Questions
liées aux emplacements géographiques
12) L'augmentation du rayonnement
UV-B résultant de l'appauvrissement de la couche d'ozone est-elle
équivalente à celle qui résulterait d'un déplacement
de quelques centaines de kilomètres vers l'équateur?
Oui, mais la comparaison ne réduit
aucunement les graves effets de l'appauvrissement de la couche d'ozone,
comme auraient pu le faire penser des questions de ce genre. L'argument
est fondé sur un faux raisonnement, à savoir la comparaison
entre une perception de risque personnel et les incidences sur une population.
Un accroissement de 10% par exemple ne serait guère remarqué
chez un individu. Par contre, il n'en sera pas de même pour une population.
Dans le cas du cancer de la peau, une telle augmentation se traduirait
par 100-200 cas supplémentaires par année par million de
personnes. Les répercussions sur la santé publique seraient
donc fort notables. Toutefois, le déplacement de populations entières,
voire d'écosystèmes, est normalement rares dans la vie d'un
individu, et la comparaison n'est donc pas appropriée.
13) Les organismes
peuvent-ils s'ajuster à un environnement UV modifié?
Oui, un grand nombre d'organismes s'adaptent
en introduisant des changements physiologiques, par exemple en développant
des composés de filtrage des rayons UV et des couches supplémentaires
de tissus protecteurs. Il y a cependant des limites génétiques
aux adaptations physiologiques auxquelles un organisme peut recourir. Certains
organismes peuvent s'adapter de façon plus efficaces que d'autres.
Il est cependant possible, sur de longues périodes et plusieurs
générations, de développer de telles adaptations génétiques.
Elles seront probablement très lentes dans le cas d'organismes dotés
de durée de vie relativement longue et de population peu importante.
14) L'appauvrissement
de la couche d'ozone pose-t-il un danger quelconque dans les tropiques?
Sans doute pas. Des augmentations du rayonnement
UV-B sont peu probables dans les tropiques, car aucune évolution
notable de l'ozone stratosphérique n'y a été observée.
Par contre, si l'on considère le biosphère comme une unité
globale, les écosystèmes des tropiques peuvent subir indirectement
les effets de l'appauvrissement de la couche d'ozone à d'autres
latitudes. Si la couche d'ozone devait diminuer dans les tropiques, la
situation deviendrait fort grave en raison du niveau déjà
naturellement important du rayonnement UV-B résultant des angles
solaires élevés et du niveau relativement faible de l'ozone
stratosphérique existant.
15) Faut-il s'inquiéter
des augmentations relativement faibles du rayonnement UV-B dues à
l'appauvrissement de la couche d'ozone, alors que la variabilité
naturelle est beaucoup plus importante?
Oui. L'évolution du rayonnement UV-B
résultant de l'amincissement de la couche d'ozone est systématiquement
à la hausse. La variabilité naturelle (selon l'heure, les
conditions d'ennuagement) peut être plus marquée, mais elle
évolue dans les deux sens, c'est-à-dire à la hausse
comme à la baisse. Si les preuves de l'appauvrissement de la couche
d'ozone sont imposantes, il y a peu d'indication que la couverture nuageuse
évolue à long terme.
Un grand nombre des effets néfastes
du rayonnement UV-B sont proportionnels à l'exposition cumulative.
Ainsi, le cancer de la peau résulte de l'exposition totale accumulée
au fil des ans, par temps ensoleillé comme par temps couvert. Toute
augmentation systématique du rayonnement UV-B entraînera un
accroissement du nombre d'incidents dans la population (ainsi que les risques
personnels) indépendamment de la variabilité naturelle du
rayonnement UV-B.
16) L'exposition
au rayonnement UV augmente-t-elle avec l'altitude?
Oui. Les altitudes élevées ont
une couverture atmosphérique plus mince et une pression atmosphérique
plus faible. L'augmentation du rayonnement UV est typiquement de 5-10%
par kilomètre d'élévation, le pourcentage exact dépendant
de la longueur d'onde particulière, l'angle du soleil, la réflexion,
et autres conditions locales. Souvent, des facteurs autres que l'épaisseur
de l'atmosphère peuvent entraîner des différences encore
plus grandes dans le rayonnement UV à différentes altitudes.
La neige est courante à haute altitude et son pouvoir réfléchissant
peut également être la cause d'importantes augmentations de
l'exposition.
Les emplacements situés à
basse altitude ont tendance à avoir plus souvent de brume et une
atmosphère plus polluée qui peuvent bloquer en partie les
rayons UV.
17) La pollution
de l'air protège-t-elle contre le rayonnement UV-B?
Oui, mais le prix en est fort élevé.
La pollution de l'air est généralement peu souhaitable compte
tenu des nombreux problèmes importants qu'elle entraîne: maladies
respiratoires, irritation des yeux, endommagement de la végétation.
Bien que la plus grande partie de l'ozone atmosphérique reste dans
la stratosphère, une certaine quantité d'ozone est créé
aussi dans la troposphère par les interactions chimiques des polluants
tels que l'oxyde d'azote et les hydrocarbures. Cet ozone troposphérique
est un élément constituant du smog photochimique que l'on
trouve dans de nombreuses régions polluées. Les particules
en suspension dans l'air (fumée, poussière, aérosols
de sulfate) peuvent bloquer les rayons UV, mais ils peuvent aussi élever
la quantité de lumière dispersée (brume) et intensifier
l'exposition au rayonnement UV des surfaces latérales (visage, yeux).
Aucune valeur unique ne peut être
déterminée pour la quantité de réduction du
rayonnement UV-B en raison de la pollution, puisque les activités
polluantes sont généralement de nature locale et extrêmement
variable. Des comparaisons entre les mesures effectuées dans les
régions industrialisées de l'hémisphère nord
(ex : Europe centrale) et celles faites à des emplacements très
propres à des latitudes similaires de l'hémisphère
sud (ex : Nouvelle-Zélande) semblent indiquer que les réductions
du rayonnement UV-B dues à la pollution peuvent être importantes.
18) Les variations d'ennuagement entraînent-elles
davantage de modifications du rayonnement UV que l'appauvrissement de la
couche d'ozone?
Les tendances à long terme des types
et des quantités de nuage sont peu connues, car les observations
sont relativement trop récentes pour donner des données suffisantes
et les renseignements annuels ou à plus long terme sur les nuages
ont une variabilité trop grande. Les données disponibles
indiquent cependant que les variations dans la couverture nuageuse sont
des facteurs bien moins importants que l'appauvrissement de l'ozone
stratosphérique comme source de changements du rayonnement UV en
surface.
19) Les risques
d'exposition au rayonnement UV à la plage sont-ils moindres durant
les journées nuageuses?
Pas nécessairement. L'effet des nuages
sur le rayonnement UV est aussi varié que leurs caractéristiques.
Un ciel complètement couvert réduit effectivement le rayonnement
en surface. Normalement, des nuages clairsemés ou dispersés
permettent aussi une telle réduction, par contre les niveaux UV
à court terme ou localisés peuvent être supérieurs
au rayonnement d'un ciel clair s'il y a également un ensoleillement
direct. Les nuages ont tendance à disperser le rayonnement dans
des directions aléatoires (phénomène de dispersion),
de sorte que la protection que peut offrir un chapeau peut être supérieure
par temps ensoleillé que par temps couvert.
En outre, les gens changent de comportement
par temps nuageux. Ils ont tendance à rester dehors plus longtemps,
ou négligent l'utilisation de crèmes solaires, et finissent
par attraper des coups de soleil. De façon générale,
la quantité de rayons UV reçus par heure est moins élevée
par temps couvert que par temps clair; par contre, en prolongeant son séjour
à la plage, l'on réduit à néant tout avantage
dans ce domaine. Même s'il est complètement recouvert de nuages,
le ciel peut toujours laisser passer une quantité importante de
rayons UV-B. En principe, toute exposition au rayonnement UV-B contribue
à renforcer les risques de cancer de la peau.
Bains
de soleil
20) Les crèmes solaires protègent-elles
des effets néfastes d'un rayonnement UV-B accru?
Pas nécessairement. Les crèmes
solaires appliquées sur la peau humaine limitent la pénétration
des rayons UV et permettent donc de prévenir les coups de soleil.
C'est le rôle principal des crèmes solaires. Par contre,
leur efficacité dans la protection contre le cancer de la peau et
l'affaiblissement du système immunitaire est moins évidente.
D'ailleurs, toute efficacité éventuelle à cet égard
est éliminée par une plus longue exposition au soleil, puisque
c'est à cette fin que la crème est utilisée. Il convient
aussi de noter qu'il existe d'autres moyens de protéger la peau.
On peut par exemple éviter d'aller au soleil durant l'heure de midi
lorsque le rayonnement UV-B est à son maximum, se mettre à
l'ombre, ou se couvrir avec des vêtements et surtout des chapeaux.
21) Le bronzage
permet-il de prévenir le cancer de la peau?
Non. Rien n'indique que le bronzage contribue
à protéger contre le cancer de la peau. L'exposition aux
rayons UV qui est nécessaire pour acquérir un beau bronzage
accentue les risques de cancer. Toutefois, le fait de pouvoir bronzer facilement