En visite au Kenya, une grande actrice chinoise appelle à plus d'efforts pour mettre fin au commerce illégal d'ivoire ma, mei 6, 2013

L'actrice Li Bingbing, l'une des célébrités les plus populaires de Chine et étoile montante d'Hollywood, a effectué une mission d'enquête au Kenya. Lors de ce voyage, elle a appelé à renforcer les efforts des gouvernements et des consommateurs en matière de lutte contre le commerce illégal des espèces sauvages.

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Li Binging's visit to Kenya will focus on the far-reaching impacts of the illegal ivory trade. In the past decade, the number of elephants illegally killed in Africa has doubled, according to a recent UNEP study. Photo: Georgina Goodwin.

, , , Nairobi, 7 mai 2013 L'actrice Li Bingbing, l'une des célébrités les plus populaires de Chine et  étoile montante d'Hollywood, a effectué une mission d'enquête au Kenya. Lors de ce voyage, elle a appelé à renforcer les efforts des gouvernements et des consommateurs en matière de lutte contre le commerce illégal des espèces sauvages.

Li Bingbing a déclaré que les citoyens et les entreprises asiatiques peuvent jouer un rôle crucial dans la prévention de l'abattage des éléphants d'Afrique en renonçant à acheter des produits à base d'ivoire. Les niveauxde braconnageconnaissent actuellement un pic jamais atteint au cours des 10 dernières années et menacent désormais la survie de certaines populations d'éléphant. Le braconnage menace également les revenus de millions de personnes qui dépendent du tourisme.

Cette visite marque le premier engagement international de Li Bingbing en tant qu'Ambassadrice de bonne volonté du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). Li Bingbing a récemment été nommée « Star asiatique de l'année » par le magazine Variety. Li Bingbing est aussi une militante écologiste. En 2009, elle a fondé l'organisation « L. O. V. E. Green Movement », un mouvement qui encourage les citoyens chinois à adopter des modes de vie plus durables et moins polluant. Elle a participé de manière intensive à la promotion de la campagne du PNUE (et de ses partenaires) « Think.Eat.Save: Reduce Your Foodprint » (en français : « Pensez. Mangez. Preservez : Réduisez votre empreinte alimentaire ») à travers les médias sociaux chinois. Cette campagne vise à lutter contre le gaspillage et les pertes alimentaires dans le monde entier.

« La crise actuelle du braconnage suscite de sérieuses inquiétudes pour la survie des éléphants et des rhinocéros, ici, au Kenya », a déclaré Li Bingbing lors d'une conférence de presse au siège du PNUE, à Nairobi.

« Il y a aussi d'autres conséquences à long terme. En effet, le massacre des éléphants est souvent lié au crime organisé et au financement de milices armées. La plupart des consommateurs asiatiques ne se rendent pas compte qu'en achetant de l'ivoire, ils participent non seulement au commerce illégal de la faune mais également aux autres activités illégales graves auxquelles le crime organisé prend part. En tant que citoyens du monde, nous devons prendre nos responsabilités en nous informant davantage sur les conséquences que peuvent avoir nos choix de vie », a-t-elle ajouté.

Habituée des tapis rouges d'Hollywood et des événements prestigieux tels que le festival de Canne, Li Bingbing fait partie des visages les plus connus de Chine. Parmi ses nombreux admirateurs, elle compte plus de 20 millions de fans sur les réseaux sociaux chinois. Elle a notamment joué dans un certain nombre de blockbusters américains comme la saga « Resident Evil » ou encore « The Forbidden Kingdom » avec Jackie Chan et Jet Li.

Lors de la première journée de son séjour d'une semaine au Kenya, Li Bingbing a visité la célèbre association « The David Sheldrick Wildlife Trust », situé dans le Parc National de Nairobi, où des jeunes éléphants, dont beaucoup sont devenus orphelins du fait du braconnage, sont soignés avant d'être réintroduits dans la nature. 

L'actrice a également pu voir l'énorme stock d'ivoire stocké dans les bureaux de l'organisation « Kenya Wildlife Service », dont une quantité importante a été saisie aux mains de braconniers.

Augmentation du massacre illégal d'éléphants

Au cours de la dernière décennie, le nombre d'éléphants tués illégalement en Afrique a doublé, tandis que le commerce de l'ivoire a triplé, selon une étude récente menée par le PNUE et ses partenaires, « Elephants in the Dust » (en français : « Les éléphants dans la poussière »).

Les données provenant du Programme de Suivi de l'Abattage illégal d'Eléphants (MIKE), qui dépend de la Convention sur le Commerce International des Espèces Sauvages de faune et de flore menacés (CITES), montrent que 17000 éléphants ont été tués illégalement en 2011. MIKE couvre des zones abritant 40 pour cent des éléphants africains, ce qui signifie que les chiffres pourraient être bien plus élevés. Selon certaines indications, des dizaines de milliers d'éléphants ont été massacrés en 2012.

Au Cameroun, jusqu'à 450 éléphants ont été tués depuis le début d'année dernière. Selon certains experts, les bénéfices provenant du braconnage et du commerce illicite d'ivoire soutiendraient des conflits armés dans la région.

La demande illégale d'ivoire reste particulièrement élevée dans les économies émergentes d'Asie, surtout en Chine.  Les saisies de grosses quantités d'ivoire à destination du marché asiatique ont doublé depuis 2009. La corruption omniprésente dans les pays d'origine, de transit et de destination contribue également au problème.

« La hausse de la criminalité ciblant la faune sauvage du Kenya et d'autres pays d'Afrique est un problème mondial, qui affecte de nombreuses régions du monde. Les bénéfices provenant de la vente des défenses d'éléphant et des cornes de rhinocéros, vendues au prix fort au marché noir,  sont liés à des réseaux criminels impliqués dans le trafic de drogues, l'exploitation forestière illégale et la traited'êtres humains », a déclaré le Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner.

« Le PNUE,  CITES et leurs partenaires travaillent ensemble pour améliorer la collaboration entre les douanes, les forces  de polices et les gouvernements nationaux en vue de combattre ce marché noir. Cependant, le commerce illégal de la faune ne pourra être éradiqué que si la demande du consommateur pour ce genre de produits disparaît. Le rôle de Li Bingbing est de souligner les multiples conséquences de ce commerce illégal. En effet, grâce à sa popularité, elle peut sensibiliser des millions de consommateurs et encourager la recherche d'alternatives durables, nécessaires pour assurer la survie des éléphants d'Afrique », a ajouté M. Steiner.

Le PNUE a récemment signé un partenariat avec la ville de Shanghai (23 millions d'habitants) pour exposer une série de photos sur le commerce illégal de la faune dans le réseau ferroviaire souterrain de la ville. Les photos réalisées par sept grands photographes animaliers internationaux ont pour but d'attirer l'attention sur le marché noir de l'ivoire, de la corne de rhinocéros, des peaux, des nageoires et des fleurs, qui menace la survie de nombreuses espèces menacées de disparition.

Un film,  « Elephant in the Room » (en français : « L'éléphant dans la pièce »), réalisé en partenariat avec CITES, sera projeté sur la place principale de la ville de Shanghai. Le film retrace l'origine d'une parure en ivoire de provenance illégale et se termine sur le slogan : « Quand nous cesserons d'acheter, ils cesseront de mourir ».

En fin de semaine, dans le cadre d'un partenariat entre le PNUE et de l'ONG « Save the Elephants », Li Bingbing se rendra dans la réserve nationale de Samburu au nord du Kenya, où elle rencontrera des experts de la faune et visitera des sites où des éléphants ont été récemment tués par des braconniers.

« C'est la demande excessive d'ivoire qui est à l'origine de la hausse du braconnage des éléphants; toutes les tentatives pour les sauver échoueront tant qu'on n'abordera pas le problème dans son ensemble », a déclaré Lain Douglas-Hamilton, fondateur et Président de l'ONG « Save the Elephants ».

 « L'engouement pour l'ivoire peut être enrayé, comme ce fut le cas aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Pour ce faire, il faut communiquer sur le sort des éléphants d'Afrique, notamment en se servant de la popularité de célébrités comme Li Bingbing, dans les pays consommateurs d'ivoire. Si on ne le fait pas, le futur des éléphants restera compromis », a-t-il ajouté.

Si la tendance actuelle en matière de braconnage des éléphants se poursuit, il y a un risque de favoriser l'extinction totale des éléphants », a déclaré Patrick Omondi, responsable de la gestion et de la conservation des espèces dans l'organisation « Kenya Wildlife Service ».

« Les citoyens du monde doivent s'unir pour combattre ce crime d'envergure internationale. Une stratégie claire de réduction de la demande dans les pays consommateurs contribuera beaucoup à  la sauvegarde des éléphants d'Afrique », a-t-il ajouté.

Outre les massacres illégaux, les éléphants sont également menacés par la perte croissante de leur habitat, de l'ordre de  29 pour cent - principalement en raison de la croissance de la population humaine et de l'expansion agricole. Selon le rapport « Elephants in the Dust », ce chiffre pourrait atteindre 63 pour cent en 2050, ce qui pose une menace supplémentaire majeure pour la survie à long terme de l'espèce.

Crime sur la vie sauvage au niveau mondial

Le Fonds mondial pour la nature estime que le commerce mondial illicite des espèces sauvages rapporte au moins 19 milliards de dollars par an, ce qui en fait le quatrième commerce illégal le plus important au monde après les stupéfiants, la contrefaçon et le trafic d'êtres humains.

Les reptiles, les requins, les grands singes et certaines espèces de bois sont parmi la flore et la faune les plus touchés par le commerce illégal d'espèces sauvages.

Une étude récente du PNUE a indiqué que près de 3.000 grands singes vivants sont capturés chaque année dans les forêts d'Afrique et d'Asie du Sud. Les principaux marchés pour le commerce illégal de chimpanzés, de  gorilles et d'Orang outans sont notamment liés à l'industrie du tourisme de loisirs (les zoos peu scrupuleux, et les personnes qui souhaitent acheter des grands singes comme animaux de compagnie exotiques).

Les recherches du PNUE et d'Interpol soulignent qu'entre 50 et 90 pour cent de l'exploitation forestière dans les pays tropicaux clés du bassin de l'Amazone, d'Afrique centrale et d'Asie du Sud-est, est le fait du crime organisé. Cela menace les efforts entrepris pour réduire la déforestation, ainsi que les efforts pour lutter contre le changement climatique tels que les initiatives de réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD ou REDD+).

Malgré les défis actuels, des mesures positives ont été prises pour lutter contre la criminalité environnementale et assurer un commerce durable.

Lors de la récente Conférence des Parties de CITES, qui s'est tenue en mars 2013, quelques 170 gouvernements ont soutenu la décision d'accorder un niveau de protection encore plus élevé à des centaines d'espèces de bois, certaines tortues terrestres et tortues de mer, ainsi qu'à d'autres espèces végétales et animales. Cinq espèces de requins et de raies manta ont également été placées sous contrôles de la CITES.

D'autres mesures visent à développer le Projet Leaf (Assistance pour l'application de la loi pour les forêts) - un consortium récent créé pour mettre en place des initiatives de protection des forêts et  du climat contre l'exploitation illégale et le crime organisé. Le projet est dirigé par le Programme des crimes contre l'environnement d'INTERPOL et le centre de collaboration du PNUE en Norvège (GRID-Arendal), avec le soutien du gouvernement de la Norvège.

Notes aux éditeurs

Les photos des visites de Li Bingbing (David Sheldrick Wildlife  et Kenya  Wildlife Service) sont disponibles sur : http://vimeo.com/unep

Les interventions enregistrées de Li Bingbing en anglais et en chinois sur le massacre illégal des éléphants et des rhinocéros peuvent être téléchargées sur : http://vimeo.com/unep

Le rapport « Elephants in the Dust » publié par le PNUE  et ses partenaires en mars 2013 est disponible sur : http://www.unep.org/pdf/RRAivory_draft7.pdf

Pour plus d'informations sur Li Bingbing et les autres Ambassadeurs de bonne volonté du PNUE voir : http://www.unep.org/gwa/ambassadors/libingbing/Ambassadeurs

Pour plus d'informations, veuillez contacter :

Nick Nuttall, Directeur de la Division de la Communication et de l'information publique au PNUE, Tél. : +254 733 632 755 / +41 795965737, E-mail : nick.nuttall@unep.org

Bryan Coll,  salle de presse PNUE, Tél. : +254 731 666 214, E-mail: unepnewsdesk@unep.org

 

 
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