Pixabay
14 Jan 2021 Communiqué de presse Climate Action

Il faut intensifier l’adaptation aux changements climatiques ou faire face à de graves dommages humains et économiques, indique un rapport…

  • Près des trois quarts des nations ont mis en place des plans d’adaptation aux changements climatiques, cependant le financement et la mise en œuvre sont loin d'être suffisants
  • Les coûts annuels de l’adaptation dans les pays en développement sont estimés à 70 milliards de dollars. Ce chiffre devrait atteindre entre 140 et 300 milliards de dollars en 2030 et entre 280 et 500 milliards de dollars en 2050. 
  • Les solutions fondées sur la nature, essentielles pour l’adaptation aux changements climatiques, doivent faire l’objet d'une plus grande attention

Nairobi, 14 janvier 2021 – Alors que les températures augmentent et que les effets des changements climatiques se multiplient, les nations doivent de toute urgence intensifier leurs actions pour s’adapter à la nouvelle réalité climatique à moins de faire face à d’importants coûts, dommages et pertes, indique un nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

L’adaptation aux changements climatiques consiste à réduire la vulnérabilité des pays et des communautés aux changements climatiques en augmentant leur capacité à en absorber les effets, c’est un pilier essentiel de l’Accord de Paris sur les changements climatiques. L’Accord de Paris exige de ses signataires qu’ils mettent en œuvre des mesures d’adaptation aux changements climatiques au moyen de plans nationaux, de systèmes d’information sur le climat, d’alertes précoces, de mesures de protection et d’investissements dans un avenir vert.

Le rapport 2020 du PNUE sur l'écart entre les besoins et les perspectives en matière d’adaptation aux changements climatiques constate que si les nations ont progressé dans leur planification, d’énormes manquements subsistent en matière de financement pour les pays en développement et faire en sorte que les projets d’adaptation aux changements climatiques apportent une réelle protection contre les conséquences des changements climatiques telles que les sécheresses, les inondations et l'élévation du niveau de la mer.

Les financements publics et privés pour l’adaptation aux changements climatiques doivent être renforcés de toute urgence et mis en œuvre plus rapidement. Les solutions fondées sur la nature, des actions appropriées au niveau local qui répondent aux défis sociétaux, tels que les changements climatiques, et apportent des avantages en termes de bien-être humain et de biodiversité en protégeant, en gérant de manière durable et en restaurant les écosystèmes naturels ou modifies, doivent également devenir une priorité.

« La triste vérité, c’est que les changements climatiques sont à nos portes », a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE. « Leurs conséquences seront de plus en plus importantes et toucheront les pays et les communautés vulnérables de manière disproportionnée, même si nous parvenons à atteindre les objectifs de l'Accord de Paris de maintenir le réchauffement climatique au cours de ce siècle bien en-deçà de 2°C et de viser 1,5°C. »

« Comme l'a affirmé le Secrétaire général des Nations unies, un engagement mondial est nécessaire pour consacrer la moitié de l'ensemble des financements mondiaux pour le climat à l'adaptation aux changements climatiques au cours de l'année prochaine », a-t-elle ajouté. « Cela permettra de faire un grand pas en avant en matière d'adaptation aux changements climatiques, dans tous les domaines, des systèmes d'alerte précoce aux solutions basées sur la nature, en passant par la résilience des ressources en eau ».

La planification des activités d’adaptation aux changements climatiques se développe, mais le financement et le suivi sont à la traîne

La conclusion la plus encourageante du rapport est que 72 % des pays ont adopté au moins un instrument de planification des activités d’adaptation aux changements climatiques au plan national. La plupart des pays en développement préparent des plans d'adaptation aux changements climatiques nationaux. Toutefois, les fonds nécessaires à la mise en œuvre de ces plans n’augmentent pas assez rapidement.

Le rythme du financement de l'adaptation augmente effectivement, mais il continue à être dépassé par l'augmentation rapide des coûts d'adaptation. Les coûts annuels de l'adaptation dans les pays en développement sont estimés à 70 milliards de dollars. Ce chiffre devrait atteindre 140 à 300 milliards de dollars en 2030 et 280 à 500 milliards de dollars en 2050.

Quelques développements encourageants sont à noter. Le Fonds vert pour le climat (FVC) a alloué 40 % de son portefeuille total à l'adaptation aux changements climatiques et attire de plus en plus d'investissements du secteur privé. Une autre évolution importante consiste à renforcer la dynamique en vue de garantir un système financier durable. Toutefois, il est nécessaire d'accroître le financement public et privé de l'adaptation aux changements climatiques. De nouveaux outils tels que les critères d'investissement durable, les principes de divulgation liés au climat et l'intégration des risques climatiques dans les décisions d'investissement peuvent stimuler les investissements dans la résilience climatique.

La mise en œuvre de mesures d’adaptation aux changements climatiques se développe également. Depuis 2006 : près de 400 projets d'adaptation aux changements climatiques financés par des fonds multilatéraux au service de l'accord de Paris ont été mis en œuvre dans les pays en développement. Alors que les projets antérieurs dépassaient rarement 10 millions de dollars des États-Unis, 21 nouveaux projets depuis 2017 ont atteint une valeur de plus de 25 millions de dollars. Toutefois, sur plus de 1 700 initiatives d'adaptation étudiées, seuls 3 % avaient déjà fait état de réductions réelles des risques climatiques encourus par les communautés dans lesquelles les projets étaient mis en œuvre.

Les solutions d'adaptation aux changements climatiques fondées sur la nature peuvent apporter une contribution énorme

Le rapport met l'accent sur les solutions basées sur la nature en tant qu'options peu coûteuses pour réduire les risques climatiques, restaurer et protéger la biodiversité et apporter des avantages aux communautés et aux économies.

Une analyse de quatre grands fonds pour le climat et le développement : le Fonds pour l'environnement mondial, le Fonds mondial pour la nature, le Fonds d'adaptation et l'Initiative internationale sur le climat, suggère que le soutien aux initiatives vertes comportant un élément de solutions basées sur la nature a augmenté au cours des deux dernières décennies. L'investissement cumulé pour les projets d'atténuation et d'adaptation au changement climatique dans le cadre des quatre fonds s'est élevé à 94 milliards de dollars. Cependant, seuls 12 milliards de dollars des États-Unis ont été dépensés pour des solutions basées sur la nature, ce qui ne représente qu'une infime partie du financement total pour l'adaptation et la conservation.

Renforcer les mesures

Selon le rapport, la réduction des émissions de gaz à effet de serre permettra de diminuer les conséquences et les coûts liés aux changements climatiques. Atteindre l'objectif de 2°C de l'Accord de Paris pourrait limiter les pertes de croissance annuelle jusqu'à 1,6 %, contre 2,2 % pour la trajectoire de 3°C.

Toutes les nations doivent poursuivre les efforts décrits dans le rapport 2020 du PNUE sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions, qui incite à une reprise verte à la suite de la pandémie et à une mise à jour des contributions nationales déterminées au niveau national (CDN) qui incluent de nouveaux engagements à zéro émissions nettes. Cependant, le monde doit également planifier, financer et mettre en œuvre l'adaptation aux changements climatiques pour soutenir les nations les moins responsables des changements climatiques mais les plus menacées.

Alors que la pandémie de COVID-19 devrait affecter la capacité des pays à s'adapter aux changements climatiques, investir dans l'adaptation est une décision économique judicieuse.

À L’ATTENTION DES RÉDACTEURS

À propos du Programme des Nations unies pour l'environnement

Le PNUE est le principal porte-parole mondial en matière d'environnement. L’organisation joue un rôle de chef de file et encourage les partenariats pour assurer la protection de l'environnement en encourageant, en informant et en permettant aux nations et aux peuples d'améliorer leur qualité de vie sans compromettre celle des générations futures.

Pour plus d'informations, veuillez contacter :

Keisha Rukikaire, responsable de l’information et des médias, PNUE, +254 722 677747