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Il est malaisé de généraliser les conséquences environnementales
des scénarios à une région aussi grande et variée que l'est la région Asie-Pacifique.
Elle contient les deux pays les plus peuplés, l'Inde et la Chine, tout comme
des États insulaires océaniques et les États sans littoral des ex-républiques
asiatiques de l'Union soviétique. Elle abrite certains des pays les plus
pauvres du monde, certaines des économies les plus dynamiques apparues récemment
et certains des pays les plus industrialisés de l'OCDE.
Le sort de l'environnement dans la région dépend d'un certain nombre
de questions restées sans réponse à ce jour. La région peut-elle se rétablir
de la récession de la fin des années 90, comme tous les scénarios le présument,
sauf dans Sécurité d'abord ? Comment faire face aux pressions qu'exercent
l'accroissement de la population et la croissance urbaine - d'une manière
relativement non contraignante comme dans les scénarios Marchés d'abord
et Sécurité d'abord, ou par une planification plus contraignante
comme dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord
? Qu'advient-il du développement technique, en particulier sous le rapport
de la fourniture d'énergie ? La production d'énergie est-elle placée sous
le signe des ressources en charbon, comme dans les scénarios Marchés
d'abord et Sécurité d'abord ? Comment se développent les structures
nationales, régionales et internationales de la gouvernance et comment
évoluent les échanges commerciaux régionaux et internationaux ?
Les questions concrètes de la terre, des forêts, des eaux douces, de
l'urbanisation et de la diversité biologique sont examinées de manière
plus approfondie et au niveau sous-régional dans le restant de la présente
section. L'encadré examine quel pourrait
être l'impact d'une réduction brutale de la disponibilité d'eau douce.
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L'accroissement de la population, l'extension de
l'agriculture et les changements climatiques font craindre une dégradation
accrue des sols dans de nombreuses parties de la région, et ce, dans tous
les scénarios (voir graphique au-dessus). La diminution de la fertilité
des sols et l'érosion des sols dans les zones de montagne, qui augmentent
la sédimentation en aval, ne laisse pas de préoccuper. Les sous-régions
océaniques (Pacifique Sud, Australie et Nouvelle-Zélande) sont les moins
menacées, à l'inverse de l'Asie du Sud et de l'Asie du Sud-Est. L'effet
d'un changement climatique plus rapide dans les scénarios Politiques
d'abord et Durabilité d'abord implique un niveau de risque
quelque peu plus élevé qu'on pourrait le prévoir, mais comme le rythme
du changement se ralentit à long terme par rapport aux scénarios Marchés
d'abord et Sécurité d'abord, d'autres effets s'imposent.
Les mesures prises dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité
d'abord afin d'améliorer les pratiques culturales limitent le niveau
de dégradation, à tout le moins sur les terres cultivées (voir graphique).
Ces mesures portent notamment sur l'amélioration des régimes fonciers
et de la coopération régionale en matière de gestion de l'érosion, notamment
sur les pentes abruptes. En outre, quelques terres dégradées sont régénérées.
Les terres cultivées sont mises à rude épreuve dans le scénario Sécurité
d'abord, qui fait davantage appel à une utilisation non réglementée
des engrais chimiques et s'en remet moins à la coopération régionale et
internationale. De telles pratiques culturales diminuent dans le scénario
Marchés d'abord, mais le volume de la croissance économique et
ses exigences aboutissent à une dégradation aussi poussée que dans le
scénario Sécurité d'abord.
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