Surveiller les bassins versants pour réduire les risques d'inondations en Haïti do, mrt 22, 2012

Au cours des inondations, l'eau contaminée peut en effet mener à la propagation de maladies.

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, Port Salut, Haiti, le 22 mars 2012 - Alors que l'arrivée de la saison des pluies en Haïti est imminente, les efforts s'intensifient afin d'améliorer la surveillance en temps réel du bassin versant de Port-à-Piment, particulièrement vulnérable aux inondations. L'objectif est de diminuer le risque de catastrophe auquel sont exposées les communautés locales du sud du pays.

En octobre dernier, d'importantes inondations dans la région avaient complètement isolé certaines communautés, les forçant à dépendre de livraisons alimentaires et médicales d'urgence par hélicoptère.

En effet, étant donné que le Département du Sud d'Haïti soit montagneux et que ses pentes raides soient sévèrement déboisées, il existe très peu d'obstacles aux pluies diluviennes qui vont se jeter directement dans la rivière principale, emportant le sol, les sédiments - et, souvent, les cultures, les moyens d'existence et les biens matériels - dans la mer.

Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) est l'un des 14 partenaires impliqués dans l'Initiative de la Côte Sud (ICS), une initiative de développement durable en cours depuis 20 ans dans le Département du Sud d'Haïti et visant à atteindre des objectifs durables à grande échelle.

Etant donné que les données de base concernant les rivières et les aquifères de la Côte Sud étaient trop limitées pour pouvoir guider les plans et les investissements en matière de gestion de l'eau, les partenaires de l'ICS ont mis en place un processus continu de collecte d'information sur le terrain afin d'améliorer la compréhension du comportement des systèmes fluviaux de la région et de permettre une amélioration des méthodes de réduction des risques d'inondation.

Des chercheurs du Earth Institute, qui fait également partie de l'ICS, ont installé des stations de surveillance climatiques et des pluviomètres, mis en place un laboratoire mobile de contrôle de la qualité des eaux et établi plusieurs nouvelles stations de contrôle des eaux le long des grandes rivières régionales.

Les stations de contrôle du climat mesurent la pluviométrie, la vitesse du vent et sa direction, la pression atmosphérique, la radiation solaire ainsi que l'humidité et la température relative et mettent leurs données à disposition sur internet en temps réel via satellite.

A l'aide des données obtenues par ces nouveaux équipements, l'équipe de l'ICS sera capable de déterminer avec quelle rapidité un ouragan frappant les régions montagneuses aura un impact sur les communautés en aval, et plus particulièrement sur celles vivant dans des régions inondables proches du niveau de la mer ou de berges érodées.

Une approche collaborative entre les partenaires de l'ICS et les autorités locales et nationales, y compris le Ministère Haïtien de l'Agriculture, a permis une gestion conjointe de l'équipement présent sur les installations ainsi que la compréhension de l'utilisation à long terme des données par tous les partenaires.

S'exprimant depuis Port-à-Piment à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, le Gestionnaire de projet du PNUE à Haïti, Antonio Perera, a souligné l'importance vitale qu'a ce nouveau système de surveillance - le premier dans la région - dans le développement d'un système d'alerte précoce efficace pour les habitants des bassins versants concernés.

« Cet équipement de surveillance permet de mesurer le 'pouls' de l'eau lorsqu'elle passe aux points de surveillance et devrait permettre de protéger des moyens d'existence, la sécurité publique et la santé » a déclaré M. Perera.

Au cours des inondations, l'eau contaminée peut en effet mener à la propagation de maladies, comme en témoigne l'augmentation du nombre de cas de choléra observés dans la région suite à des inondations en octobre dernier.

 
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