Un nouveau traité mondial réduit les émissions et les rejets de mercure et règlemente le mercure utilisé dans les produits, les mines et les usines do, okt 10, 2013

Le Japon parmi les premiers à signer la Convention de Minamata,

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Nobuteru Ishihara, Minister of Environment, Japan, Achim Steiner, UNEP Executive Director, Ikuo Kabashima, Governor of Kumamoto Prefecture, and Katsuaki Miyamoto, Mayor of Minamata

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Kumamoto (Japon), 10 octobre 2013 Le Japon, qui compte aujourd'hui parmi les pays les plus touchés par l'intoxication au mercure, est devenu ce jour l'un des premiers à signer une nouvelle convention internationale de portée historique, qui permettra d'éliminer à terme les émissions et les rejets de ce métal toxique dans l'air, la terre et l'eau.

La Convention de Minamata sur le mercure, accord mondial juridiquement contraignant ouvert ce jour à la signature, a été adoptée en janvier par les gouvernements.

Ce nouveau traité est la première convention mondiale sur la santé et l'environnement à voir le jour depuis près d'une décennie. Cet évènement, qui intervient alors même qu'un certain nombre de négociations multilatérales sont en butte à des difficultés et qui marque l'aboutissement de négociations qui n'auront duré que quatre ans, va donner une nouvelle impulsion à la coopération intergouvernementale dans le domaine de l'environnement.

Cet accord est d'autant plus remarquable que, malgré les effets persistants de la crise financière mondiale, beaucoup de pays sont restés prêts à engager des ressources pour lutter contre les effets nocifs du mercure.

La naissance de ce nouveau traité a été saluée lors d'une cérémonie inaugurale marquant l'ouverture de la Conférence diplomatique à Minamata, sur les lieux mêmes où, dans les années 50, un grand nombre d'habitants de la localité avaient été intoxiqués après avoir consommé des fruits de mer provenant de la baie de Minamata. Le syndrome neurologique causé par l'intoxication aigüe au mercure est depuis lors connu sous le nom de « maladie de Minamata ».

La ville de Minamata que les représentants des gouvernements ont visitée hier, durant une excursion organisée tout spécialement à partir du lieu de la Conférence, dans la ville voisine de Kumamoto, a un tout autre visage que la localité touchée par le mercure dans les années 50. Depuis lors, la ville s'est réinventée pour devenir une cité écologique, acquérant une renommée internationale pour sa multitude de programmes de recyclage et de protection de l'environnement.

La Convention de Minamata prévoit une série de réglementations et de réductions pour tout un ensemble de produits, procédés et industries qui utilisent, rejettent ou émettent du mercure. Elle aborde également la question de l'extraction primaire du mercure, son exportation et son importation, ainsi que le stockage sans danger des déchets de mercure.

L'adhésion aux principes consacrés dans le nouveau traité permettra d'identifier les populations à risques, d'intensifier les soins médicaux et d'améliorer la formation des professionnels de la santé afin qu'ils puissent détecter et traiter les symptômes de la maladie de Minamata.

Comme a pu le déclarer le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans un message dont lecture a été donnée lors de la Conférence : « La Convention de Minamata protègera les populations et relèvera le niveau de vie de millions de personnes de par le monde, en particulier de celles qui sont les plus vulnérables ». « Efforçons-nous de parvenir à l'adhésion universelle à ce nouvel instrument inestimable et avançons tous ensemble dans la voie qui fera de notre planète un lieu plus sûr, plus durable et plus salubre pour tous », a-t-il ajouté.

M. Achim Steiner, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement et Secrétaire général adjoint de l'ONU, s'est exprimé en ces termes : « Le mercure a de graves effets, tant sur la santé humaine que sur l'environnement. C'est pourquoi le PNUE s'enorgueillit d'avoir su faciliter et appuyer la négociation de ce traité au cours des quatre années écoulées, car il n'y a pas une personne au monde qui ne bénéficiera pas de ses dispositions, qu'il s'agisse des ouvriers travaillant dans les mines d'or, des femmes enceintes ou de ceux qui manipulent des déchets dans les pays en développement. »

Le lancement d'une action mondiale contre le mercure a été approuvé dans une décision historique adoptée par le Conseil d'administration du PNUE en 2009, par laquelle les gouvernements ont décidé à l'unanimité d'engager des négociations en vue d'élaborer un traité international sur le mercure qui permettrait de s'attaquer aux émissions et rejets de ce polluant, qui menace la santé de millions d'individus, depuis les enfants à naître et les nourrissons jusqu'aux mineurs du secteur informel et leurs familles.

Les effets du mercure sur le système nerveux sont connus depuis plus d'un siècle. Le chapelier fou d'Alice au pays des merveilles vivait à une époque où les chapeliers enduisaient les bords des chapeaux de ce métal liquide pour les renforcer, inhalant ce faisant des vapeurs toxiques.

D'autres effets peuvent se manifester : troubles de la fonction hépatique et thyroïdienne, irritabilité, tremblements, troubles de la vue, pertes de mémoire et problèmes cardiovasculaires.

« La signature de la Convention de Minamata sur le mercure sera décisive pour protéger durablement notre monde contre les conséquences dévastatrices du mercure sur la santé » nous dit la Directrice générale de l'OMS, Margaret Chan, qui poursuit en ajoutant que « le mercure est l'une des dix substances chimiques les plus préoccupantes pour la santé publique, car il peut se disperser et persister dans les écosystèmes sur plusieurs générations, soumettant les populations exposées à de graves problèmes de santé, y compris l'affaiblissement de leurs facultés intellectuelles. »

Au sujet de la Conférence diplomatique

Les gouvernements ont achevé avec succès leurs négociations à la cinquième session du Comité de négociation intergouvernemental chargé d'élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur le mercure, tenue à Genève du 13 au 18 janvier 2013. Le texte de la Convention de Minamata dont ils ont convenu est maintenant présenté, pour adoption et ouverture à la signature, à la Conférence de plénipotentiaires qui se déroule actuellement à l'hôtel Nikko à Kumamoto, et à Minamata (Japon), du 9 au 11 octobre 2013. 

Cette conférence diplomatique a été précédée d'une réunion intergouvernementale préparatoire, qui s'est tenue à Kumamoto les 7 et 8 octobre 2013.

Quelques faits concernant la Conférence diplomatique :

  • Plus de 1 000 participants
  • 139 gouvernements ont adopté la Convention
  • 92 gouvernements ont signé La Convention

Dispositions du traité

En adoptant la Convention de Minamata, les gouvernements se sont accordés sur un certain nombre de produits, dont la fabrication, l'importation et l'exportation seront interdites d'ici 2020. Ces produits peuvent être remplacés par d'autres, qui seront introduits à mesure que ceux qui contiennent du mercure seront éliminés. Il s'agit des produits suivants :

  • Batteries, à l'exception des piles bouton utilisées dans les dispositifs médicaux implantables
  • Commutateurs et relais
  • Certaines lampes fluorescentes compactes
  • Lampes fluorescentes à cathode froide et lampes fluorescentes à électrode extérieure
  • Savons et cosmétiques (le mercure est utilisé dans des produits visant à éclaircir la peau)
  • Certains appareils médicaux (thermomètres et tensiomètres)

Les mines d'or à petite échelle et les centrales au charbon sont les deux principales sources mondiales de pollution par le mercure. Les mineurs inhalent le mercure pendant le chauffage du métal. Le mercure rejeté dans les cours d'eau et les effluents contamine les poissons, la chaîne alimentaire et les populations en aval.

En élaborant la Convention de Minamata, les gouvernements ont convenu que chaque pays définira une stratégie visant à réduire la quantité de mercure utilisée dans les mines à petite échelle et établira un plan d'action national dans les trois ans suivant l'entrée en vigueur du traité, de manière à réduire et, si possible, éliminer le mercure.

La Convention règlemente aussi les émissions et les rejets de mercure provenant des grandes installations industrielles telles que les centrales au charbon, les chauffe-eaux industriels, les incinérateurs de déchets et les cimenteries.

Note des éditeurs

Le texte intégral de la Convention se trouve ici

Pour en savoir plus sur la Conférence diplomatique, cliquez ici

La liste des pays ayant signé la Convention est affichée, à partir du 10 octobre, sur le site suivant : www.mercuryconvention.org.

Pour en savoir plus sur les effets du mercure, cliquez ici

Contacts

Nick Nuttall, Directeur de la communication et porte-parole du PNUE.

Téléphone : +254 733 632 755. Portable : +41 79 596 5737. Mél : nick.nuttall@unep.org

Tomoko Ishii, Consultant médias, Centre international d'écotechnologie du PNUE (CIET), Osaka (Japon). Portable : +81 90 7091 8194. Téléphone : +81 6 6915 4581.

Mél : tomoko.ishii@unep.org (pour toute information en anglais ou en japonais).

Siège du PNUE : Shereen Zorba, Cheffe du Bureau de l'information du PNUE.

Téléphone : +254 713 601 259. Mél : unepnewsdesk@unep.org

Moira O'Brien-Malone, Communications PNUE. Paris.

Téléphone : +33 1 44 37 76 12 ou +33 6 82 26 93 73. Mél : moira.obrien-malone@unep.org

 
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