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Le PNUE à l’oeuvre


Le PNUE mène un large éventail d’activités pour promouvoir et faciliter le développement et l’adaptation de technologies propres. Vous trouverez ci-après un certain nombre d’exemples récents. Pour avoir plus de renseignements sur le travail que fait le PNUE dans le domaine des changements climatiques, vous pouvez consulter le site www.unep.org/unite/30Ways


Planter une graine pour protéger le climat

Le pr oblème :
L’utilisation effrénée des forêts produit environ 17 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En Afrique, les moyens de subsistance de quelques 600 millions de personnes sont assurés par les forêts et les bois. Malgré le développement rapide des transactions financières sur le carbone, il arrive souvent qu’en Afrique sub-saharienne des projets soient tout simplement ignorés à cause de l’idée fausse très répandue que le potentiel de cette région est limité.

La solution :
Le Mécanisme pour un développement propre (MDP), établi au titre du Protocole de Kyoto, permet aux pays industrialisés de recevoir des crédits carbone pour financer des projets d’atténuation et de piégeage du carbone dans des pays moins avancés. Depuis 2007, le Programme CASCADe du PNUE — Financement carbone pour l’agriculture, la sylviculture, la conservation et des mesures de lutte contre le déboisement — a ouvert aux pays africains des possibilités de participation au Mécanisme et aux marchés volontaires du carbone.

Ce qu’a fait le PNUE :
La mise en oeuvre du Programme CASCADe est assurée par le PNUE et son Centre Risoe, avec l’appui du FFE M (le Fonds français pour l’environnement mondial). Au Bénin, au Cameroun, en République démocratique du Congo, au Gabon, à Madagascar, au Mali et au Sénégal, le Programme a aidé à produire des crédits carbone en fournissant une assistance technique et une formation aux concepteurs de projets, aux communautés et aux institutions nationales concernées par les changements climatiques. Le Programme CASCADe a soutenu plus de 20 projets de reboisement communautaires, de foresterie commerciale, de construction de fours et d’installations de fumage du poisson énergétiquement efficaces ainsi que dans le domaine de la bioénergie, et il a évité le déboisement de sept pays africains.

Le succ ès :
Le succès des projets pilotes du Programme CASCADe est garant de son expansion dans d’autres pays pour renforcer encore les cadres règlementaires nationaux pour des projets de financement carbone. Le PNUE envisage la mise en place d’un programme de suivi qui soutiendra toute une gamme de projets susceptibles d’ouvrir des possibilités de participation des pays africains au MDP et aux marchés volontaires du carbone.

 



Des cartes pour un Programme REDD+ plus écologique

Le pr oblème :
La REDD+ (sur la réduction des émissions liées au déboisement et à la dégradation des forêts) est un mécanisme ayant pour objectif de donner une valeur financière au carbone emmagasiné dans les forêts, en offrant des incitations aux pays en développement pour qu’ils réduisent les émissions provenant des terres boisées et investissent dans des programmes à faible intensité de carbone afin de parvenir au développement durable. Mais l’opinion n’a pas encore vraiment pris conscience du potentiel de la REDD+, et bien souvent les pays n’ont pas les moyens d’assurer sa mise en oeuvre.

La solution :
Le Programme ONU-REDD aide notamment les pays à reconnaître le potentiel de la REDD+ et à l’exploiter avec un appui technique. L’un des principaux outils qu’il propose est la capacité de réaliser des relevés cartographiques du carbone indiquant les quantités de carbone stockées dans les écosystèmes, en mettant en évidence les zones importantes du point de vue de la diversité biologique et des services écosystémiques et les dangers pour les forêts elles-mêmes. Associée à d’autres outils d’appui à la prise de décisions, cette capacité aide les pays à élaborer des stratégies nationales de REDD+ qui optimisent le potentiel de développement qu’offrent les forêts.

Ce qu’a fait le PNUE :
Le Programme ONU-REDD est un partenariat entre la FAO , le PNUD et le PNUE ayant pour but d’aider les pays en développement à préparer et mettre en oeuvre des stratégies et mécanismes nationaux de REDD+. Dans le cadre de ce programme, le PNUE fournit un appui financier, technique et stratégique et collabore étroitement avec des spécialistes des systèmes d’information géographique des institutions nationales et provinciales de nombreux pays en développement, afin de rassembler et collationner des informations qui servent d’outils d’analyse spatiale à l’appui de l’élaboration des stratégies de REDD+.

Le succ ès :
Au niveau mondial, le Programme ONU-REDD soutient les pays dans les efforts qu’ils déploient pour intégrer des avantages multiples dans leurs stratégies de REDD+ et leurs plans de développement. Des initiatives qu’il est possible de reproduire, activités d’analyse spatiale par exemple, permettent de garantir que les forêts continuent de fournir de multiples avantages, qu’il s’agisse de moyens de subsistance ou de conservation de la biodiversité de la planète, et de servir de dépôts importants de carbone.



Protéger et évaluer les mangroves de Guinée-Bissau

Composées d’arbres, de buissons, de palmiers ou de fougères, les forêts de mangroves se sont adaptées aux eaux salées des régions tropicales. À la frontière entre terre et mer, elles jouent un rôle important pour la subsistance des communautés avoisinantes et procurent des services écosystémiques précieux, tels que la protection des littoraux contre les tempêtes et l’érosion, la stabilisation des sols en retenant les sédiments, la préservation de la qualité de l’eau, le piégeage du dioxyde de carbone, la sécurité alimentaire pour les pêches vivrières et commerciales, le miel, les matériaux de construction, la médicine traditionnelle, les revenus du tourisme. Ces services se traduisent en bénéfices économiques directs. Selon le Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature (WCMC) du PNUE , la valeur des mangroves peut atteindre 500 000 dollars par km2 par an.

D’après l’Atlas mondial des mangroves, publié en 2010 par le PNUE -WCMC, la mangrove de Guinée-Bissau s’étend sur près de 3 000 km2, soit la plus grande superficie dans la région après celle du Nigéria. Cette mangrove est essentielle pour la biodiversité puisqu’elle abrite 180 espèces d’oiseaux, 40 espèces de mammifères terrestres et 5 espèces de tortues de mer, en plus des hippopotames, des lamantins, des dauphins et des crocodiles nains. Elle est aussi essentielle pour la pêche. Les huîtres, les crabes, les crevettes et les poissons sont sources de revenus et de nourriture, et près de 70 % de la production nationale de poissons dépend des mangroves. Pourtant, les mangroves sont menacées par la surexploitation et par l’expansion agricole et urbaine.

Afin de protéger ces ressources naturelles, le Gouvernement de la Guinée-Bissau a créé un système de zones protégées couvrant 12 % de la superficie du pays. Elles englobent les riches mangroves du Parc naturel des mangroves du Rio Cacheu et le Parc national des îles d’Orango. Cependant, il était jusqu’ici difficile de préserver ces espaces protégés et de mettre un terme au braconnage et à l’exploitation forestière illégale, faute de surveillance, de personnel et d’infrastructures suffisants.

Dans le cadre du projet espagnol Lifeweb, le PNUE travaille en collaboration avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UI CN) pour améliorer la gestion de ces parcs. Il mène un travail de formation et de sensibilisation auprès des gardes-forestiers nationaux et des communautés locales de pêcheurs qui participeront à la gestion des parcs. Le PNUE s’est associé à l’UI CN pour l’achat de trois bateaux à moteur et des équipements GPS et radio indispensables pour assurer l’application des règlements dans les parcs. Les autorités locales et les ONG disposent ainsi de données satellites indiquant l’étendue actuelle et passée des mangroves et le taux de déboisement. Protéger les mangroves contre le déboisement et la surexploitation, cela signifie préserver une riche diversité biologique et d’importantes ressources halieutiques et assurer ainsi le bien-être futur des populations locales.

En plus des efforts visant à renforcer le suivi et la mise en oeuvre des projets, le PNUE s’attache à estimer la valeur économique des mangroves de Guinée-Bissau et des services écosystémiques qu’elles offrent. Ce travail mettra à la disposition des décideurs et des communautés locales les données et les justifications économiques nécessaires pour protéger ces précieuses forêts. En mesurant le piégeage du carbone dans les forêts de mangroves, il sera possible de développer des projets pour les mangroves dans le cadre de la REDD + et donc d’avoir accès à un financement carbone international pour la conservation des mangroves en Guinée-Bissau.

Gabriel Grimsditch