L’eau est essentielle pour la vie. Nous en avons besoin pour
la boisson, la production d’aliments ou de courant électrique,
les transports, les processus industriels, ainsi que pour garantir
la viabilité de l’écosystème de la planète
Terre. Pourtant, non seulement cette source de vie s’amenuise
rapidement, tout en devenant de plus en plus polluée, mais
un nombre bien trop important d’individus n’y ont même
pas accès. Voilà pourquoi cette année, la Journée
mondiale de l’environnement a un message-clé : «
L’eau : deux milliards de personnes en meurent d’envie
! »
En
dépit du fait que les ressources en eau soient limitées,
nous avons doublé notre consommation au cours des cinquante
dernières années et nous n’avons pu empêcher
la dégradation de la qualité de l’eau. Dans
le même temps, la différence sidérante de consommation
d’eau entre les pays pauvres et les pays riches n’a
fait qu’augmenter. Un enfant né dans un pays industrialisé
consomme 30 à 50 fois la quantité d’eau d’un
enfant d’un pays en développement. A l’heure
actuelle, 1,2 milliards d’individus n’a pas accès
à un approvisionnement en eau salubre et près du double
n’a pas accès à un système d’assainissement
élémentaire.
Le
défi est énorme. Pour réaliser les Objectifs
du Millénaire pour le Développement (OMD) et le Plan
d’application de Johannesburg, adopté l’an dernier
lors du Sommet mondial sur le développement durable, dont
l’un des buts est de diminuer de moitié, d’ici
à 2015, le nombre d’individus n’ayant pas accès
à l’eau potable et à un système d’assainissement
adéquat, il faudra relier chaque jour quelque 200 000 personnes
à l’eau potable et 400 000 à un meilleur système
d’assainissement.
Cela
demande trois choses : d’abord, des mécanismes financiers
innovants, pour garantir l’indispensable multiplication par
deux des flux financiers affectés à l’eau et
l’assainissement en direction des pays en développement.
Il s’agit de passer de la somme actuelle de 10 milliards de
dollars US par an à environ 20 milliards par an. En deuxième
lieu, une bien meilleure gouvernance de ressources en eau trop rares,
centrée sur des stratégies de gestion holistiques
et intégrées qui tiendront compte de priorités
allant de l’eau de boisson au développement agricole
et industriel. Et en troisième lieu, l’intention claire
de renforcer les capacités là où c’est
le plus nécessaire : en collaborant directement avec les
communautés locales, et les femmes en particulier, pour qu’elles
puissent élaborer et mettre en œuvre leurs propres solutions.
Le PNUD s’engage à aider les pays en développement
à relever ces trois défis et ainsi les aider à
réaliser les OMD. Comme preuve de l'appui du Programme des
Nations Unies pour le développement aux activités
locales visant à atteindre les objectifs mondiaux en matière
de développement, cette année, la Journée mondiale
de l'environnement marque également l'appel de mises en candidatures
pour le prix Equateur 2004, un prix international notoire qui reconnaît
les activités locales extraordinaires pour réduire
la pauvreté tout en protégeant l'environnement.
Mark Malloch Brown
Administrateur
du Programme des Nations Unies pour le Développement
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