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Le risque de la dégradation des sols est lié au couvert forestier. L'avenir
des forêts de la région dépend d'un ensemble complexe de facteurs. L'accroissement
de la population, notamment l'expansion urbaine dans tous les scénarios
et les améliorations économiques dans tous les scénarios également, sauf
dans Sécurité d'abord, renforce la demande de terres agricoles
aux dépens de la zone forestière. Les efforts déployés pour faire face
aux problèmes des mégapoles dans les scénarios Politiques d'abord
et Durabilité d'abord contribuent également à la déforestation,
qui est encore aggravée par le développement tentaculaire des villes.
Dans le scénario Sécurité d'abord, la demande de terre augmente
et les pauvres sont repoussés vers des terres de plus en plus marginales.
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Ces pressions sont quelque peu amorties par le progrès des techniques
culturales, mais les effets diffèrent selon les scénarios. Dans le scénario
Marchés d'abord, les progrès peuvent être plus rapides, mais il
est probable que la protection de l'environnement ne soit pas le premier
objectif visé. Surtout, des facteurs économiques comme la hausse du prix
des produits forestiers ligneux et non ligneux, hausse qui est susceptible
d'encourager tout à la fois la déforestation et la reforestation, sont
contrebalancés par la réduction des subventions qui ont poussé à convertir
des forêts et des pâturages en terres agricoles, ainsi que d'autres instruments
économiques introduits pour améliorer la conservation. Tous ces facteurs
influent sur l'étendue et l'état des forêts restantes. Les instruments
du marché jouent le rôle le plus important dans le scénario Marchés
d'abord. Dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité
d'abord, ces instruments sont complétés par des programmes des pouvoirs
publics et des programmes locaux de subvention à la reforestation et d'encouragement
à l'agroforesterie, ainsi que par des initiatives visant directement à
préserver la diversité biologique.
En dernière analyse, la superficie totale des forêts de la région Asie-Pacifique
diminue pendant cette période, avec d'importantes différences selon les
sous-régions et les scénarios. C'est en Asie du Sud et du Sud-Est que
la diminution est la plus importante. En Asie de l'Est le travail de plantation
permet d'augmenter la superficie de la forêt, mais l'étendue totale des
forêts naturelles sauvages diminue. En Australie et en Nouvelle-Zélande,
ainsi que dans le Pacifique Sud, le reboisement réussit au point de créer
de nouvelles forêts au-delà de ce qui est nécessaire pour l'exploitation
forestière et d'autres productions.
La pénurie d'eau est un des problèmes les plus débattus actuellement
dans la région Asie-Pacifique, sans parler des petits États insulaires
du Pacifique, et il continuera d'en être ainsi dans un avenir prévisible
(voir graphique à droite). La demande d'eau augmente fortement
surtout dans le scénario Marchés d'abord, mais également dans les
scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord, dans
lesquels la croissance économique est également soutenue. La tarification
de l'eau et une utilisation plus efficace de celle-ci dans l'agriculture,
rendue possible par les progrès de la biotechnologie, contribuent à modérer
cette croissance. Dans le scénario Marchés d'abord, les prélèvements
d'eau augmentent dans tous les secteurs, en particulier dans l'hypothèse
de la poursuite de l'extension de la zone irriguée. Dans tous les scénarios,
cette augmentation des prélèvements d'eau aboutit à étendre les zones
fortement touchées par le stress hydrique en Asie du Sud et du Sud-Est
et davantage de personnes en sont touchées à travers toute la région.
Dans le scénario Sécurité d'abord, une croissance économique plus
lente dans de nombreuses sous-régions et l'arrêt de l'extension de la
zone irriguée contribuent à freiner l'augmentation d'ensemble de la demande
et ce, en l'absence de tout effort significatif axé sur une plus grande
efficacité.
Légende des
graphiques |
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Dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord,
grâce à des politiques efficaces, à des modifications du mode de vie,
à un renforcement de la coopération régionale et au transfert de technologie,
les prélèvements d'eau demeurent à leur niveau actuel ou diminuent même
dans presque tout le reste de l'Asie. Toutefois, l'accroissement de la
population se poursuivant, le nombre de personnes vivant dans des zones
où il y une pénurie grave d'eau continue d'augmenter dans toute l'Asie.
Les zones urbaines, en particulier les mégapoles en pleine expansion
de l'Asie du Sud, du Sud-Est et de l'Est, sont aux prises non seulement
avec le stress hydrique, mais avec bien d'autres problèmes, dont les pressions
provenant de l'utilisation des sols, la pollution atmosphérique et la
pollution des eaux, ainsi que l'accumulation des déchets solides. Tous
ces problémes sont liés à l'accroissement rapide de la population, sous
l'effet de l'accroissement naturel et de l'exode rural, et à l'essor de
l'activité économique. L'évolution de la pollution atmosphérique locale
et régionale est en étroite corrélation avec les choix en matière de production
d'énergie. Si le charbon continue de dominer, comme ce sera probablement
le cas dans le scénario Sécurité d'abord où les échanges sont réduits
ou dans le scénario Marchés d'abord où le coût est la considération
dominante, la pollution atmosphérique locale tend à s'aggraver considérablement.
L'augmentation est la plus évidente dans le scénario Sécurité d'abord,
en l'absence d'efforts significatifs pour réglementer les émissions de
dioxyde de soufre provenant de sources fixes et d'oxydes d'azote provenant
de sources tant fixes que mobiles (voir graphiques au-dessus). Dans le
scénario Politiques d'abord, l'élaboration et l'application d'une
réglementation imposant des combustibles et des utilisations des combustibles
moins polluants, une technologie plus propre et des normes d'émissions
plus contraignantes contribuent à maîtriser ces tendances. Dans le scénario
Durabilité d'abord, une action plus résolue en matière de décentralisation
parallèlement à des cités satellites dispersées allège les pressions.
Si on ajoute à cela un meilleur aménagement du territoire et une meilleure
gestion des systèmes urbains, on améliore la coordination de la croissance,
la répartition géographique des industries propres, les services, la gestion
des flux de pollution et la conception des logements.
Dans les scénarios Politiques d'abord et
Durabilité d'abord, ces politiques contribuent à amortir les effets
négatifs, mais une croissance économique plus forte rend la protection
de l'environnement difficile. Dans tous les scénarios, la superficie des
zones construites augmente de manière significative dans toute la région
(voir graphique à droite).
De même, dans la plupart des scénarios, les émissions de CO2 et la production
de déchets solides (voir au-dessus) augmentent. Les normes d'émission,
qui sont faibles ou absentes dans le scénario Sécurité d'abord,
contribuent à limiter l'augmentation des polluants atmosphériques dans
les autres scénarios, surtout dans le scénario Politiques d'abord.
Dans le scénario Marchés d'abord, les émissions de CO2 augmentent
plus rapidement en raison d'une forte croissance économique. Dans le scénario
Politiques d'abord, on introduit des techniques de pointe pour
réduire les émissions de CO2. Dans le scénario Durabilité d'abord,
l'abandon d'un mode de vie conventionnel au profit d'un mode de vie durable
permet d'atténuer les émissions de CO2. Par contre, dans le scénario Sécurité
d'abord, on s'en tient à des techniques à faible rendement énergétique
et les émissions de CO2 augmentent plus rapidement partout, sauf en Asie
centrale où le faible niveau de l'activité économique atténue les émissions
de CO2 par rapport au scénario Marchés d'abord. Dans le scénario
Durabilité d'abord, le changement des modes de vie se traduit également
par une diminution de la production de déchets solides.
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