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Au fil des ans, la pollution de l'eau est apparue dans la région comme
un problème grave. Les polluants sont notamment les organismes pathogènes,
les matières organiques, les nutriments, les métaux lourds et les produits
chimiques toxiques, les sédiments et matières solides en suspension dans
l'eau, la vase, les sels.
L'Asie du Sud, en particulier l'Inde, et l'Asie du Sud- Est connaissent
de graves problèmes de pollution de l'eau. En Asie, des fleuves comme
le fleuve Jaune (Chine), le Gange (Inde) et l'Amou Darya et le Syr Darya
(Asie centrale) viennent en tête des fleuves les plus pollués dans le
monde (Commission mondiale de l'eau, 1999). Dans les grandes villes des
pays en développement de la région, la plupart des masses d'eau sont maintenant
très polluées par les eaux usées ménagères, les effluents industriels,
les produits chimiques et les déchets solides. La plupart des cours d'eau
des agglomérations népalaises sont pollués et leurs eaux ne sont plus
propres à la consommation humaine, alors qu'à Katmandou, l'eau de boisson
est contaminée par des bactéries coliformes, par du fer, de l'ammoniaque
et d'autres polluants (PNUE, 2001).
La pollution de l'eau retentit sur la santé humaine. Dans les îles du
Pacifique, en particulier, dans certains atolls, l'utilisation d'eaux
souterraines polluées pour la boisson et la cuisine explique l'apparition
de problèmes tels que la diarrhée, l'hépatite et, occasionnellement, des
épidémies de typhoïde et de choléra. Les eaux souterraines dans certains
arrondissements de la province du West Bengal (Inde) et dans certains
villages du Bangladesh, par exemple, sont contaminées par de l'arsenic
à des niveaux allant jusqu'à 70 fois ce qui est la norme nationale pour
l'eau de boisson, soit 0,05 mg/litre. Alors que la pollution est un facteur
explicatif, la contamination par l'arsenic serait due aussi à des phénomènes
naturels. Selon un rapport, dans la majorité des 68 000 villages du pays,
le risque est élevé, et les chercheurs de l'ONU estiment que l'arsenic
pourrait bientôt tuer 20 000 Bangladais par an (Pierce, 2001).
L'insuffisance de l'approvisionnement en eau et
de l'assainissement est à l'origine de plus de 500 000 décès d'enfants
en bas âge par an, et entraîne un énorme fardeau dû à la maladie et aux
incapacités dans la région (PNUE, 1999). Une déperdition de 8 à 9 % de
l'espérance de vie corrigée en fonction des risques d'incapacité serait
due à des maladies liées aux déficiences de l'approvisionnement en eau
et de l'assainissement en Inde et dans d'autres pays (Banque mondiale,
2000). Le choléra existe dans beaucoup de pays, en particulier dans ceux
où les installations sanitaires sont médiocres comme en Afghanistan, en
Chine et en Inde (OMS, 2000).
De la population qui, dans le monde, n'a pas accès à des moyens améliorés
d'assainissement ou à un approvisionnement en eau de qualité, la plus
forte proportion vit en Asie (OMS et UNICEF, 2000, voir carte ci-dessus).
Dans le Pacifique du Sud-Ouest, l'approvisionnement en eau et l'assainissement
paraissent assez bons, puisque 93 % de la population ont de bons moyens
d'assainissement, et 88 % un bon approvisionnement en eau (OMS et UNICEF,
2000), mais ces chiffres subissent l'influence de l'Australie dont la
population est importante et bien desservie. On estime que 48 % seulement
de la population de l'Asie disposent de moyens d'assainissement corrects
(OMS et UNICEF, 2000) - le chiffre le plus bas de toutes les régions du
monde. La situation est pire encore dans les zones rurales, où 31 % seulement
de la population ont des moyens d'assainissement améliorés, contre 78
% dans les zones urbaines.
Durant la décennie écoulée, plusieurs pays ont commencé à chercher à
résoudre le problème de la qualité de l'eau, en mettant en ouvre de vastes
programmes et plans d'action pour rétablir la qualité des cours d'eau
et reconstituer les aquifères épuisés. Ces programmes sont approuvés par
des mesures législatives ou réglementaires : c'est le cas de la Loi nationale
thaïlandaise sur la qualité de l'eau, le Code philippin de la qualité
de l'eau, la Loi indienne de protection de l'environnement, la Loi chinoise
sur l'eau et la Loi de préservation de la qualité de l'eau en République
de Corée (CESAP, 1999). Les succès obtenus dans l'amélioration et la protection
de la qualité de l'eau dans les cours d'eau concernent les pays où une
politique de l'eau encourage une conception multisectorielle et multidisciplinaire
de la gestion des ressources en eau.
| Pollution de l'eau en Australie |
| En Australie, la qualité de l'eau des cours d'eau a diminué en raison
des activités humaines dans les bassins versants (Ball et autres,
2001). Les sédiments, les nutriments, les produits chimiques toxiques
ainsi qu'une croissance excessive d'herbes aquatiques ont affecté
la qualité des écosystèmes aquatiques. Parmi les mesures prises, il
faut citer l'Initiative contre les eaux des tempêtes dans les villes,
le Programme de partenariat avec l'industrie et Waterwatch Australia
qui, ensemble, cherchent à contrôler et améliorer la qualité de l'eau
dans les cours d'eau urbains. Un certain nombre de programmes des
États ou des collectivités territoriales ont aussi été introduits,
sans parler de programmes locaux tels que Streamwatch et Waterwatch.
En outre, les autorités locales mettent en ouvre des plans de gestion
des eaux de tempête dans les zones urbaines, avec un appui financier
de l'État et des circonscriptions territoriales. Les eaux de tempête
sont de plus en plus perçues comme une ressource, qu'il faut collecter
et utiliser, plutôt que de la laisser s'écouler et se perdre. |
| Source : Environment Australia, 2001 |
Les campagnes de nettoyage des cours d'eau, des canaux, des lacs et autres
masses d'eau se sont multipliées. Les programmes entrepris sont souvent
parvenus à améliorer la qualité de l'eau et parfois ont conduit à l'adoption
de nouvelles normes de qualité de l'eau et de règles de son utilisation.
Ils ont également fait prendre conscience de la nécessité de réduire la
charge de polluants, par un traitement des eaux usées, le réemploi et
le recyclage des eaux usées ménagères et industrielles, l'introduction
de techniques peu coûteuses et un contrôle rigoureux des effluents industriels
et municipaux. On compte maintenant plusieurs succès dans le réemploi
et le recyclage de l'eau dans les pays industrialisés de la région.
La qualité de l'eau s'est améliorée en Chine, au Japon, en République
de Corée et à Singapour grâce à des initiatives de lutte contre la pollution
de l'eau. Au Japon, les autorités ont créé un ensemble de normes de qualité
de l'environnement et les améliorations sont remarquables : en 1991, 99,8
% des échantillons d'eau répondaient aux normes adoptées concernant les
métaux lourds et les toxines au Japon (RRI, 2000). En 2000, le taux de
traitement des eaux usées industrielles en Chine était de 94,7 % (SEPA,
2001). Les mesures prises à Singapour signifient que ses habitants peuvent
maintenant boire l'eau du robinet.
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