L'utilisation de HFC met en péril l'objectif climatique des 2C° Mon, Nov 21, 2011

Pour garder la hausse des températures mondiales en dessous des 2 degrés Celsius tout au long du 21ème siècle, il faudra agir rapidement contre un groupe de produits chimiques de plus en plus utilisés dans la fabrication de produits tels que les climatiseurs, les réfrigérateurs, les équipements de lutte contre les incendies et les mousses isolantes.

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Photo: UNEP/GRID-Arendal

, , , Bali (Indonésie)/Nairobi, le 21 novembre 2011 - Pour garder la hausse des températures mondiales en dessous des 2 degrés Celsius tout au long du 21ème siècle, il faudra agir rapidement contre un groupe de produits chimiques de plus en plus utilisés dans la fabrication de produits tels que les climatiseurs, les réfrigérateurs, les équipements de lutte contre les incendies et les mousses isolantes.

Ces produits chimiques sont plus connus sous le nom d'hydrofluorocarbones (HFC). Ils deviennent populaires car ils permettent de remplacer les produits qui ont été interdits ou qui sont en cours d'élimination dans le cadre des mesures prises pour protéger la couche d'ozone, le bouclier atmosphérique qui filtre les rayons ultra-violets nocifs provenant du soleil.

Or, un rapport publié aujourd'hui par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) prévoit que d'ici 2050, les HFC pourraient engendrer entre 3.5 et 8.8 gigatonnes (Gt) de dioxyde de carbone (CO2). Cette quantité d'émission de gaz à effet de serre équivaut au total des émissions annuelles émises actuellement par les véhicules motorisés du monde entier (soit environ 6 à 7 Gt par an).

Achim Steiner, le Secrétaire général adjoint de l'ONU et le Directeur exécutif du PNUE, a déclaré: "Les efforts internationaux de ces deux dernières décennies pour sauver la couche d'ozone sont un exemple de réussite en matière de coopération et de collaboration entre tous les pays du monde. Les produits chimiques visés, initialement les CFC, ont été complètement retirés du marché mondial en 2010. Actuellement, les pays bloquent et éliminent progressivement les produits qui les ont remplacés, à savoir les HCFC ".

"Toutefois, un nouveau défi émerge rapidement alors que les pays agissent pour retirer les HCFC du marché, ce défi ce sont les HFC. Bien que ces «produits chimiques qui remplacent progressivement les produits de remplacement» ne causent quasiment aucun dommage à la couche d'ozone, ce sont des gaz à effet de serre puissants. La bonne nouvelle, c'est que ce nouveau rapport prouve qu'il existe des alternatives et des solutions technologiques. Si l'étude précise que l'interdiction de ces produits doit être étudiée plus en profondeur, il y a suffisamment de preuves pour que des mesures soit prises concernant les HFC les plus puissants utilisés actuellement", a-t-il ajouté.

L'utilisation des HFC est (de même que celle du CO2, du méthane et d'autres gaz), contrôlée en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies pour la lutte contre les changements climatiques et du Protocole de Kyoto.

Les mesures destinées à protéger la couche d'ozone sont, quant à elles, prises en charge par le Protocole de Montréal relatif aux substances qui appauvrissent la couche d'ozone.

"Une action coordonnée et simultanée entre ces traités peut être la clé d'une action rapide concernant les HFC. Cela permettrait à la fois de maintenir les efforts internationaux de protection de la couche d'ozone, tout en réduisant simultanément les risques d'accélération du changement climatique," a conclu Mr. Steiner.

Le nouveau rapport, intitulé « HFCs: A Critical Link in Protecting Climate and the Ozone Layer

(en français - HCF: un lien essentiel dans la protection du climat et de la couche d'ozone)», a été lancé aujourd'hui à Bali, en Indonésie, lors de la 23e réunion des Parties au Protocole de Montréal.

Il s'agit de la première partie d'une suite de trois rapports publiés par le PNUE. Ceux-ci seront lancés successivement tout au long de la semaine, dans le cadre de la conférence des Nations Unies sur le changement climatique, à Durban, en Afrique du Sud. (Cfr. Notes aux rédacteurs)

Les principales conclusions du rapport

La contribution des HFC au changement climatique équivaut actuellement à moins d'1% de tous les gaz à effet de serre.

  • Cependant, les niveaux de HFC sont en hausse puisqu'ils remplacent les HCFC-HFC-134a, le type le plus utilisé, qui a augmenté dans l'atmosphère d'environ 10% par an depuis 2006.

La consommation de HFC devrait dépasser les niveaux de 1980. Cette augmentation de la consommation est principalement due à l'augmentation de la demande dans les économies émergentes et à l'augmentation de la population mondiale (qui atteint aujourd'hui plus de sept milliards d'individus).

  • L'élimination et la réduction progressive des CFC et des HCFC depuis les années 1980, a permis de réduire les émissions de gaz à effet de serre d'environ 8 Gigatonnes de CO2 par an, tout en réduisant les dommages à la couche d'ozone. Ce succès a été un atout formidable pour la protection du climat mondial.
  • Toutefois, sans une action rapide, l'utilisation croissante des HFC pourrait engendrer une augmentation énorme des émissions annuelles de gaz à effet de serre. Cette augmentation est estimée entre 3,5 et 8,8 Gigatonnes de C02, d'ici 2050. Cela annulerait donc tous les efforts et les avantages climatiques que nous gagnés grâce à l'élimination progressive des CFC et des HCFC, depuis les années 1980.

Le rapport souligne qu'une série d'alternatives existent. Celles-ci pourraient faire en sorte que l'impact des HFC reste faible et égal aux impacts actuels.

  • Méthodes et procédés de remplacement - elles vont de la conception du bâtiment amélioré qui réduit ou évite la nécessité pour les climatiseurs à la fibre plutôt que les matériaux d'isolation en mousse.

  • Les substances qui ne sont pas des HFC: il existe déjà des alternatives commercialisées et disponibles qui vont de l'ammoniac à l'oxyde de diméthyle (pour une utilisation dans les mousses, la réfrigération et les systèmes de protection incendie).
  • Les HFC qui n'affectent pas le climat: certains HFC mettent moins de temps pour disparaitre de l'atmosphère que d'autres, soit quelques mois au lieu de plusieurs années. Certains de ces produits sont déjà utilisés, comme par exemple le HFC 1234ze dans les mousses, et le HFC-1234yf pour les climatiseurs mobiles.
  • Le rapport souligne que, avec l'aide de nouvelles technologies et des normes cohérentes, en instaurant des incitations à l'investissement et des formations pour les techniciens, les alternatives aux HFC nocifs pour le climat pourraient rapidement être adoptées.

    Notes aux rédacteurs

    Ce nouveau rapport est disponible à l'adresse suivante: http://www.unep.org/dewa/Portals/67/pdf/HFC_report.pdf

    Le 23 novembre à 11h30 GMT, le PNUE, en collaboration avec les centres de modélisation climatique, lancera un autre rapport intitulé: «Bridging the Gap: An assessment ». Ce rapport décrira comment combler l'écart entre les engagements des pays en matière de réduction des émissions de CO2 et ce qui doit réellement être fait pour garder l'augmentation des températures mondiales en dessous des 2 degrés C°, d'ici 2020

    Lieu: Centre Kohn, The Royal Society, 6-9 Carlton House Terrace, Londres SW1Y 5AG

    Le 25 novembre à 11h30 GMT, le PNUE, en collaboration avec des chercheurs, va lancer un rapport qui décrit un ensemble de 16 mesures qui permettraient de réduire le réchauffement climatique et d'éviter des millions de décès prématurés, tout en évitant les pertes de rendement des cultures. Ces mesures s'attaquent au noir de carbone, au méthane et à un certain type d'ozone. Ces substances sont connues comme des agents de forçage climatique de courtes durées.

    Lieu: Salle de conférence, The Royal Society, 6-9 Carlton House Terrace, Londres, SW1Y 5AG

    La 17e Conférence des Parties à la CCNUCC se tiendra à Durban, du 28 novembre au 9 décembre 2011. Pour plus d'informations, veuillez visiter: http://unfccc.int

    Pour de plus amples informations, veuillez contacter:

    Nick Nuttall, Directeur par intérim de la Division de la communication et de l'information publique et Porte parole du PNUE, par Tél. : +254 733 632755 ou +41 79 596 5737, ou bien par E-mail: nick.nuttall@unep.org

    Salle de Presse du PNUE, par Tél. : +254207625022, ou par E-mail: unepnewsdesk@unep.org

     
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