Lutter pour sauver le cerf et le chameau de Bactriane, et l'âne sauvage en Asie centrale wo, nov 23, 2011

Il y a presque un demi-siècle, le cerf de Bactriane, une espèce endémique d'Asie centrale, a disparu des forêts le long du fleuve Syr-Daria au Kazakhstan à cause de pratiques agricoles non durables, de l'exploitation forestière et de l'abattage des sous-bois le long des rives du fleuve, de la surpaissance du bétail et de la chasse incontrôlée.

| English  | Español   

Bukhara deer Uzbekistan © CMS

, Efforts de conservation visant à ramener le cerf de Bactriane, le chameau de Bactriane et l'âne sauvage en Asie centrale

Bergen/Norvège, 23 novembre 2011 – Il y a presque un demi-siècle, le cerf de Bactriane, une espèce endémique d'Asie centrale, a disparu des forêts le long du fleuve Syr-Daria au Kazakhstan à cause de pratiques agricoles non durables, de l'exploitation forestière et de l'abattage des sous-bois le long des rives du fleuve, de la surpaissance du bétail et de la chasse incontrôlée.

Depuis, cette espèce phare d'Asie centrale a été réintroduite à Karatchingil, au Kazakhstan, et à Badai-tugai, en Ouzbékistan, grâce aux efforts de conservation des gouvernements d'Asie centrale visant à protéger l'habitat naturel, connu localement sous le nom de forêts de Tugay, qui sont caractérisées par des bosquets et des clairières pastorales parsemés de zones humides.

Cette semaine, des représentants du Kazakhstan, du Tadjikistan et d'Ouzbékistan, ainsi que des experts internationaux, se sont rassemblés en marge d'une conférence de l'ONU sur la faune sauvage, organisée par la Convention sur la conservation des espèces Migratrices appartenant à la Faune Sauvage, sous l'égide du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE/CMS), à Bergen, en Norvège, afin d'étudier le statut de conservation du cerf de Bactriane et de convenir de priorités futures.

Depuis 2002, lorsqu'un Mémorandum d'Accord concernant la Conservation et la Restauration du Cerf de Bactriane a été conclu sous l'égide de la CMS avec le Kazakhstan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan, le Turkménistan, le Fonds mondial pour la nature de Russie et le Conseil international de la chasse et de la conservation du gibier, la population globale du cerf en Asie centrale a quadruplé, passant de 350 à 1620.

La réintroduction de cerfs captifs en 2007 et la mise en place de zones protégées font partie de cette stratégie de conservation réussie. En outre, des réserves naturelles ont été créés : les systèmes de collecte des eaux ont été améliorées et les canaux ont été nettoyés afin de garantir l'écoulement de l'eau des rivières et fleuves jusqu'aux lacs des réserves, permettant également le rétablissement des lacs, des forêts et des populations de nombreuses autres espèces.

Toutefois, la dégradation des écosystèmes des forêts ripicoles se poursuit et constitue une grave menace pour la survie sur le long terme de cette espèce de cerf. En conséquence, les délégués présents à la Conférence ont également convenu d'une feuille de route visant à conserver le cerf de Bactriane et son habitat, y compris le développement d'un nouveau Plan d'action pour l'espèce.

Le cerf de Bactriane bénéficiera du nouveau Plan d'action d'ensemble de la CMS sur les mammifères des zones arides d'Eurasie visant à améliorer la protection des grands mammifères dans les régions arides, les déserts froids, les steppes et les montagnes d'Asie centrale aux niveaux régional, national et local.

Elizabeth Maruma Mrema, Secrétaire exécutive de la CMS, a déclaré : « Comparées aux plus célèbres migrations du monde, telles que les mouvements de gnous dans l'écosystème de Serengeti-Mara en Tanzanie et au Kenya, les grandes migrations de gazelles de Mongolie et d'antilopes Saïga en Eurasie attirent beaucoup moins l'attention. La CMS travaille s'efforce de protéger ces animaux et les terres arides uniques d'Eurasie comme réserves naturelles pour les espèces migratrices. »

L'Asie centrale est l'une des rares régions possédant un vaste réseau cohérent d'écosystèmes variés. Les chameaux de Bactriane, les antilopes Saïga et les gazelles dépendent de ces écosystèmes, tout en les préservant. Au cours de leurs trajets migratoires, ils parcourent de longues distances à travers les steppes et déserts d'Asie centrale et ont besoin d'écosystèmes intacts et contigus. En contrepartie, ils constituent des indicateurs importants du statut de ces écosystèmes.

Mais la dégradation des habitats menace également de plus en plus les chameaux sauvages, les antilopes, les gazelles, les chèvres, les yacks, les ânes sauvages d'Asie et les léopards des neiges. La désertification causée par la surpaissance due au nombre croissant de bétail, le changement climatique, les catastrophes naturelles plus fréquentes et plus graves, les systèmes d'irrigation non durables entraînant des pénuries d'eau et de la pauvreté menacent de détruire la qualité des prairies et des pâturages, ainsi que les moyens de subsistance des populations, avec de graves répercussions non seulement sur la biodiversité, mais également sur les structures sociales et économiques des communautés locales.

Les projets d'infrastructures liés à l'exploitation des réserves de pétrole, de gaz et de minéraux (dont la plupart sont situés en Asie Centrale) divisent d'importants habitats et créent des barrières pour les animaux migrateurs, dont les populations sont séparées en de petits groupes, les exposant ainsi à un risque plus élevé d'extinction.

Le maintien des réseaux écologiques et des corridors verts est essentiel afin de connecter les sites importants et de contribuer à la conservation des populations viables. Des travaux de recherche et de suivi utilisant des méthodes normalisées pour la collecte et le partage des données sont nécessaires afin de combler les manques conséquents de connaissances et de mieux comprendre les schémas de migration et les dynamiques des populations.

Sous l'égide du nouveau Plan d'action, les agences en charge de la faune sauvage et les gardes forestiers seront formés et renforcés. Des incitations économiques, telles que le partage des revenus issus de la chasse contrôlée et durable et de l'écotourisme avec les communautés locales, aideront les populations à gérer les ressources naturelles de manière responsable.

Par ailleurs, le Plan entend protéger les forêts des plaines ripicoles que l'on trouve encore le long des bassins fluviaux de l'Amou-Daria et du Syr-Daria, qui constituent les plus grandes et les plus importantes voies d'eau en Asie centrale et des habitats critiques pour le cerf de Bactriane. Il couvre également la chaîne de montagnes du Pamir et les monts Tian, qui abritent l'argali sauvage, le markhor et le léopard des neiges fortement menacé d'extinction et où le braconnage et le commerce illégal sont courants.

« Le Plan de la CMS apporte une première stratégie visant à renforcer la collaboration transfrontière entre les gouvernements, les agences de conservation de la nature, les ONG et les communautés locales afin d'améliorer la recherche, l'application des lois en faveur de la faune sauvage et l'échange d'informations, » a ajouté Mme Maruma Mrema.

En outre, lors de la 10ème Réunion de la Conférence des Parties de la CMS, qui se tient du 20 au 25 novembre à Bergen, en Norvège, l'argali des moyennes montagnes d'Asie centrale est proposé afin d'être répertorié dans l'Annexe II de la Convention.

Notes aux rédacteurs :

La Convention sur la Conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (PNUE/CMS) travaille pour la conservation d'un ensemble varié d'animaux migrateurs en danger d'extinction dans le monde entier au travers de la négociation et de la mise en place d'accords et de plans d'action. La CMS est une convention en pleine croissance avec une importance spéciale du fait de son expertise en matière d'espèces migratrices. Aujourd'hui, 116 pays font partie de la Convention.

www.cms.int

Contact : Veronika Lenarz, Secrétariat PNUE / CMS, Relations publiques, T. +49 228 815-2409 et pendant la conférence +47 46 86 1544, vlenarz@cms.int

 
comments powered by Disqus