Selon un nouveau rapport du PNUE, les missions de maintien de la paix des Nations Unies sont amenées à bénéficier de nouvelles pratiques environnementales di, mei 1, 2012

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Firewood patrol in Darfur led by the UN-African Union Hybrid Operation in Darfur. Photo: Albert Gonzalez/UNAMID

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New York, 1er mai 2012 - Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (UNEP) a publié aujourd'hui les résultats d'une analyse de deux ans étudiant la façon dont les missions de maintien de la paix partout dans le monde affectent et sont affectées par les ressources naturelles et l'environnement en général.

En plus de mettre en évidence l'importance primordiale de réduire l'impact environnemental des opérations de maintien de la paix, ce nouveau rapport indique que la mise en ouvre de bonnes pratiques dans ce domaine a également des avantages additionnels, tels que des économies financières accrues pour les missions et une amélioration de la sûreté et de la sécurité des communautés locales et du personnel des Nations Unies.

Les 16 missions actuellement menées par le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) et soutenues par le Département de l'appui aux missions (DAM) représentent la majorité de l'empreinte carbone du système des Nations Unies.

Intitulé Verdir les casques bleus : environnement, ressources naturelles et opérations de maintien de la paix des Nations Unies, le rapport note que grâce à l'adoption, en 2009, de leur politique environnementale, les opérations de maintien de la paix des Nations Unies ont une plateforme robuste pour réduire leur impact environnemental.

Cette analyse identifie les Forces intérimaires des Nations Unies au Liban (FINUL) comme celles ayant fait le plus de progrès dans l'introduction de pratiques environnementales, grâce à des initiatives allant de l'utilisation de voitures électriques au quartier général de la mission, la ville de Naqoura, à la production efficace d'énergie et à la mise en place d'une usine de recyclage communautaire pour les bouteilles plastiques, les canettes et le verre.

« L'exemple de la FINUL illustre ce que toutes nos missions de maintien de la paix sont aujourd'hui en train de réaliser » a observé Anthony Banbury, Directeur intérimaire du Département de l'appui aux missions.

« Verdir le bleu n'est pas juste notre devise, c'est aussi notre engagement à veiller à ce que les Casques bleus aient un impact positif et durable dans les pays où ils sont déployés » a ajouté Hervé Ladsous, Sous-Secrétaire-Général et Directeur du Département des opérations de maintien de la paix.

Le rapport aborde également l'angle des ressources naturelles en tant que moteurs de conflit, et recommande que là ou les diamants, l'or, le pétrole ou d'autres ressources sont des facteurs de conflit, les missions de la paix devraient recevoir un mandat plus systématique pour aider les autorités nationales à rétablir l'administration des ressources naturelles, à surveiller les sanctions et à poursuivre les violations.

Le Sous-Secrétaire Général des Nations Unies et le Directeur des Nations Unies, Achim Steiner, a déclaré que traiter la propriété, le contrôle et la gestion des ressources naturelles est essentiel pour maintenir la sécurité et restaurer l'économie des pays sortant d'un conflit.

« Il y a eu peu de progrès dans l'examen et la documentation systématique de la façon dont les ressources naturelles peuvent supporter, faire progresser ou porter atteinte aux objectifs d'une mission de la paix. Ce rapport est donc une première tentative d'en comprendre les liens et d'identifier les bonnes pratiques et les lacunes en la matière » a dit Mr. Steiner.

Verdir les Casques bleus : environnement, ressources naturelles et opérations de maintien de la paix des Nations Unies est le résultat d'une collaboration en cours est le résultat d'une collaboration continue entre le PNUE, DOMP et le DAM pour améliorer la prise en considération des ressources naturelles et des questions environnementales dans les efforts de maintien de la paix des Nations Unies.

Ce rapport du PNUE est basé sur des recherches bibliographiques, des visites sur le terrain et des consultations au sein du DOMP et du DAMP, y compris au sein de 10 missions de maintien de la paix.

Le rapport et ses différents résumés analytiques peuvent être téléchargés aux adresses suivantes :

http://postconflict.unep.ch/publications/UNEP_greening_blue_helmets.pdf

http://postconflict.unep.ch/publications/UNEP_greening_blue_helmets_ES.pdf

Pour plus d'informations, veuillez contacter :

Nick Nuttall, Porte-parole du PNUE/Chef des relations médias +254 733 632 755 or nick.nuttall@unep.org

Julie Marks, Conseillère en communication du PNUE +41 794 419 937 or julie.marks@unep.org

Anayansi Lopez, Section des affaires publiques, DOMP +1 9173679050 or lopez12@un.org

Notes aux rédacteurs - Renseignements supplémentaires

La première partie du rapport du PNUE examine la gestion environnementale des opérations de maintien de la paix, présente les bonnes pratiques et identifie les principales contraintes qui ralentissent l'adoption systématique de la politique environnementale du DAM/DOMP.

La seconde partie examine le rôle des opérations de maintien de la paix dans la stabilisation de pays où les conflits ont été financés par les ressources naturelles ou conduits par des griefs liés à leur exploitation. Les façons dont les missions peuvent capitaliser sur le potentiel de consolidation de la paix dont sont porteuses les ressources naturelles via la création d'emplois et de moyens d'existence, de reprise économique, d'instauration de la confiance et de réconciliation sont également prises en compte.

Les conclusions du rapport incluent :

  • Des exemples de bonnes pratiques environnementales ont vu le jour dans l'ensemble des secteurs principaux des infrastructures de maintien de la paix.

  • La politique environnementale du DAM/DOMP fournit une plate-forme robuste pour le progrès, mais sa mise en ouvre sur le terrain a été limitée en raison de l'absence de système universel de surveillance, de ressources humaines lui étant consacrées et de sensibilité générale aux problèmes traités par cette politique.

  • L'incertitude quant à la durée des missions de maintien de la paix est l'un des principaux obstacles à leur adoption de technologies plus économes en ressources. Toutefois, les données comparatives ont révélé que l'investissement nécessaire pour certaines des sources d'énergie renouvelables - lorsqu'elles sont couplées avec la conception de bâtiments et de technologies économes en énergie - pourrait être récupéré en une à cinq années.

  • En outre, de simples changements de comportement tels que la mise hors tension de l'équipement ou de petits ajustements aux réglages de la température ambiante, ainsi que l'utilisation des systèmes CarLog, ont abouti à une réduction de 15% de la consommation d'énergie de la mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT). Comparativement aux dépenses de 638 millions de dollars US que l'entièreté des missions a déboursés en 2009, cette réduction représenterait une économie potentielle de 95,7 millions de dollars US par an.

  • Les opérations de maintien de la paix ayant un lien avec les ressources naturelles ont plus fréquemment eu lieu en Afrique, où 13 missions ont été menées pour répondre à des conflits alimentés par des ressources naturelles, à un coût estimé de 32 milliards de dollars US.

  • Bien que le Conseil de Sécurité ait progressivement augmenté la portée des mandats dont bénéficient les missions de maintien de la paix pour répondre aux ressources naturelles, leur mise en ouvre efficace continue d'être entravée par des facteurs tels que le manque de capacité technique et financière de la mission, d'éventuelles interférences du Gouvernement hôte et des actions illégales du secteur privé ou de groupes armés.

  • Alors que seuls 54 pourcent des accords de paix conclus entre 1989 et 2004 contenaient des dispositions portant sur les ressources naturelles, tous les accords de paix conclus entre 2005 et 2010 en incluaient. Les opérations de maintien de la paix pourraient avoir besoin de créer de nouveaux partenariats et capacités afin d'appuyer la mise en ouvre de ces dispositions.

  • Les ressources naturelles peuvent offrir des possibilités d'emploi d'urgence et la mise en place de moyens d'existence durables pour les anciens combattants. En moyenne, plus de la moitié des anciens combattants retournent à des moyens d'existences agraires et, dans certains cas, jusqu'à 80 pourcent ce qui nécessite de porter une attention accrue aux questions foncières et d'accès à l'eau.

L'analyse du PNUE a été réalisée pour informer la portée des futurs mandats des opérations de la paix ainsi que le développement des nouvelles pratiques et politiques de maintien de la paix abordant la gouvernance des ressources naturelles dans les pays sortant d'un conflit.

Ce rapport contient des recommandations réalisables de politique pour améliorer les performances environnementales des opérations de maintien de la paix et pour capitaliser sur le potentiel de consolidation de la paix des ressources naturelles tout en minimisant leur contribution potentielle à l'insécurité et à la rechute du conflit.

Les recommandations principales incluent:

  • La mise en ouvre effective de la politique environnementale du DAM/DOMP devrait être assurée via le développement d'un mécanisme de contrôle universel ainsi que via des effectifs et une formation suffisante. Il convient de prendre en compte la taille et la localisation géographique des camps de maintien de la paix, les risques climatiques et de désastre, les conditions de sécurité, la demande anticipée en énergie, en eau et la production de déchets, ainsi que la capacité du personnel respectif des missions à tous les stades du cycle de vie des missions.

  • En tant que suivi direct de cette recommandation, le PNUE a établi un partenariat avec l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) et l'Institut international pour le développement durable (IIDD) afin de préparer un ensemble de cinq modules de formation visant à accroître la sensibilisation générale aux concepts environnementaux et de ressources naturelles importants au sein du personnel de maintien de la paix. Le premier des modules de formation, intitulé « Introduction à l'Environnement, aux ressources naturelles et aux opérations de maintien de la paix », est disponible dès aujourd'hui à l'adresse suivante : http://stream.unitar.org/ptp/StartCourse/player.html. Les quatre autres modules de formation, s'intéressant à des questions plus spécifiques, telles que le rôle des ressources naturelles dans le travail des programmes de Désarmement, démobilisation et réinsertion et Affaires civiles ou de l'empreinte écologique des opérations de maintien de la paix, sont actuellement en train d'être développés et seront disponibles dans un futur proche.

  • Lorsque les ressources naturelles ont alimenté ou financé un conflit, les opérations de maintien de la paix devraient avoir un mandat systématique pour aider les autorités nationales à restaurer l'administration des ressources naturelles, l'application des lois nationales, la surveillance des sanctions et l'application des poursuites.

  • Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait être systématiquement informé des liens entre les ressources naturelles et les conflits dans les pays où il envisage d'autoriser une mission de maintien de la paix. Lorsque des régimes de sanctions sont envisagés ou mis en place, les briefings pourraient inclure les moyens dont disposent la mission de maintien de la paix pour aider ou coopérer avec des groupes d'experts, ainsi que les moyens d'aider à renforcer les capacités des autorités nationales à surveiller et à appliquer des sanctions.

  • Les programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion offerts par les missions de maintien de la paix et les partenaires de développement devraient systématiquement considérer le rétablissement d'urgence de l'emploi et des moyens d'existence basé sur l'utilisation durable des ressources naturelles.

  • Un groupe d'expert sur les ressources naturelles et les Etats fragiles devrait être établi par le mécanisme de l'ONU approprié, avec pour mandat d'examiner et de documenter les bonnes pratiques dans les divers aspects de la gestion des ressources naturelles dans les Etats fragiles.

 
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