Un nouveau plan de conservation pour marquer l'Année du dugong dans le Pacifique ma, mrt 14, 2011

Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), les parties à la Convention sur la conservation des espèces migratoires appartenant à la faune sauvage (CMS) et le Programme régional océanien de l'environnement (PROE) ont lancé lundi à Palau, une nouvelle initiative destinée à protéger le dugong, une espèce sous marine menacée de disparition.

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Many of the world’s remaining dugong populations are at serious risk of extinction

, , Bonn (Allemagne)/Palau, le 14 mars 2011 - Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), les parties à la Convention sur la conservation des espèces migratoires appartenant à la faune sauvage (CMS) et le Programme régional océanien de l'environnement (PROE) ont lancé lundi à Palau, une nouvelle initiative destinée à protéger le dugong, une espèce sous marine menacée de disparition.

Mise en place dans le cadre de « l'Année du dugong dans le Pacifique », il s'agit d'une initiative visant à alerter l'opinion publique et les responsables politiques et économiques sur les menaces qui pèsent sur cet animal communément appelé « vache marine ». La campagne a pour but d'améliorer les moyens de subsistance des communautés de cette île du Pacifique, afin d'empêcher la chasse du dugong ou sa capture accidentelle lors de campagnes de pêche.

Lancée par le Président du Palau, Johnson Toribiong, et son ministre des ressources naturelles, de l'environnement et du tourisme, Harry Fritz, la campagne s'adresse d'abord aux populations côtières de ce petit Etat qui abrite dans ses eaux territoriales la population de dugongs la plus réduite et la plus menacée de la région. Elle met aussi en place un cadre réglementaire pour la coopération régionale en ce qui concerne la protection à long terme des dugongs dans l'Océan Indien et le Pacifique.

Les dugongs, qui jouent un rôle écologique important dans le fonctionnement des habitats côtiers, vivent en effet essentiellement dans les eaux chaudes côtières et insulaires d'Afrique de l'Est et du Pacifique.

La Secrétaire exécutive de la Convention, Elizabeth Mrema Maruma a déclaré: «Des mesures novatrices ont été prises dans le cadre du plan d'action de la Convention. Elles aideront à protéger les dugongs ainsi que les autres espèces marines, et ce au moyen d'incitations financières dont le but est de renforcer les besoins de conservation et le développement durable au niveau communautaire."

Parallèlement à cette initiative du PNUE, deux projets pilotes sont actuellement en cours d'élaboration à Daru, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et à Bazaruto Bay, au Mozambique. L'objectif est là aussi de réduire les prises accidentelles de dugongs et de limiter l'impact de la pêche sur leurs habitats, en incitant à des changements de comportement, par exemple en fournissant des prêts ou en rémunérant des actions utiles à la protection de l'espèce, ou en modifiants les moteurs des embarcations de pêche pour éviter les dommages son écosystème.

Dans certaines régions du Pacifique, tels que le détroit de Torres entre la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l'Australie, la chasse est une activité traditionnelle et un droit des habitants locaux. Cependant, cette activité doit se faire de manière durable et des niveaux maximum doivent être convenus dans le cadre du plan d'action.

Les projets prendront donc en considération les besoins des animaux et des communautés côtières, tout en renforçant la protection du dugong, sans entraver le développement socio-économique dans la région.

La plupart des populations de dugongs restantes dans le monde (à l'exception de celles de Palau), principalement en Australie et aux Emirats arabes unis, risquent de disparaître sans une action de conservation efficace. Les principales causes de mortalité de l'espèce sont le braconnage, la surpêche, l'emprisonnement dans les filets de pêche, les collisions avec les navires et la dégradation de l'habitat.

Les filets maillants, un type de filet de pêche utilisé dans lequel les dugongs s'enchevêtrent régulièrement, sont utilisés dans près de 90% de l'habitat du dugong, ce qui menace leur survie. La réduction de la mortalité liée à ce problème reste le plus grand défi pour la conservation des herbivores et des mammifères marins. Fournir des incitatifs financiers pour encourager les pêcheurs à remplacer les filets maillants par des équipement de remplacement (comme les engins de pêche à la ligne) qui réduisent le risque de prises accidentelles est l'une des options envisagées dans les projets pilotes.

En plus de la conservation de la biodiversité et de la promotion des pratiques de pêche durables, réduire le risque de prises accidentelles permet aussi d'apporter une contribution significative au développement d'une économie verte à petite échelle.

Pour la première fois, les 18 signataires de l'accord concernant le dugong issus de la Convention sur la conservation des espèces migratoires appartenant à la faune sauvage, ont accepté de financer ces projets pilotes. Ceux-ci permettront de tester les effets des incitations économiques, dont les micro-crédits et les paiements directs, sur la conservation de la biodiversité.

Les efforts de conservation du dugong apporteront d'autres avantages puisqu'ils ont des impacts positifs sur un large éventail d'habitats, ce qui permet également la protection d'autres espèces marines côtières telles que les tortues, les baleines, les dauphins et les requins.

Au moins cinq projets seront testés dans des sites de l'océan Indien. Ils seront financés sur une période de trois ans (2011-2013) par le biais du protocole d'accord de la Convention. Des organismes communautaires, des ONG, des représentants gouvernementaux et des individus participeront à l'élaboration et à l'exécution des projets.

L'Année du dugong dans le Pacifique invite les individus, les organismes de conservation, les collectivités et les gouvernements à soutenir cette initiative unique pour la conservation du dugong. Les campagnes nationales seront menées à Palau, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, à Vanuatu, en Nouvelle-Calédonie et dans les îles Salomon.

Notes aux rédacteurs:

La Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage du PNUE (UNEP/CMS) travaille pour la conservation d'un large éventail d'espèces migratrices menacées dans le monde entier, grâce à la négociation et la mise en ?uvre d'accords et de plans d'action. La CMS est une convention dont l'importance grandit rapidement en raison de son expertise dans le domaine des espèces migratrices. À l'heure actuelle, 115 pays ont signés la Convention (www.cms.int)

Les bureaux du Secrétariat se trouvent à Abou Dhabi. Le Secrétariat de la Convention a pour objectif de mettre en ?uvre le Mémorandum sur la conservation et la gestion des dugongs et de leurs habitats. Il a été conclu en 2007 et a été signée par 18 pays: l'Australie, le Bahreïn, les Comores, l'Erythrée, la France, l'Inde, le Kenya, Madagascar, Myanmar, les Philippines, Palau, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Iles Salomon, les Seychelles, Vanuatu, les Émirats arabes unis, la Tanzanie et le Yémen.

Pour plus d'informations, veuillez contacter:

Donna Kwan, du PNUE/CMS par E-mail: dkwan@cms.int

Veronika Lenarz, du Secrétariat du PNUE/CMS, par tél: +49 (0) 228 815 2409, ou par E-mail: vlenarz@cms.int

 
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