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| -> Synthèse |
Prospective 2002-2032 |
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GEO-3 souligne bien que les 30 prochaines années seront aussi décisives que les 30 années qui viennent de s'écouler dans la détermination de l'avenir de l'environnement. Les vieux problèmes ont continué à se poser, mais de nouvelles difficultés vont apparaître à mesure que s'alourdira le tribut prélevé sur des ressources qui, dans de nombreux cas, sont déjà dans un état fragile. Le rythme accéléré du changement et le degré d'interaction entre les régions et entre les problèmes font qu'il est plus difficile que jamais de regarder l'avenir avec confiance. GEO-3 utilise quatre scénarios différents pour explorer ce que l'avenir peut nous réserver, selon les différentes politiques mises en ouvre. Ces scénarios englobent les évolutions que l'on peut constater dans de nombreux domaines qui se recoupent comme la population, l'économie, la technologie, l'exercice du pouvoir. Ces scénarios , Marchés d'abord, Politiques d'abord, Sécurité d'abord, Durabilité d'abord, sont décrits dans les quatre encadrés qui suivent. Certaines des conséquences des quatre scénarios pour l'environnement mondial et régional sont exposées ici. L'absence de politiques efficaces de réduction des émissions de dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre, dans les scénarios Marchés d'abord et Sécurité d'abord amènent d'importantes augmentations des émissions au cours des 30 prochaines années. Cependant, les décisions prises dans le scénario Politiques d'abord, notamment l'imposition de taxes sur le carbone et des investissements dans des sources d'énergie ne faisant pas appel aux combustibles fossiles, limitent avec succès l'augmentation mondiale des émissions, et parviennent vers 2030 à réduire effectivement celles-ci. Les changements de comportement qu'implique le scénario Durabilité d'abord, avec une amélioration de l'efficacité de la production et de la conversion de l'énergie, amènent une rapide cessation de l'augmentation des émissions, puis leur baisse dès le milieu des années 2020. La diversité biologique demeure menacée s'il n'est pas pris de mesures énergiques pour ralentir l'activité humaine. La poursuite de l'urbanisation et de la construction d'infrastructures, à quoi s'ajoutent les effets intensifiés du changement climatique, contribue à épuiser gravement la diversité biologique dans la plupart des régions dans tous les scénarios. Les pressions s'exerçant sur les écosystèmes côtiers augmentent aussi dans la plupart des régions et des scénarios. Les scénarios comportent d'importantes conséquences pour ce qui est de la satisfaction des besoins humains fondamentaux. L'augmentation de la population et de l'activité économique, en particulier l'agriculture, amène une augmentation de la demande d'eau douce dans la plupart des scénarios. De même, le besoin de denrées alimentaires et la capacité de les satisfaire dans les différents scénarios reflètent une combinaison de changements intervenus dans l'offre et la demande, sous l'influence de politiques sociales, économiques et environnementales. Dans le scénario Marchés d'abord, même avec une diminution du pourcentage de la population qui souffre de la faim, le nombre total de personnes affectées change relativement peu et même augmente dans certaines régions, avec l'augmentation de la population. Dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord, l'objectif de la réduction de l'emprise de la faim, comme objectif essentiel, et la place donnée à un développement plus équilibré entre les régions, aident à réaliser des réductions spectaculaires de la proportion et du nombre total de personnes sous-alimentées. Dans le scénario Sécurité d'abord, la forte augmentation de celles-ci dans la plupart des régions montre le caractère non viable à terme de ce scénario du point de vue de son acceptabilité sociale.
Dans le scénario Marchés d'abord, en Asie et dans le Pacifique, les prélèvements d'eau augmentent dans tous les secteurs, amenant une expansion des zones souffrant de stress hydrique grave en Asie du Sud et du Sud-Est. Le ralentissement de la croissance économique dans le scénario Sécurité d'abord réduit la croissance de la demande. Avec des politiques efficaces et avec un changement des modes de vie, dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord, les prélèvements d'eau restent à leur niveau actuel ou même diminuent dans la plus grande partie de la région. La possibilité pour l'Europe de résoudre les problèmes de la pollution de l'air à grande échelle et des émissions de gaz à effet de serre dépendra largement des évolutions de l'utilisation de l'énergie et des transports. Des politiques très actives de développement des transports en commun et d'amélioration des rendements énergétiques sont à prévoir dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord mais non dans les scénarios Sécurité d'abord ou même Marchés d'abord. La dégradation des terres et des forêts et la fragmentation des forêts demeure l'un des problèmes environnementaux les plus importants en Amérique latine et dans les Caraïbes, dans tous les scénarios. Dans le scénario Marchés d'abord, on voit une importante perte de forêts. Dans le scénario Sécurité d'abord, le contrôle des ressources forestières par les sociétés transnationales qui créent des cartels, en association avec des groupes nationaux au pouvoir, encourage la croissance de certaines zones boisées, mais cela ne suffit pas pour enrayer la diminution nette de surface couverte de forêts. Une gestion plus efficace améliore certains aspects de ces problèmes dans le scénario Politiques d'abord. La déforestation aveugle s'arrête presque complètement dans le scénario Durabilité d'abord.
L'Asie occidentale est l'une des régions où sévit le stress hydrique le plus grave, plus de 70 millions d'habitants de la région y étant exposés. Dans les scénarios Marchés d'abord et Sécurité d'abord, l'augmentation de la population et la croissance économique amènent une forte augmentation des prélèvements d'eau par les ménages et les industries, aggravant encore l'extension des zones subissant un stress hydrique grave, et affectant plus de 200 millions d'habitants en 2032. Un ensemble d'initiatives, dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord, aide à réduire un peu l'augmentation de la demande d'eau liée à la croissance économique. Alors que les prélèvements totaux d'eau dans ces deux scénarios diminuent, la pénurie d'eau persiste et la demande continue à dépasser les ressources hydriques disponibles. Dans les régions polaires, le problème des stocks de poissons et autres animaux marins demeure préoccupant. Dans le scénario Marchés d'abord, l'augmentation massive des prises commerciales de poissons et l'abandon de certaines pêcheries aboutit à un effondrement des stocks. Les activités de pêche illégales, non réglementées et non signalées cessent dans le scénario Sécurité d'abord du fait des pressions directes exercées par les puissants intérêts soucieux de réglementer la pêche, mais l'exploitation contrôlée atteint des niveaux très élevés. Dans le scénario Politiques d'abord, on parvient à éviter un effondrement total de chaque zone de pêche en appliquant des quotas rigoureux de prises et d'autres moyens de réglementation. Dans le scénario Durabilité d'abord, les populations de poissons et de mammifères marins sont rigoureusement défendues contre la surexploitation. Les conséquences environnementales des divers scénarios illustrent l'héritage des décennies antérieures et montrent le niveau de l'effort qui doit être entrepris pour inverser de puissantes tendances. L'une des principales leçons concrètes de ces scénarios est qu'il peut s'écouler d'importants délais entre une modification des comportements, notamment des choix de politique, et leurs effets sur l'environnement, plus précisément :
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