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GEO-3: GLOBAL ENVIRONMENT OUTLOOK  
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Menaces pour la vie sauvage

Légende des
graphiques
Superficie des terres transformées par l'expansion des infrastructures : Arctique (% de la superficie terrestre totale)

L'Arctique est la région du monde où il y a le plus de faune et de flore sauvages intactes, mais ces ressources sont très fragiles.

Source : GLOBIO (voir annexe technique).

Le développement des infrastructures, souvent lié à la pêche et au tourisme dans l'Arctique comme dans l'Antarctique, et à l'exploitation du pétrole, du gaz et d'autres minéraux dans l'Arctique, est considérable dans le scénario Marchés d'abord (voir graphique pour la situation dans l'Arctique). Dans l'Antarctique, il y a une colonisation spontanée privée, qui est le fait d'un petit nombre de personnes ou d'entités riches et disposant de technologies modernes. Dans l'Arctique, les habitats des espèces nomades comme le caribou, le renne, l'ours grizzly et le bouf musqué sont très fragmentés et envahis. Toute la faune et la flore sauvages de l'Arctique sont très affectées, directement ou indirectement, par la rupture de la chaîne alimentaire, la disparition des habitats et les effets insidieux du changement climatique. La chasse fait tomber le niveau de certaines populations en dessous du seuil de survie.

Dans le scénario Politiques d'abord, ces pressions sont maîtrisées, mais les effets de plusieurs décennies de réchauffement du climat sur la terre et l'eau sont visibles dans de vastes zones. La planification a été responsable et les habitats sauvages sont restés à peu près intacts. Dans de nombreux cas, cela est dû à une meilleure efficacité de la gestion des habitats, en particulier dans les zones protégées qui sont maintenant intégrées dans des réseaux circumpolaires ou nord-sud. Le nombre et la superficie des zones protégées ont beaucoup augmenté, mais dans de nombreux sites la réglementation de l'exploration et de l'extraction des minéraux, du pétrole et du gaz, ainsi que de la production d'hydroélectricité, est encore insuffisante. La chasse est durable dans la plupart des zones de l'Arctique et les contingents sont fixés sur la base de données scientifiques beaucoup plus fiables.

Dans le scénario Sécurité d'abord, il devient possible de s'établir de façon permanente dans l'Antarctique pour le personnel employé par les industries actives dans la région, et c'est aussi un signe extérieur de richesse. Les populations d'animaux et de plantes endémiques de l'Arctique diminuent considérablement, la chaîne alimentaire est perturbée et la diversité biologique diminue en raison de la dégradation et de la fragmentation des habitats. Des espèces exotiques opportunistes capables de survivre dans ce nouveau climat plus chaud ont envahi les niches disponibles. Toutefois, même pour ces espèces les temps sont durs en raison de la contamination par les déchets et de la destruction des habitats.

Dans le scénario Durabilité d'abord, les foyers de diversité biologique et les habitats sont protégés, et de vastes zones sont transformées en parcs nationaux ou en réserves naturelles pour aider la faune et la flore sauvages à s'adapter au changement climatique. La chasse de subsistance est encore autorisée conformément à des accords négociés avec les populations autochtones. Le public ne tolère pas le braconnage. L'établissement dans l'Antarctique est interdit sauf à des fins précises, généralement la recherche scientifique.

Dans l'Arctique, l'évolution des forêts boréales diffère beaucoup selon les scénarios. De vastes superficies de forêts de cette région sont très stressées en raison de la transformation rapide du climat, qui entraîne des variations durables des températures et des précipitations, et favorise les feux de forêt. Dans les scénarios Marchés d'abord et Sécurité d'abord, l'exploitation du bois se poursuit et s'intensifie, ce qui aggrave encore ce stress. Enfin, dans le scénario Sécurité d'abord, des plaines boueuses et des coupes claires ont remplacé une grande partie des vastes paysages naturels.

Imaginons ... l'effondrement des stocks de krills de l'Antarctique

Les signes indiquent que les stocks de krills de l'Antarctique (Euphausia superba) sont en train de diminuer très rapidement. On pense que la cause immédiate en est la surexploitation commerciale, mais la situation est plus compliquée car il y a simultanément une variation de la superficie de la calotte glaciaire et une augmentation du rayonnement ultraviolet, qui pourraient toutes deux avoir des effets sur la dynamique démographique du krill. On a observé des signes d'effets négatifs importants sur le succès de la reproduction des oiseaux, des phoques et des cétacés de l'Antarctique en l'espace de quelques saisons, ce qui suscite des préoccupations au sujet de la viabilité des populations de prédateurs supérieurs. Les indices de réduction considérable des stocks d'autres espèces marines, en particulier, au début, le déclin des stocks de poissons et de calamars, font craindre pour la stabilité de tout l'écosystème marin de l'Antarctique et on peut s'attendre à des répercussions sur d'autres écosystèmes dans cette sous-région et aux alentours. La chute spectaculaire des prises de krills et de stocks de poissons commerciaux qui se nourrissent de krills entraîne une réduction généralisée de l'activité de pêche et même son effondrement dans certaines zones. Les traités, institutions et autres arrangements internationaux édifiés pour conserver et gérer les pêches ont manifestement échoué. L'opinion publique est très préoccupée par la perspective de l'extinction d'espèces charismatiques telles que les pingouins, les phoques et les baleines.

Dans le scénario ...

Marchés d’abord
  • Certaines mesures de réglementation sont prises, mais on emploie surtout des mécanismes économiques consistant à faire augmenter le prix du krill pour réduire la demande et le coût de la pêche pour réduire la prise.
  • Les pêcheurs s'attaquent à d'autres espèces, notamment celles qui ne sont pas dépendantes directement du krill et peuvent être des concurrents. Lorsque cette nouvelle stratégie échoue, l'industrie de la pêche abandonne la région.
  • On présume généralement que les stocks de krills finiront par se reconstituer et que les répercussions négatives seront réversibles.
Politiques d’abord
  • La communauté internationale se met d'accord sur un moratoire de la pêche au krill afin de permettre le redressement des stocks.
  • Ces mesures sont accompagnées d'une réduction des activités de pêche pour toutes les espèces commerciales.
  • On consacre des efforts considérables à la recherche pour comprendre ce qui s'est passé et formuler des réponses politiques appropriées.
  • Le régime de réglementation de l'environnement marin est révisé.
Sécurité d’abord
  • Certains exploitants sont exclus de la région dans le but de limiter la pression sur les stocks de krills.
  • Des mécanismes économiques sont employés lorsqu'ils sont conformes aux intérêts des principales parties prenantes de la région.
  • Les pêcheurs s'attaquent à d'autres espèces, se disant qu'il faut en profiter avant qu'elles disparaissent, et notamment à des espèces dont les populations risquent de chuter considérablement en raison de l'effondrement des stocks de krills.
  • On entreprend une gestion active de l'environnement marin en relâchant de nouveaux stocks de krills (y compris des animaux génétiquement modifiés), en accroissant le niveau des nutriments et en réduisant les populations de prédateurs ou de concurrents.
Durabilité d’abord
  • Toutes les pêches au krill sont suspendues jusqu'à ce que les stocks se reconstituent.
  • À titre de précaution, on réduit considérablement les autres activités de pêche, mais on envisage aussi de réduire de façon active certaines populations de prédateurs dans certaines zones.
  • On redouble d'efforts pour comprendre le fonctionnement de l'environnement marin de l'Antarctique.
  • La communauté internationale entreprend de négocier un nouveau régime juridique pour la gestion de l'environnement marin et pour la régulation des prises une fois que les stocks se seront reconstitués.

Leçons
De nombreux écosystèmes naturels sont encore mal compris, et l'on ne sait notamment pas quels sont les seuils d'exploitation au-delà desquels les systèmes s'effondrent. Ces seuils peuvent être franchis de façon assez soudaine. Il est donc rationnel de continuer d'essayer à mieux comprendre ce milieu, mais aussi de prendre des mesures de précaution lorsqu'on n'a pas de données de base, que les incertitudes sont grandes et que des effets irréversibles sont possibles. Cela pourrait permettre d'éviter de devoir prendre des mesures beaucoup plus radicales en cas d'effondrement du système.