Des politiques publiques intelligentes pour dévoiler le potentiel énergétique durable de l'Afrique di, feb 21, 2012

L'ouverture des marchés de l'énergie à l'investissement privé grâce à de nouvelles politiques gouvernementales pourrait être la clé pour déverrouiller l'énorme potentiel de l'Afrique en matière d'énergie renouvelable. Ce sont là les conclusions d'un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

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, , Lancement de l'Année internationale de l'énergie durable pour tous en Afrique, à Nairobi, au Kenya

Nairobi, 21 février 2012 - L'ouverture des marchés de l'énergie à l'investissement privé grâce à de nouvelles politiques gouvernementales pourrait être la clé pour déverrouiller l'énorme potentiel de l'Afrique en matière d'énergie renouvelable. Ce sont là les conclusions d'un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

Si l'on arrive à déverrouiller ce potentiel, des millions d'individus pourraient sortir de l'extrême pauvreté, conclu le rapport, qui a été dévoilé au siège du PNUE à Nairobi, au Kenya, pour marquer le lancement en Afrique de l'Année internationale 2012 de l'énergie durable pour tous de l'ONU.

Cette initiative à l'échelle du système des Nations Unies vise à mettre en place des mesures concrètes pour atteindre l'accès universel aux services énergétiques moderne. L'autre objectif est de doubler le taux d'efficacité énergétique et la part des énergies renouvelables dans le mix global d'ici à 2030.

Les experts estiment que si l'on ne prend pas des engagements plus fermes pour inverser les tendances actuelles, la moitié de la population d'Afrique sub-saharienne sera toujours sans électricité en 2030, et la proportion de la population utilisant des combustibles traditionnels (polluants) restera la plus élevée de toutes les régions du monde. Un tel scénario entraverait gravement les efforts visant à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.

Le rapport de l'Initiative Finance du PNUE, intitulé «Financing Renewable Energy in Developing Countries: Drivers and Barriers for Private Finance in sub-Saharan Africa », décrit des pistes et des solutions pour surmonter les obstacles à l'intensification de solutions énergétiques durables en Afrique, tels que le coût de production de l'électricité ou l'accès difficile au réseau.

Pour répondre à la demande énergétique croissante du continent, le secteur de l'énergie africain devra produire 7000 mégawatts (MW) de plus chaque année.

Le rapport du PNUE fait valoir qu'une grande partie de cette énergie peut provenir des richesses inexploitées du continent, ainsi que des ressources renouvelables domestiques.

Le Cap-Vert, le Kenya, Madagascar, le Soudan et le Tchad ont, selon l'étude, un potentiel particulièrement significatif. Selon la Banque africaine de Développement, le potentiel de l'énergie éolienne de la Mauritanie représente près de quatre fois son besoin d'énergie annuelle, tandis que celui du Soudan est équivalent à 90 pour cent de ses besoins annuels en énergie. Cela offre une double opportunité pour améliorer la sécurité énergétique et pour créer des marchés régionaux.

« L'accélération et l'intensification de l'énergie durable pour tous sera le point clé pour réaliser une transition vers une faible émission de carbone, vers une efficacité des ressources incluant l'Economie verte », déclarait Achim Steiner, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies et le Directeur Exécutif du PNUE.

« 1,3 milliards de personnes dans le monde n'ont pas accès à l'électricité et 45 pour cent de ceux-ci vivent en Afrique. Pourtant, le continent possède d'abondantes ressources renouvelables qui peuvent, avec les politiques publiques adéquates, déverrouiller un nouvel avenir de développement et illuminer les vies et les moyens de subsistances de millions de personnes, » énonçait-il.

« Dans quatre petits mois, les leaders mondiaux se réuniront pour le sommet Rio+20 au Brésil. L'accès à l'énergie renouvelable devrait être dans l'esprit de chaque délégué, tout comme les autres obstacles actuels ? allant des combustibles fossiles jusqu'aux besoins de financement et de subventions ? qui, jusqu'ici, ont freiné cet énorme potentiel en Afrique et ailleurs, » indiquait M. Steiner.

Le rapport du PNUE est basé sur une enquête lancée auprès de 38 institutions, principalement du secteur privé, qui sont impliquées dans le financement des infrastructures énergétiques dans les pays en développement.

Surmonter trois obstacles: le coût, la structure et les risques

L'étude montre comment les mesures incitatives peuvent aider à réduire les coûts élevés associés à la production d'électricité à partir des énergies renouvelables et à améliorer la compétitivité des investissements dans le secteur, par rapport aux sources d'énergies traditionnelles.

Ces exemples montrent à quel point les incitations au niveau national et international donnent déjà un impact positif en Afrique.

Au Kenya, le gouvernement a introduit en 2008 une augmentation de la production d'énergie renouvelable dans le pays, incitant une capacité de production d'énergie additionnelle de 1300 Megawatts (MW) ? plus du double de la capacité actuelle du Kenya. L'augmentation des investissements dans les énergies renouvelables permettra la création d'emplois suite à la construction de centrales électriques, au raccordement du réseau et à l'entretien.

La politique d'énergie renouvelable conduite par l'Ouganda a été félicitée pour le développement d'une infrastructure de gestion institutionnelle du Mécanisme de Développement Propre (MDP), qui a mené avec succès une poussée de l'activité des énergies renouvelables. En 2008, l'Ouganda possédait une capacité totale de 550 MW, dont 315 MW furent hydrobase. En 2010, il y eu 300 MW d'énergie renouvelable dans le cadre du MDP, incluant un nouveau terrain pour l'Ouganda dans le domaine de la biomasse.

Parmi les communautés d'Afrique subsaharienne, où seulement 2 ? 5 pour cent des gens sont connectés au réseau électrique, utilisant des énergies renouvelables sous la forme de mini-éoliennes, de bioénergie ou de systèmes solaires domestiques afin d'améliorer l'accès à l'énergie peut être plus rentable que l'expansion des réseaux existants.

Afin de faire face à un second obstacle énergétique majeur, à savoir les insuffisances dans les structures énergétiques subsaharienne, la possession monopolistique, la difficulté du marché et l'accès au réseau pour les nouveaux acteurs de l'innovation, le rapport du PNUE affirme que les gouvernements devraient réformer le secteur de l'énergie avec des politiques conduisant à un niveau plus élevé de décentralisation.

Ces réformes encourageraient les parties tiers et les producteurs privés indépendants d'électricité (PPI) d'entrer sur le marché de l'énergie renouvelable et de contribuer grandement aux compétences techniques spécialisées.

Un troisième obstacle au développement de l'énergie renouvelable, selon l'étude, sont les risques ? politiques, réglementaires et commerciaux ? présents dans différents pays subsahariens. Bien que complexes, ces risques peuvent être réduits et leur impact atténués par l'utilisation d'instruments d'atténuation de risques déjà disponibles aujourd'hui mais toujours insuffisants.

La communauté internationale devrait, par conséquent, mettre en place des instruments internationaux d'atténuation de risques avec un mandat explicite du changement climatique.

'Atteindre l'objectif de l'énergie renouvelable pour toute l'Afrique ? et au-delà ? exigera l'action de tous les pays et de tous les secteurs afin de façonner les choix politiques et les investissements nécessaires pour un avenir meilleur de l'énergie', déclarait Kandeh Yumkella, Directeur Général de l'Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) et Président d'ONU-Energie.

'Les pays industrialisés doivent accélérer la transition vers les technologies à faible émission. Les pays en développement, dont certains se développent rapidement et à grande échelle, ont l'opportunité d'oublier les options énergétiques traditionnelles et d'avancer directement vers les alternatives d'énergies plus propres qui amélioreront le développement économique et social,' ajoutait-il.

Aujourd'hui, huit pays africains ont déjà mis en place des objectifs nationaux d'énergie renouvelable, y compris l'île Maurice (65 pour cent d'ici 2028), le Cap-Vert (50 pour cent d'ici 2020) et le Cameroun (50 pour cent d'ici 2015). Le rapport du PNUE affirme que ces objectifs sont des 'éléments essentiels' de toute politique sur l'énergie renouvelable car ils apportent plus de clarté pour les acteurs du secteur privé et peuvent soutenir la mobilisation des investissements.

Le rapport de l'Economie Verte du PNUE montre à quel point le coût des services d'énergie renouvelable serait plus compétitif si les impacts négatifs et indirects liés aux technologies des combustibles fossiles étaient pris en compte.

Certains pays africains, y compris le Kenya et le Sénégal, consacrent actuellement plus de la moitié de leur recette d'exportation pour l'importation d'énergie. L'élargissement des ressources renouvelables disponibles dans les pays pourrait, selon le rapport de l'Economie Verte, renforcer la sécurité énergétique nationale, tout en atténuant les risques pour la santé publique provoqués par l'exploitation minière, la production et la combustion des combustibles fossiles.

Ces risques comprennent notamment l'inhalation de la fumée de cuisinières traditionnelles utilisées dans les ménages à travers l'Afrique. Ces émissions à l'intérieur sont responsables pour environ 1,9 million de décès chaque année à travers le monde, tandis que le 'carbone noir' produit par les poêles est aussi un contributeur majeur du changement climatique.

Année internationale de l'énergie durable pour tous des Nations Unies

Tout au long de l'année 2012, le Secrétariat Général des Nations Unies, en partenariat avec le Groupe interinstitutionnel ONU Energie, coordonnera les activités afin d'accroitre la sensibilisation sur les questions énergétiques, y compris les services énergétiques modernes pour tous, l'accès à l'énergie abordable, l'efficacité énergétique et la durabilité des sources d'énergie au niveau local, national, régional et international.

Dans le cadre de ces efforts, le Secrétariat Général de Nations Unies, ONU Energie et la Fondation des Nations Unies mènent une initiative mondiale ? L'Energie Durable pour Tous. L'initiative engagera les gouvernements, le secteur privé et les partenaires de la société civile du monde entier, afin d'atteindre les trois objectifs majeurs d'ici 2030 :

  • Assurer l'accès universel aux services énergétiques modernes
  • Doubler le taux d'amélioration de l'efficacité énergétique
  • Doubler la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique mondial

Le Secrétariat Général des Nations Unies a réuni les représentants du secteur privé, des gouvernements, des organisations des Nations Unies et/ou intergouvernementales et de la société civile afin de développer une stratégie mondiale et un agenda concret d'actions pour atteindre les trois objectifs.

La feuille de route, qui s'appuiera sur les travaux du Groupe consultatif du Secrétariat Général sur l'Energie et le Changement Climatique, sera soumise à un examen lors de la Conférence Rio+20 en juin 2012. Le Groupe est co-présidé par Charles Holliday, président de la Banque d'Amérique, et Kandeh Yumkellah, président de ONU Energie et Directeur Général de l'Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI).

Notes aux rédacteurs

Le rapport sur l'Initiative Financière du PNUE, Financing Renewable Energy in Developing Countries: Drivers and Barriers for Private Finance in sub-Saharan Africa , est disponible sur: www.unepfi.org et http://www.ge.tt/9WELkkD

Plus d'informations sur l'Année Internationale des Nations Unies sur l'Energie Durable pour Tous sont disponibles sur: http://sustainableenergyforall.org

Les initiatives pour l'énergie durable du PNUE en Afrique comprennent:

The African Rural Energy Enterprise Development Programme (AREED) opère en Afrique afin de développer de nouvelles énergies durables pour les entreprises qui utilisent des technologies énergétiques propres, efficaces et renouvelables. Ces nouvelles entreprises peuvent répondre aux besoins énergétiques des populations sous-desservies tout en réduisant les conséquences néfastes des pratiques énergétiques existantes sur l'environnement et la santé, particulièrement à partir de combustibles de qualité à faible biomasse tels que le bois et le fumier.

http://www.areed.org/

L'Initiative en.Lighten, fondée en 2009 par le PNUE et d'autres partenaires, a pour but de réduire la consommation énergétique grâce à une transformation du marché mondial vers un éclairage éco énergétique. L'élimination d'éclairages inefficaces (les lampes à incandescence) sur le continent africain permettrait d'économiser près de 20,5 terrawatt-heure (Twh) d'électricité et réduirait près de 13 tonnes métriques (Mt) de CO2 ; ce qui équivaut à retirer de la circulation 3 millions de véhicules. L'électricité économisée permettrait de connecter au réseau 14,5 millions de foyers africains. Le coût de la transition de l'Afrique vers un éclairage efficace est d'environ 1,8 milliard de dollars, avec une période de récupération de 2,2 ans. Lors de la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique à Durban, l'Afrique du Sud s'est engagé à éliminer les éclairage à incandescence d'ici 2016, devenant ainsi la première nation africaine à le faire.

http://www.enlighten-initiative.org

The Global Network on Energy for Sustainable Development (GNESD) est un réseau de partage de connaissances soutenu par le PNUE qui regroupe des centres d'excellence et de partenaires à travers le monde. Son objectif principal est d'effectuer l'analyse des politiques sur les questions énergétiques afin de faciliter la réalisation des Millennium Development Goals (MDG). Il se compose de 9 institutions en Afrique, en Asie et en Amérique Latine.

http://www.gnesd.org/

Pour plus d'informations, veuillez contacter:

Nick Nuttall, Directeur et porte-parole du PNUE, Division des Communications et de l'Information Publique, par Tél. : +41 795 965 737 ou +254 733 632 755 ou par E-mail nick.nuttall@unep.org

Bryan Coll, Bureau d'Information du PNUE (Nairobi), Tel. +254 20 7623088, par Tél. : +254 731 666214 ou par E-mail: bryan.coll@unep.org

Sebastien Malo, Responsable de l'Information, Initiative Financière du PNUE, par Tél. : +41 22 917 8465, Portable: +41 78 686 7022, ou par E-mail: sebastien.malo@unep.org

 
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