'abord et Sécurité d'abord. Dans le scénario Marchés d'abord, la surface construite augmente (voir graphique), mais moins rapidement que par le passé. Comme la population augmente aussi, la superficie construite par habitant s'accroît sensiblement.

Dans le scénario Sécurité d'abord, l'augmentation plus rapide de la population et le développement tentaculaire des villes entraînent une augmentation encore plus forte des superficies construites. En outre, les villes tentaculaires héritées du XXe siècle sont menacées par la dégradation des infrastructures. La proportion d'eau épurée diminue sensiblement et les maladies transmises par l'eau se propagent. Dans le scénario Politiques d'abord, la population augmente aussi, mais les établissements humains sont plus denses, si bien que la superficie construite se stabilise. Dans le scénario Durabilité d'abord, les agglomérations sont beaucoup plus compactes que par le passé ou que dans les autres scénarios. Comme en outre l'accroissement de la population est plus lent, ce scénario entraîne une diminution des superficies construites.

Dans le scénario Politiques d'abord, les pressions sur les ressources foncières et les écosystèmes sont moins fortes (voir graphique au-dessous). On consacre plus d'efforts à la rénovation des infrastructures vieillissantes, en particulier dans le centre des villes. Le Canada continue de réserver de vastes superficies aux populations autochtones, ce qui aura probablement des effets positifs sur une grande partie de ses écosystèmes. Toutefois, le développement considérable des industries extractives, de l'hydroélectricité, de la mise en valeur des gisements de gaz et de pétrole et la construction de routes dans les forêts continuent de faire diminuer la superficie des zones sauvages. Dans les scénarios Sécurité d'abord et Marchés d'abord, l'exploration et l'exploitation des ressources naturelles augmentent sensiblement, en particulier dans les régions de l'Alaska, du Yukon et du Québec, mais l'empiètement est un peu moins marqué que dans le scénario précédent car la croissance économique est plus faible.

Légende des
graphiques
Superficie des terres tranformées par l'expansion des infrastructures : Amérique du Nord (% de la superficie terrestre totale)

Source : GLOBIO (voir annexe technique).

Enfin, dans un scénario de Durabilité d'abord, les grands centres urbains d'Amérique du Nord commencent à se réorganiser lentement en réponse au souhait de la population qui veut habiter plus près de son lieu de travail, des commerces et des zones de loisirs. Pour une bonne partie de la population, les petites villes qui commenceront à apparaître à partir de 2032 à l'intérieur des immenses agglomérations offriront un équilibre attrayant entre la proximité d'un centre de culture très vivant et les avantages de la vie dans une petite communauté. D'autres opteront pour l'accès à l'espace vert, ce qui conduira à la création de petites villes dispersées autour de grands centres métropolitains et reliées par des réseaux de transport modernes.

Les progrès constants des technologies de l'information élargissent l'éventail des modalités de travail et des modes de vie, et de nouveaux modes de vie apparaissent. Une de leurs caractéristiques communes est que ces modes de vie demandent beaucoup moins de ressources, sont beaucoup moins tributaires du transport automobile et sont moins stressants que les modes de vie du XXe siècle. Les gens se sentent très attachés à leurs communautés locale, nationale et mondiale.

Le changement climatique et l'introduction d'espèces exotiques font planer de nouvelles menaces sur la diversité biologique terrestre dans la région. Bien que la superficie des forêts naturelles reste à peu près constante dans la région quel que soit le scénario, dans certains cas il y a une rapide expansion de forêts de plantation, de zones construites et de terres arables, ainsi que des infrastructures qui leur sont associées. Cela vaut en particulier dans le cas du scénario Marchés d'abord, qui implique une forte croissance économique. Les nombreuses formes de vie qui existent dans les zones humides sont toujours menacées par l'aménagement ou la dégradation de ces écosystèmes.

Légende des
graphiques
Indice du capital naturel : Amérique du Nord

Un indice de 100 correspond à une situation dans laquelle la terre est totalement laissée à ellemême et toutes les pressions sont en dessous du seuil minimum (voir annexe technique). La diminution de l'indice du capital naturel indique une perte d'habitats et une intensification des pressions qui s'exercent sur la diversité biologique terrestre et aquatique.

Source : IMAGE 2.2 (voir annexe technique).

Dans une grande partie de la région et notamment dans le nord, la végétation naturelle est menacée par le changement climatique. Les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord ont un effet un peu plus prononcé sur le changement climatique, en raison des effets des efforts immédiats visant à réduire les émissions de polluants tels que le dioxyde de soufre, en plus des gaz à effet de serre. Toutefois, au cours des 30 prochaines années, l'évolution du climat sera en grande partie déterminée par ce qui a été fait avant 2002 et par conséquent il n'y a guère de différence de l'indice du capital naturel selon les scénarios (voir graphique). Le changement climatique ne commencera à manifester tous ses effets qu'après 2032.

La diversité biologique des écosystèmes côtiers et marins est aussi menacée par le développement desLa diversité biologique des écosystèmes côtiers et marins est aussi menacée par le développement des infrastructures, la pollution et le changement climatique. Dans les scénarios Durabilité d'abord et Politiques d'abord, les infrastructures se développent plus lentement et d'importantes modifications de la politique agricole entraînent une réduction notable des sources de pollution d'origine terrestre. Les effets du changement climatique se manifestent plus tard que ceux qu'on peut observer sur la diversité biologique terrestre, car la température de l'eau change plus lentement, mais à cet égard des effets de seuil pourraient jouer un rôle important. Avec ces deux scénarios, dans le secteur de la pêche, le renforcement de la coopération intrarégionale et interrégionale contribue à la préservation et au rétablissement d'importants stocks de poissons. La pression sur les ressources de la mer est quelque peu réduite par le développement de l'aquaculture, dans ces scénarios comme dans le scénario Marchés d'abord. Dans le scénario Sécurité d'abord, le risque de conflits internationaux au sujet des ressources marines au sein de la région et avec d'autres régions est élevé, ce qui a des incidences négatives sur la santé des écosystèmes aquatiques.