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Le nouveau millénaire s'ouvre sur un mélange déroutant de promesses
et de menaces. Internet, internationalisation du commerce, progrès
inimaginables réalisés dans les sciences médicales - l'ère de l'informatique
nous touche tous.
Y
a-t-il plus passionnant et plus encourageant que la promesse d'un
monde interconnecté, un monde où toutes les nations ont accès à
la libre circulation d'idées et de produits, où le commerce électronique
crée une croissance dynamique de l'économie mondiale et où l'ignorance
et la maladie ont disparu du globe ?
Mais
malgré les bénéfices et la promesse de mondialisation, les vieux
problèmes perdurent et restent urgents. Nous sommes confrontés aux
menaces toutes proches d'inégalité résultant de la mondialisation,
de la pauvreté, de la sécurité alimentaire défaillante, du difficile
équilibre entre la démographie, les ressources et l'environnement,
du défi du développement durable et du rapport entre tous ces éléments
et l'avenir de l'humanité et de l'environnement.
La
Journée mondiale de l'environnement de cette année et son slogan,
Connectez-vous à la cybertoile de la vie, nous rappellent que la
Terre et tous ses écosystèmes complexes et interconnectés, sont
le fondement de notre vie. La Terre est notre patrimoine commun.
La richesse de la nature est une et indivisible. Elle ne connaît
ni frontières ni limites territoriales. Elle ignore la fracture
nord-sud et la distinction est-ouest. Comme au sein d'une famille,
tout élément de la nature, aussi petit soit-il, fait partie d'un
tout et contribue à l'harmonie de l'ensemble et à son fragile équilibre
général. Chaque espèce animale ou végétale, connue ou inconnue,
possède sa place, son rôle et sa fonction, méritant d'être protégée,
comme le sont tous les membres d'une famille. Une bonne intendance
en symbiose avec toute vie sur Terre, voilà le rôle à envisager
pour l'espèce humaine.
Alors
que notre vision du monde est constamment remise en question par
de nouvelles informations, et tandis que nous prenons de plus en
plus conscience des conséquences de nos actes collectifs, il devient
plus difficile d'ignorer la qualité de l'environnement qui nous
entoure. Les choix que nous faisons en matière d'alimentation, de
vêtements, d'habitation, de transport et d'éducation prennent une
importance accrue.
Les populations indigènes savaient que les relations entre les humains,
les plantes, les animaux et toutes les formes de vie étaient sacrées.
Ils vivaient au sein d'une communauté qui préservait les rapports
humains, renforçait les communications et créait des liens entre
l'homme et le monde naturel. La mondialisation n'est pas synonyme
d'uniformité. La nature nous apprend que la diversité est une condition
sine qua non de la stabilité.
Les êtres humains font partie d'une vaste toile d'espèces et de
systèmes interconnectés qui s'imbriquent étroitement les uns dans
les autres, et permettent à l'ensemble du système de continuer à
fonctionner. Il y a des limites à la croissance possible de la population
et à l'ampleur des modifications que nous pouvons apporter à notre
environnement sans provoquer des changements qui auront des répercussions
sur l'ensemble de cette toile et menaceront notre avenir.
Les remèdes technologiques et les solutions ponctuelles ne suffisent
pas. Il nous faut radicalement modifier la façon dont nous répondons
à nos besoins et réévaluer quels sont véritablement ces besoins.
En fin de compte, pour assurer la conservation et la protection
de la cybertoile de la vie, il faudra que nous nous posions quelques
questions aussi simples que fondamentales : Comment devrions-nous
vivre ? Quand sommes-nous suffisamment nantis ? A quel mode de vie
les êtres humains devraient-ils aspirer ?
Nous
devons développer la vision mondiale holistique et écologique qui
nous relie à l'ensemble de la nature - sur les plans matériel et
spirituel. Les traditions religieuses accordent une grande place
à ce lien. Notre tâche devrait consister à retrouver les doctrines
et symboles fondamentaux inscrits dans chaque tradition et à les
traduire en indications claires de comportement et de politique
gouvernementale.
Il appartient aux pouvoirs publics de protéger leurs citoyens, mais
ils ne peuvent agir seuls. Il faut que chaque citoyen participe
à la protection de l'environnement. Nous n'avons pas le choix :
il est indispensable d'agir ensemble. Nous respirons tous le même
air, nous buvons la même eau, nous travaillons et passons nos loisirs
dans le même environnement. Profitons de la Journée mondiale de
l'environnement pour rappeler à chaque citoyen, chaque communauté,
chaque entreprise et chaque industrie que « la Terre est entre nos
mains ». Ensemble, nous pouvons prendre les mesures de bon sens
qui s'imposent et nous enorgueillir de transmettre à nos enfants
et aux enfants de nos enfants un monde propre et sans danger.
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