Les ministres africains de l'Environnement adoptent des mesures pour stimuler le développement durable Fri, Sep 14, 2012

L'Assemblée générale des Nations appelée à approuver la mise à niveau du PNUE

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Tanzanian President Jakaya Kikwete and delegates at the close of the 14th AMCEN meeting

, Arusha, Tanzanie, le 14 septembre 2012 - L'économie verte et son impact sur le développement durable en Afrique a été au coeur des débats des ministres de l'Environnement et des représentants des gouvernements de plus de quarante pays africains, réunis à Arusha, en Tanzanie, dans le cadre de la 14ème session ordinaire de la Conférence ministérielle africaine sur l'environnement (CMAE) qui a clos ses travaux vendredi.

Ils ont adopté des programmes phares et des décisions qui pourraient catalyser une nouvelle vague de développement durable sur le continent. Ils ont également convenus de rester pleinement engagés dans la mise en oeuvre des décisions contenues dans le document final de Rio +20.

A l'issue de cette quatorzième session, la première depuis la fin du sommet de Rio +20, les ministres africains ont adopté une série de programmes phares et de décisions couvrant plusieurs domaines : le développement durable dans le contexte d'une économie verte inclusive, une position commune concernant les négociations sur les changements climatiques, et le renforcement du statut du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUE), basé à Nairobi.

La Déclaration d'Arusha sur le développement durable, présentée au président tanzanien Jakaya Kikwete, souligne la nécessité pour l'Afrique de tirer parti des possibilités offertes par les résultats du Sommet Rio +20.

Celui-ci a déclaré : "La conférence reconnaît l'économie verte comme un outil important pour la réalisation du développement durable et l'éradication de la pauvreté en Afrique. Toutefois, il est nécessaire de maximiser les possibilités de transition dans un large éventail de secteurs pertinents, allant de la gestion des ressources naturelles au transport, en passant par l'écologisation des systèmes énergétiques."

Il a ajouté : "Les ministres africains ont donc décidé de mettre en place des mécanismes de soutien coordonné aux pays pour la promotion d'une économie verte. Ce mécanisme prendra notamment en compte le développement de partenariats, de stratégies nationales, la promotion de la coopération régionale et internationale et le transfert des technologies et du savoir-faire durable."

Les ministres ont convenu d'appuyer une position commune réactualisée pour assurer la participation de l'Afrique aux enjeux prioritaires, tels que les discussions sur le climat menant à la 18e Conférence des Parties à la CCNUCC, à Doha.

Les autres décisions adoptées sont :

  • Un accord visant à renforcer et à consolider l'engagement à la promotion du développement durable et d'intégrer efficacement les dimensions économiques, environnementales et sociales dans les politiques de développement local, national et régional.
  • Une réaffirmation de la nécessité de parler d'une seule voix au nom du continent et d'assurer une représentation adéquate de l'Afrique dans tous les comités mis en place pour le suivi des résultats de Rio +20.
  • L'initiation d'un partenariat pour une économie verte en Afrique. Celui-ci devra faciliter un soutien coordonné aux États membres et servira à mettre en oeuvre le partenariat mondial pour l'action sur l'économie verte comme un moyen de lutte contre la pauvreté, la création d'emplois décents et de développement durable.
  • Il a été demandé aux États membres d'utiliser le rapport du PNUE "L'avenir de l'environnement en Afrique" comme un outil pour examiner l'état de l'environnement en Afrique, et ce afin d'appuyer la prise de décisions aux niveaux national et régional.
  • Un examen du Programme-cadre décennal sur la consommation et la production durables en Afrique afin d'accélérer la mise en oeuvre des programmes.
  • Un accord pour traduire dans les faits l'Initiative de la grande ceinture verte pour le Sahara et le Sahel, qui vise à enrayer la dégradation des sols, à réduire la pauvreté et à préserver la biodiversité et la productivité des terres dans près de 20 pays traversé par la Sahara. En effet, il s'agit d'un programme phare qui représente la contribution de l'Afrique à la réalisation d'un "monde neutre en matière de dégradation des sols dans le contexte du développement durable" comme l'a recommandé la Conférence Rio +20.

L'Afrique a un rôle clé à jouer dans les négociations internationales qui pourraient assurer un meilleur avenir pour le continent, a déclaré le Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner. Il a aussi noté que le suivi de Rio +20 doit marquer un engagement renouvelé et un tournant en termes de mise en oeuvre de ce qui a déjà été convenu pour assurer le développement durable.

"Une Afrique pleinement engagée à l'Assemblée générale des Nations Unies, et au-delà, peut aider à faire en sorte que les résultats obtenus à Rio +20 ne soient pas seulement cautionnés, mais mis en pratique en vue d'améliorer les conditions de vie d'un milliard d'Africains, et de 6 milliards d'autres habitants de ce monde extraordinaire."

Les programmes phares pour la réalisation du développement durable en Afrique seront développés plus en profondeur et mis en oeuvre, en tenant compte des cadres de coopération.

Les programmes phares de la CMAE comprennent :

- Le Partenariat africain pour une économie verte

- Le Programme d'adaptation basée sur les écosystèmes pour l'Afrique

- Le Programme africain pour le développement de l'énergie durable

- Le Partenariat pour la consommation et la production durables en Afrique

- Le Programme de gestion intégrée des déchets pour l'Afrique

- L'évaluation intégrée de l'environnement pour la planification du développement durable en Afrique

- Le Programme pour la gestion durable des terres et contre la désertification en Afrique

- Pauvreté et moyens de subsistance

- Programme africain sur la biodiversité et les écosystèmes

- Le Partenariat africain pour le renforcement des capacités de transfert de technologie et le développement des compétences

En ce qui concerne le renforcement et la mise à niveau du PNUE, l'un des principaux résultats de Rio+20, les ministres ont demandé à l'Assemblée générale:

  • D'établir l'adhésion universelle au Conseil d'administration du PNUE.
  • D'assurer une augmentation des ressources financières sûre, stable et adéquate, provenant du budget ordinaire de l'ONU (à un niveau de deux pour cent du budget global), qui sera complétée par des contributions volontaires.
  • De renforcer l'engagement du PNUE dans les organes de coordination des Nations Unies clés, tout en autonomisant les efforts de l'agence pour diriger et pour formuler des stratégies sur l'environnement à l'échelle du système Nations Unies.
  • De consolider progressivement les fonctions du siège du PNUE à Nairobi, ainsi que de renforcer sa présence régionale, dans le but d'aider les pays (sur demande) à mettre en oeuvre leurs politiques nationales en matière d'environnement.

Les ministres ont également demandé des mesures supplémentaires qui vont au-delà de ce qui a été convenu au Sommet de Rio +20, y compris la mise à niveau des bureaux régionaux et la création de cinq bureaux sous-régionaux en Afrique, ainsi que l'établissement d'un organe à composition universelle connu comme l'Assemblée de l'environnement.

Mounkaila Goumandakoye, le Directeur du Bureau régional du PNUE pour l'Afrique, a déclaré que le PNUE appuiera toutes les décisions adoptées par les ministres.

"En tenant compte de la menace que le changement climatique continue à poser et en plus de la prestation de services du secrétariat, nous offrirons des conseils sur des sujets scientifiques et techniques parallèlement à l'augmentation de l'aide aux pays africains dans la mise en oeuvre des résultats de Rio +20," a-t-il dit.

"Enfin, notre collaboration avec la CMAE mettra l'accent sur le soutien programmatique en matière de conception et de mise en oeuvre des programmes qui répondent aux besoins et aux priorités des pays dans les domaines de la gestion rationnelle de l'environnement. Cela se fera en accord avec les programmes régionaux phares identifiés lors de cette session," a-t-il conclu.

Note aux rédacteurs:

Les sessions régulières de la CMAE ont lieu tous les deux ans. La 14ème conférence ministérielle a été précédée par une réunion d'experts, qui ont discuté des questions liées aux résultats de Rio +20 : les grands programmes, le renforcement du PNUE, les questions liées à la CMAE, la biodiversité, le changement climatique, etc. Le PNUE accueille le secrétariat de la CMAE.

Le texte intégral de la Déclaration d'Arusha et les décisions de l'assemblée seront postés sur le site Internet de la CMAE.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :

Nick Nuttall, directeur par intérim de la Division de la Communication et de l'Information et Porte-parole du PNUE, par Tél. : +254 20 7623084, Mobile : +254 733 632755, ou par E-mail: nick.nuttall@unep.org

Angèle Luh, Chargée d'information, Bureau régional du PNUE pour l'Afrique, par Tél. : +254 20 7624292, Mobile : +254 (0) 731 666 140, ou par E-mail : Angele.Luh @ unep.org

 
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