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En 1972, l'Arctique était une zone hautement militarisée où toute coopération
internationale était pratiquement impossible. Ce n'est que depuis la création
en 1991 de la Stratégie pour la protection de l'environnement dans l'Arctique
que les huit pays de l'Arctique se sont engagés en faveur d'une coopération
durable. En 1996, cette stratégie a été transformée en Conseil de l'Arctique,
qui a été chargé de pourvoir à la protection de l'environnement et au
développement durable de la région. Cet organe est unique en son genre
parmi les organisations internationales car il accorde aux organisations
autochtones un statut particulier de « participant permanent » (Conseil
de l'Arctique, 2002).
| Le pétrole de l'Alaska et la Réserve naturelle
nationale de l'Arctique |
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La Réserve naturelle nationale de l'Arctique dans le nord-est de
l'Alaska est « l'exemple le plus frappant, en Amérique, d'une communauté
fonctionnant naturellement, encore intacte, d'écosystèmes arctiques
ou subarctiques » (USFWS, 2001). La Réserve a été créée pour protéger
la faune et la flore sauvages, sauf dans une zone actuellement disputée,
qui pourrait être ouverte à la prospection pétrolière et gazière
par une Loi du Congrès des États-Unis. Cette zone contiendrait entre
2 et 12 milliards de barils de pétrole économiquement récupérables.
Le US Fish and Widlife Service (USFWS) indique qu'il existe
une probabilité de 50 % de trouver une quantité de pétrole égale
à celle qui est consommée aux États-Unis pendant neuf mois. Les
gisements pétroliers du versant nord de l'Alaska ont déjà produit,
depuis 1973, 13 milliards de barils de pétrole et pourraient en
contenir encore 3 milliards seulement.
Pour les Gwichin, une population qui se trouve de part et d'autre
de la frontière entre l'Alaska et le Canada, cette réserve naturelle
occupe une terre sacrée, car c'est là que se trouve l'endroit où
les troupeaux de caribous mettent bas. Les caribous sont également
utilisés pour l'alimentation, les vêtements, et comme source d'outils
divers et d'ornements; ils sont le centre même de leur civilisation
(Gemmil, 2002).
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La délégation de l'autorité politique, des administrations centrales
aux collectivités régionales et même locales, et de très importants transferts
de terres et de capitaux en faveur des populations autochtones ont eu
lieu dans l'Arctique au cours des 30 dernières années. Des accords réglant
les demandes d'indemnisation couvrent désormais toutes les zones arctiques
du Canada et visent le transfert de millions de km2 de terres et d'eaux,
des capitaux, des recettes, ainsi que des droits de cueillette, d'exploitation
et de développement. Les Lapons (Saami) ont acquis un degré considérable
d'autonomie politique grâce à la création des parlements Saami, dans chacun
des États scandinaves. Le Groenland est devenu partiellement autonome
en 1979 avec la création d'un gouvernement autonome, qui a été encore
renforcé en 1985 (Osherenko et Young, 1989). Les populations autochtones
du nord de la Russie n'ont pas encore obtenu un tel contrôle sur leurs
terres et sur leur destin bien que la Constitution russe de 1993 et une
législation récemment adoptée leur assurent une certaine protection de
leurs droits (Osherenko, 2001 ; Kryazhkov, 1996).
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