Selon un rapport du PNUE, la Mongolie fait face à une pénurie d'eau majeure di, mrt 22, 2011

Le changement climatique et l'urbanisation galopante menacent les fragiles ressources en eau de la Mongolie, où plus de la moitié des habitants n'ont pas accès à l'eau potable. Ce sont là les conclusions d'un rapport publié aujourd'hui par l'Autorité de l'eau de la Mongolie et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

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Globally, Mongolia is one of sixty countries with limited water resources

, Une action urgente s'impose pour protéger l'approvisionnement en eau du pays

Oulan-Bator / Bangkok, le 22 mars 2011 - Le changement climatique et l'urbanisation galopante menacent les fragiles ressources en eau de la Mongolie, où plus de la moitié des habitants n'ont pas accès à l'eau potable. Ce sont là les conclusions d'un rapport publié aujourd'hui par l'Autorité de l'eau de la Mongolie et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

Selon le nouveau rapport intitulé « Urban Water Vulnerability to Climate Change in Mongolia » (en français, «Vulnérabilité des ressources en eau face au changement climatique dans les zones urbaines de Mongolie»), les températures extrêmes et les catastrophes naturelles comme les sécheresses, les inondations et les fortes chutes de neige sont de plus en plus fréquentes dans cette région. Les températures annuelles moyennes y ont augmenté de 2,1 ° C depuis les années 1940.

Toujours selon ce rapport, le climat de Mongolie va continuer à changer de façon spectaculaire au cours du siècle prochain. Les résultats et les projections de l'étude indiquent qu'il existe une probabilité élevée pour que le futur climat de la Mongolie comportent des températures plus élevées tout au long de l'année, avec plus de neige en hiver et moins de pluie en été.

"La température moyenne dans le pays a déjà augmenté de plus de deux degrés Celsius au cours de 70 dernières années. Les scénarios climatiques de l'étude suggèrent que le pays devra s'habituer à disposer de beaucoup moins d'eau dans l'avenir," commente le Dr. Z. Batbayr, Directeur adjoint de l'Autorité de l'eau en Mongolie. "Les impacts liés à cette pénurie seront étudiés par le conseil, que ce soit la dégradation de l'environnement naturel, des écosystèmes, ou de l'économie."

En Mongolie, toutes les eaux de surface sont recouvertes de glace six mois par an. L'eau des nappes phréatiques souterraines est donc la principale source d'approvisionnement des grands centres urbains et industriels et du secteur de l'élevage extensif. Or, les prévisions annoncent que changement climatique affectera les ressources d'eau souterraine à travers tout le pays.

Les effets du changement climatique ont été aggravés par l'urbanisation rapide de la région, ce qui a entraîné une réduction de la disponibilité de l'eau pour l'usage domestique et industriel.

La situation est particulièrement grave dans les grandes villes comme celle d'Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie, où près de 40 pour cent de la population totale du pays est concentrée et où la demande croissante et la pollution exercent une pression supplémentaire sur l'approvisionnement en eau, sur son assainissement et sur les autres services publics, ajoute le rapport.

Globalement, la Mongolie est l'un des soixante pays possédant des ressources en eau très limitées. La consommation totale d'eau du pays est d'environ 540 millions de m3 par an. Plus de 80 pour cent ce volume est consommé par les secteurs industriel et agricole, seul 20 pour cent est consacré à un usage domestique. 11 000 m3 d'eau sont disponibles par an pour chacun des 2,4 millions d'habitants du pays.

«Si le système de gestion de l'eau en place en Mongolie reste inchangé, le pays ne sera bientôt plus en mesure de fournir de l'eau pour sa population, et ce à cause des conséquences futures du changement climatique," explique le Dr. Young-Woo Park, le Représentant régional du PNUE pour l'Asie et le Pacifique. "Des mesures doivent être prises dès maintenant pour que la Mongolie s'adapte à son environnement en mutation, et je suis heureux que le gouvernement ait l'intention d'agir sur la base des conclusions du rapport."

À Oulan-Bator, 50 pour cent du million d'habitants que compte la capitale vivent dans des établissements informels où les services publics sont quasi inexistants. La consommation quotidienne n'est que de 5 à 10 litres d'eau par habitant et par jour, et seul une minorité d'entre eux sont connectés au réseau de distribution d'eau de la ville.

Actuellement, l'eau est pompée plus rapidement que le taux de reconditionnement de la ville, les nappes phréatiques ont par conséquent connu une baisse notable au cours des 50 dernières années.

Une grande partie des ressources en eau de la ville provient de la rivière Tuul. Selon le rapport, la dégradation continuelle de l'écosystème de cette rivière s'avérera extrêmement coûteuse en termes de services écosystèmiques, notamment en ce qui concerne le filtrage de l'eau.

Dans l'ensemble, une bonne conservation de l'écosystème de la rivière Tuul pourrait engendrer 979 millions de dollars, notamment grâce au service écosystèmiques concernant l'eau, le tourisme, l'élevage, et les produits forestiers.

Le rapport formule cinq recommandations clés adaptée au cas de la Mongolie:

1) Développer un système intégré de gestion des eaux urbaines pour le bassin de la rivière Tuul, ainsi qu'une planification et une gestion raisonnable de l'utilisation des terres pour les activités humaines.

2) Augmenter les investissements et réhabiliter les réseaux d'approvisionnement en eau existants à des fins domestiques. Cela devrait inclure la sensibilisation du public aux économies d'eau, la consolidation des installations de recyclage de l'eau, et l'amélioration de la gestion des services d'approvisionnement en eau.

3) Prendre des mesures pour réduire la vulnérabilité de la population aux phénomènes météorologiques extrêmes, tels que l'amélioration des systèmes de protection contre les inondations, l'installation d'un système d'alerte précoce, rénover et revoir les logements et les plans des installations, et enfin sensibiliser le public sur les événements météorologiques extrêmes.

4) Faire plus pour améliorer la qualité de l'eau, en particulier à travers la réhabilitation des usines de traitement des eaux usées, en particulier à Oulan-Bator. Il faut aussi appliquer systématiquement le cadre juridique en matière d'approvisionnement en eau, d'évacuation et de traitement des eaux usées. Cela devrait inclure l'introduction de pratiques de réutilisation et de recyclage des eaux usées.

Le rapport a été lancé à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau de 2011, alors que l'accent est mis sur le développement durable et sur les préparatifs de la réunion Rio +20, sur la gestion des réserves d'eau transfrontalières, sur l'assainissement et sur la pénurie d'eau.

Pour plus d'informations, veuillez contacter:

Nick Nuttall, Porte-parole et responsable des relations médias au PNUE, par Tél: +41 795965737 ou +254733632755 ou par E-mail: nick.nuttall@unep.org

Satwant Kaur, par Tél: 02 288 2127, ou par E-mail: satwant.kaur@unep.org

Notes aux éditeurs

Ces dernières années, l'exploitation des ressources naturelles a rapidement augmenté en Mongolie et de nombreuses rivières, ou des parties des rivières, sont polluées par les activités industrielles et minières. Les bassins fluviaux sont utilisés de manière intensive en raison de l'exploitation minière de l'or, de l'argent, du charbon, des pierres précieuses, de gravier et d'autres ressources naturelles.

Les mines d'or affectent la qualité de 28 rivières dans huit provinces de la Mongolie. C'est particulièrement le cas en ce qui concerne le cours supérieur de la rivière Orkhon, qui atteint la rivière Tuul en aval, ou encore de la rivière Eroo dans le bassin de la rivière Selenge. L'Orkhon, la Tuul, la Kharaa, ainsi que d'autres bassins fluviaux connaissent une pollution croissante en raison de l'urbanisation et des activités industrielles.

Les rivières mongoles sont d'origine montagneuses et leur principale source d'eau est la pluviosité. La Mongolie a environ 4100 rivières s'étendant sur une longueur totale de 67.000 km. Environ 60 pour cent des rivières se formant sur le territoire mongol, se jettent en Russie et en Chine.

 
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