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L'urbanisation est causée à la fois par la croissance démographique de
la population urbaine et par l'exode rural. Au cours du dernier demi-siècle,
il y a eu un exode rural massif et l'urbanisation (c'est-à-dire la concentration
des populations et des activités dans des zones considérées comme urbaines)
devrait se poursuivre durant une bonne partie du XXIe siècle. Les principaux
facteurs de cette urbanisation sont les possibilités et les services qu'offrent
les zones urbaines, en particulier dans les secteurs de l'emploi et de
l'éducation et, dans certaines parties du monde, notamment en Afrique,
les conflits, la dégradation des terres et l'épuisement des ressources
naturelles (PNUE, 2000).
Les villes jouent un rôle majeur non seulement en tant que fournisseurs
d'emplois, de logements et de services, mais aussi en tant que centres
de culture, d'apprentissage et de progrès technique, portails ouvrant
sur le reste du monde, centres industriels pour la transformation des
produits agricoles et l'industrie manufacturière et concentrations d'activités
rémunératrices. Il y a une forte corrélation entre le niveau de développement
humain et le niveau d'urbanisation d'un pays (CNUEH, 2001b). Toutefois,
l'expansion rapide des villes se traduit aussi par une aggravation du
chômage, une dégradation de l'environnement, l'insuffisance des services
urbains, la surcharge des infrastructures et les difficultés d'accès à
la terre, aux ressources financières et à des logements convenables (CNUEH,
2001b). C'est pourquoi la gestion durable de l'environnement urbain sera
un des grands défis de l'avenir.
Il y a une forte corrélation entre le niveau d'urbanisation et le revenu
national - les pays les plus avancés sont déjà pour l'essentiel urbanisés
- et dans presque tous les pays, la production des zones urbaines représente
la majeure partie du produit national brut (PNB). Par exemple, la production
de Bangkok représente 40 % celle de l'ensemble de la Thaïlande, alors
que seuls 12 % de la population vivent dans cette ville (CNUEH, 2001b).
À l'échelle mondiale, les villes produisent en moyenne 60 % du PNB.
L'accroissement rapide de la population urbaine mondiale, avec le ralentissement
de la croissance de la population rurale, a entraîné une redistribution
majeure de la population au cours des 30 dernières années. En 2007, la
moitié de la population mondiale vivra dans des zones urbaines, alors
que la proportion ne dépassait guère le tiers en 1972 ; en 2050, 65 %
de la population habiteront les villes, alors qu'en 1950 65 % de la population
mondiale vivaient dans les campagnes (Nations Unies, 2001a). En 2002,
quelque 70 % de la population urbaine du monde vivront en Afrique, en
Asie ou en Amérique latine (CNUEH, 2001a).
L'évolution la plus frappante à l'heure actuelle est celle du niveau
de l'urbanisation dans les pays en développement : la proportion de la
population urbaine est passée d'environ 27 % en 1975 à 40 % en 2000, ce
qui représente une augmentation de plus de 1 200 millions de personnes
(Nations Unies, 2001b). En outre, il y a tout lieu de penser que cette
évolution se poursuivra au cours des 30 prochaines années, ce qui ajoutera
2 milliards d'habitants à la population urbaine des pays aujourd'hui en
développement. Ces moyennes mondiales cachent des différences complexes
entre les régions en matière de croissance et d'évolution des villes.
Le pourcentage annuel d'augmentation de la population urbaine aura tendance
à diminuer dans toutes les régions sauf en Amérique du Nord - voir figure
ci-dessous (Nations Unies, 2001b).
| Distribution de la population mondiale
(%) selon la taille de l'agglomération, 1975 et 2000 |
 |
| |
Zones rurales |
< 1 million |
1-5 millions |
> 5 millions |
| |
1975 |
2000 |
1975 |
2000 |
1975 |
2000 |
1975 |
2000 |
 |
| Ensemble du monde |
62,1 |
53,0 |
25,1 |
28,5 |
8,0 |
11,6 |
4,8 |
6,9 |
| Régions développées |
30,0 |
24,0 |
46,8 |
48,1 |
13,9 |
18,5 |
9,3 |
9,5 |
| Régions en développement |
73,2 |
60,1 |
17,6 |
23,7 |
6,0 |
10,0 |
3,2 |
6,3 |
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| Source : Daprès la Division
de la population du Secrétariat de lONU, 2001a. |
Durant la deuxième moitié du XXe siècle, le nombre et la taille des mégalopoles
(villes de plus de 10 millions d'habitants) et des autres grandes agglomérations
ont considérablement augmenté, et la répartition géographique de ces grandes
villes a changé : en 1900, neuf des dix plus grandes villes du monde se
trouvaient en Amérique du Nord et en Europe, alors qu'aujourd'hui seules
trois des plus grandes villes du monde (Los Angeles, New York et Tokyo)
sont situées dans des pays développés. Cependant, la majeure partie de
la population urbaine vit encore dans des villes de taille moyenne ou
petite (voir tableau), qui, dans la plupart des pays, croissent aujourd'hui
plus vite que les agglomérations les plus grandes (Nations Unies, 2001b).
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