About UNEP UNEP Offices News Centre Publications Events Awards Milestones UNEP Store
GEO-3: GLOBAL ENVIRONMENT OUTLOOK  
UNEP Website GEO Home Page

L’érosion du capital naturel

La diversité biologique de l'Asie occidentale est de plus en plus menacée. Dans tous les scénarios (voir graphique au-dessous), les infrastructures se développent, détruisant et fragmentant les écosystèmes. Ces pressions entraînent une diminution persistante des populations d'espèces sauvages, dont un nombre croissant est menacé d'extinction, et une perte continue de diversité biologique. Cette évolution est quelque peu atténuée dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord, au moyen de la mise en ouvre de plans de gestion de l'utilisation des sols qui réduisent les pressions sur les écosystèmes. En outre, les pays adoptent des lois sur la protection de la diversité biologique et des espèces menacées d'extinction et réglementent l'introduction d'organismes exotiques ou génétiquement modifiés. Si l'expansion des infrastructures et son impact sur la diversité biologique sont moins prononcés dans le scénario Sécurité d'abord que dans le scénario Marchés d'abord, cela est dû uniquement au fait que la croissance économique serait moins forte.

D'autres problèmes et en particulier le changement climatique aggravent ces pressions et contribuent à éroder encore davantage le capital naturel de la région dans tous les scénarios. Dans le scénario Politiques d'abord, les efforts déjà engagés pour élargir les zones protégées se poursuivent et il est possible qu'on atteigne les objectifs internationaux. De plus, les pays voisins coopèrent à l'échelle régionale et créent des réserves transfrontières. Le public est sensibilisé au moyen de jardins botaniques et de musées. Les efforts en ce sens vont encore plus loin dans le scénario Durabilité d'abord, qui suppose une plus grande maîtrise locale des ressources. La superficie des zones protégées atteint les objectifs, ce qui enraye l'épuisement des ressources biologiques. En outre, la recherche concertée à l'échelle régionale, l'investissement et l'utilisation durable des ressources génétiques et biologiques au moyen de technologies avancées se développent. Toutefois, même dans ce cas les efforts de protection et de conservation ne suffisent pas à compenser totalement les effets du changement climatique (voir graphique).

Superficie des terres transformées par l'expansion des infrastructures : Asie occidentale (% de la superficie terrestre totale)

Source : GLOBIO (voir annexe technique).

Indice du capital naturel : Asie occidentale

Un indice de 100 correspond à une situation dans laquelle la terre est totalement laissée à ellemême et toutes les pressions sont en dessous du seuil minimum (voir annexe technique). La diminution de l'indice du capital naturel indique une perte d'habitats et une intensification des pressions qui s'exercent sur la diversité biologique terrestre et aquatique. L'impact sur la diversité biologique est considérable entre 2002 et 2032 dans tous les scénarios, mais surtout dans le scénario Sécurité d'abord.

Source : IMAGE 2.2 (voir annexe technique).

Comme dans le scénario Marchés d'abord, le changement climatique intervient un peu plus tard, la perte de capital naturel est un peu moins prononcée que dans les scénarios Politiques d'abord et Sécurité d'abord. Dans le scénario Sécurité d'abord, l'introduction d'espèces exotiques et génétiquement modifiées reste non réglementée, ce qui est une menace supplémentaire pour les espèces indigènes. De plus, les efforts déjà engagés deviennent de moins en moins efficaces en raison de la détérioration de la situation économique et environnementale et de l'insécurité alimentaire. Il se pourrait bien que de nombreuses ressources biologiques indigènes disparaissent complètement.

Légende des
graphiques
Émissions d'oxydes d'azote liées à la consommation d'énergie : Asie occidentale (millions de tonnes d'azote)
Source : IMAGE 2.2 (voir annexe technique).

Les différentes hypothèses relatives au taux de croissance démographique, à l'urbanisme et à l'affectation des terres, au développement rural et à la situation des réfugiés ont une influence sur le niveau, la nature et l'impact de l'urbanisation dans la région. Dans les scénarios Marchés d'abord et Sécurité d'abord, les facteurs les plus importants sont notamment l'urbanisation rapide et non planifiée, les fortes concentrations de populations dues à une expansion démographique rapide, à l'exode rural et à l'accroissement du nombre de réfugiés. Tous ces facteurs ont des effets négatifs sur l'environnement et la santé, car ils aggravent la pollution atmosphérique locale (voir graphique), accroissent la production de déchets et encouragent l'empiètement sur les zones agricoles ou les zones de loisirs qui sont déjà très limitées. Les services de santé de base, les réseaux d'assainissement et les autres infrastructures sont débordés par la situation.

Dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord, l'aménagement du territoire est plus rationnel. Le développement intégré des zones rurales réduit considérablement l'exode rural. Dans le scénario Durabilité d'abord, le développement rural tient compte des considérations environnementales, si bien que l'empiètement sur les terres agricoles et les zones de loisirs est limité et que cela pourrait même entraîner un certain retour des citadins à la campagne. Enfin, dans le Machrek, les problèmes environnementaux et sanitaires liés à l'afflux de réfugiés sont réglés dans le cadre du règlement global des conflits régionaux.

En raison des différences concernant l'utilisation des terres et la gestion des eaux douces, ainsi que d'autres évolutions, l'impact sur les zones côtières et marines diffère selon les scénarios. Dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord, les pays membres du Golfe ratifient la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) 73/78 et d'autres protocoles, construisent des installations pour la récupération des déchets de pétrole et font de la zone maritime de l'Organisation régionale pour la protection du milieu marin une zone spéciale, ce qui entraîne une réduction importante de la pollution par les hydrocarbures. Le Programme d'action mondial pour la protection du milieu marin contre la pollution due aux activités terrestres est rigoureusement appliqué, ce qui se traduit par une réduction très importante des rejets d'eaux usées en mer.

Population souffrant de la disette : Asie occidentale (millions de personnes)

Tous les cercles indiquent l'impact total sur la région. Celui qui se trouve en haut à gauche décrit la situation actuelle et la taille relative des autres correspond à l'ampleur de l'impact en 2032 selon les scénarios. Le niveau moyen des revenus augmente dans toutes les régions, ce qui entraîne une baisse du pourcentage de la population qui souffre de la disette, mais, dans les scénarios Marchés d'abord et Sécurité d'abord, les retombées de la croissance ne suffisent pas à compenser l'expansion démographique et le nombre de personnes qui souffrent de disette augmente.

Source : PoleStar (voir annexe technique).

Population souffrant de disette : Asie occidentale (%)
Source : PoleStar (voir annexe technique).
Légende des
graphiques

 

L'évolution de l'environnement, la redistribution de la croissance et la mise en ouvre de politiques sociales efficaces ont des répercussions sur l'incidence de la faim dans la région (voir graphiques au-dessus). Dans les scénarios Marchés d'abord et Sécurité d'abord, la proportion de personnes qui ont faim reste proche de 10 % en 2032. Dans le scénario Marchés d'abord, une inégalité relativement importante persiste, ce qui limite les améliorations résultant de la croissance générale de l'économie. Dans le scénario Sécurité d'abord, la distribution des revenus devient encore plus inégale, ce qui aggrave la situation. En raison de la croissance démographique, le nombre de personnes qui souffrent de la faim augmente de moitié dans le scénario Marchés d'abord et double environ dans le scénario Sécurité d'abord. Dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord, la conjugaison d'une croissance économique assez dynamique et d'une distribution des revenus relativement équitable entraîne une forte baisse du pourcentage de personnes qui ont faim et du nombre total de ces personnes.

Imaginons ... sept ans de sécheresse en Asie occidentale

Vers 2010 commence une longue période de sécheresse. Depuis le milieu des années 90, le niveau des eaux souterraines a diminué dans les principaux aquifères de la région. La raréfaction de l'eau d'irrigation et de l'eau de boisson dans le Machrek entraîne une augmentation de la dépendance à l'égard des importations de produits alimentaires dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et une aggravation de la faim et de la pauvreté dans les pays du Machrek et le Yémen. Comme quelque 60 % des eaux de surface de la région proviennent d'autres pays, il n'est pas exclu que les désaccords entre ces pays concernant le partage et l'épuisement des eaux dégénèrent.

Dans le scénario ...

Marchés d’abord
  • Une politique de l'eau axée presque exclusivement sur l'accroissement de l'offre se révèle peu judicieuse dans cette région exposée à la sécheresse. Il y a bien quelques initiatives de gestion de la demande, mais elles ne sont pas mises en ouvre assez vite pour empêcher une pénurie d'eau aiguë.
  • Les pays du CCG deviennent extrêmement tributaires du dessalement.
  • En raison du développement des cultures de rente dans les zones irriguées, il y a une pénurie grave de produits alimentaires d'origine locale.
  • De nouvelles plantes issues du génie génétique, plus résistantes à la sécheresse, sont introduites.
  • Les problèmes de santé liés à l'eau se généralisent.
Politiques d’abord
  • De vastes réformes des institutions renforcent les autorités chargées de la gestion des eaux.
  • Une politique axée sur la gestion de la demande, la conservation et la protection permet d'introduire assez facilement des mesures qui aident à utiliser au mieux les eaux disponibles tant que la sécheresse dure.
  • Les autorités introduisent des mécanismes et des programmes pour remédier aux problèmes, tels que tarification de l'eau, campagnes de sensibilisation et d'éducation, renforcement des moyens de faire respecter la loi, mesures de gestion optimales des eaux marginales et codes permettant une répartition efficiente de l'eau disponible entre les différents secteurs de l'économie en concurrence.
  • L'intégration économique et la coopération régionale aident à réorienter la politique agricole dans la péninsule Arabique et à réduire la consommation de l'eau à usage agricole.
  • Des accords temporaires permettent de régler le problème des eaux partagées et réduisent l'instabilité dans la région.
Sécurité d’abord
  • La concurrence et les conflits entre les différents secteurs et utilisateurs s'intensifient, ce qui provoque des troubles sociaux.
  • Les signes de désertification et de détérioration des ressources biologiques se multiplient, tandis que certaines espèces disparaissent en raison de la destruction des habitats ou parce qu'elles ont été trop chassées.
  • Les problèmes de santé liés à l'eau se multiplient.
  • L'instabilité politique et les conflits régionaux sont attisés, ce qui débouche sur une guerre ouverte pour l'eau, menaçant la stabilité régionale et internationale.
Durabilité d’abord
  • La gestion stratégique des eaux régionales et des bassins versants réduit l'impact de la sécheresse, accroît l'efficience hydrique, protège les ressources et accroît la disponibilité de l'eau.
  • De grandes réformes institutionnelles renforcent l'autorité des organismes responsables de la gestion des eaux. Les anciennes politiques sont abandonnées en faveur d'une stratégie de gestion de la demande et de conservation des ressources, ce qui permet de faire durer l'eau disponible.
  • Les techniques de dessalement permettent d'accroître la disponibilité d'eau douce dans les pays du CCG, notamment au moyen de sources d'énergie nouvelles et renouvelables, telles que l'énergie solaire ou éolienne, employée pour dessaler l'eau de mer.
  • Les applications de la biotechnologie à la production agricole permettent d'accroître la résistance à la sécheresse et les rendements.
  • La signature et la ratification de traités entre les pays riverains permettent un partage plus équitable des eaux de surface et des eaux souterraines. Ce processus est facilité par le règlement du conflit arabo-israélien.

Leçons
Des événements qui ne sont pas directement liés à l'environnement, comme la coopération régionale, peuvent avoir un impact majeur sur la situation de l'environnement. De même, la façon dont on s'attaque à tel ou tel problème environnemental peut avoir des répercussions importantes sur d'autres problèmes environnementaux, comme lorsqu'on choisit des sources d'énergie renouvelables pour le dessalement, ce qui réduit la consommation d'énergie fossile. L'expérience et l'adoption d'instruments complémentaires permettent de réagir rapidement en cas d'intensification inattendue du stress environnemental.