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Ces modifications dans l'utilisation de l'énergie,
allant de pair avec des modifications dans l'utilisation des combustibles,
se traduisent dans les émissions de gaz, notamment le gaz carbonique (voir
graphique à droite). Il existe des différences frappantes entre les scénarios
et les sousrégions. Dans le scénario Marchés d'abord, les émissions
augmentent fortement dans toutes les régions, en grande partie dues au
transport. Dans le scénario Sécurité d'abord, les difficultés économiques
que connaît l'Europe orientale aboutissent pratiquement au même niveau
d'émissions que dans le scénario Politiques d'abord, dans lequel
une action politique plus dynamique suscite une meilleure utilisation
de l'énergie et l'adoption de combustibles sans carbone. Dans le scénario
Durabilité d'abord, des initiatives politiques vigoureuses et de
profonds changements dans les modes de vie, notamment le fait que davantage
de gens sont prêts à donner la préférence aux transports publics, permettent
de réaliser des réductions importantes, ce qui marque un tournant dans
la lutte contre les changements climatiques d'origine anthropique.
Toute modification de l'utilisation des terres en Europe dépend des décisions
liées à la planification spatiale des politiques de développement et de
transport. Elle dépend également de l'évolution de la politique agricole,
notamment des changements qui pourraient intervenir dans le régime des
échanges agricoles et de la réforme de la politique agricole commune.
Dans le scénario Marchés d'abord, la zone construite s'étend au
fil du temps en Europe occidentale (voir graphique au-dessous). Ailleurs,
la diminution de la population conduit à la stabilité ou à une réduction
modeste de la zone construite dans le scénario Marchés d'abord
et dans toute la région dans les scénarios Politiques d'abord et
Durabilité d'abord, où des modèles d'implantation humaine peu étalée
et un accroissement plus faible de la population réduisent la nécessité
d'étendre les zones construites. Dans le scénario Sécurité d'abord,
une population plus nombreuse et des villes plus étalées entraînent une
expansion importante des zones construites en Europe occidentale, et à
une modeste expansion dans le reste de la région.
Parallèlement, le développement continu du réseau routier, des terres
cultivées et d'autres activités humaines entraînent une expansion des
infrastructures à travers toute la région et dans tous les scénarios,
ainsi qu'une augmentation générale des niveaux d'impact (voir graphique).
Cela étant, des politiques bien conçues - y compris des restrictions quant
à l'emplacement des infrastructures - peuvent contribuer à atténuer l'impact
de pareille expansion. C'est en Europe de l'Est que cette évolution possible
est la plus évidente. Dans les scénarios Marchés d'abord et Sécurité
d'abord, les pressions croissantes exercées pour mettre en valeur
les ressources et développer les infrastructures réduisent la diversité
biologique restante. Il en résulte la perte de populations de rennes et
de loups, ainsi que de nombreux insectes et plantes que l'on trouve dans
les fermes. Pour rétablir l'habitat perdu, en particulier lorsqu'il s'agit
d'agroécosystèmes et de terres humides, il faudrait que prévale le scénario
Durabilité d'abord.
Les pressions jouent un rôle en ce qui concerne la diversité biologique
terrestre dans la région. L'Europe doit aussi faire face aux effets des
changements climatiques, notamment ceux qui se sont déjà produits et qui
ont été suscités par les émissions de gaz à effet de serre. Dans l'ensemble,
les différents scénarios en 2032 ne présentent que des différences minimes,
compte tenu du décalage dans le temps de l'effet des changements climatiques
des décennies précédentes. En outre, à court terme, les réductions mondiales
et régionales plus importantes des oxydes de soufre et autres polluants
observées dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité
d'abord résultent en fait de changements climatiques plus rapides,
ce qui accroît les pressions sur les écosystèmes. Toutefois, les initiatives
actuelles comme le projet Natura 2000 de l'UE se concrétise et l'on met
en place des réseaux paneuropéens de zones protégées et de corridors verts
en vue de protéger plus efficacement la diversité biologique dans le scénario
Durabilité d'abord et peut-être dans le scénario Politiques
d'abord. Il ne faut pas non plus négliger les initiatives prises pour
remettre en état d'anciennes terres agricoles qui pourraient constituer
des habitats supplémentaires pour la faune et la flore sauvages. Ceci
se reflète dans les résultats quelque peu meilleurs de l'indice du capital
naturel (voir graphique au-dessous) dans le scénario Durabilité d'abord.
Dans tous les scénarios, sauf le scénario Sécurité d'abord, des
changements dans l'agriculture, ainsi que des améliorations des techniques
et des pratiques de gestion et des modifications dans le choix des cultures
réduisent la demande totale d'eau dans l'agriculture. Dans le scénario
Marchés d'abord, cependant, le développement économique continue
d'induire de fortes augmentations de la demande totale d'eau, surtout
en Europe orientale et centrale. Ces augmentations vont de pair avec l'expansion
de zones fortement touchées par le stress hydrique. La demande totale
est analogue dans le scénario Sécurité d'abord, une population
plus importante que dans le scénario Marchés d'abord étant quelque
peu compensée par une réduction de l'activité économique.
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La situation se présente autrement dans les scénarios Politiques d'abord
et Durabilité d'abord, où les changements structurels amènent à
réduire les prélèvements d'eau dans tous les secteurs à travers toute
l'Europe. Dans ces scénarios, les efforts continus déployés pour économiser
l'eau mettent fin à la situation actuelle dans laquelle certains bassins
sont fortement touchés par le stress hydrique. Ainsi, le nombre de personnes
qui vivent dans des zones gravement touchées par le stress hydrique diminue
considérablement. C'est dans le scénario Durabilité d'abord que
le changement est le plus impressionnant, la réduction de la consommation
de viande renforçant des politiques, comme la tarification de l'eau, introduite
dans les autres scénarios. Les différences existant entre les scénarios
sont amplifiées par des différences concernant le volume des eaux usées
qui sont épurées et le recyclage industriel de l'eau. Ces changements
se traduisent dans le nombre de personnes touchées par la pénurie d'eau
dans les sous-régions dans les différents scénarios (voir graphiques au-dessous).
Les problèmes potentiels liés au stress hydrique sont atténués dans les
scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord par la
pleine application de la Directive-cadre concernant l'eau et des accords
relatifs aux mers régionales. Entre-temps, ces difficultés sont aggravées
dans le scénario Sécurité d'abord et débouchent sur des conflits
à propos de l'eau et de la contamination provenant d'une activité industrielle
non réglementée, ainsi que sur l'incapacité de faire face aux conséquences
des politiques laxistes du passé.
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