- La dégradation de l’environnement entraîne des millions de décès et coûte des milliers de milliards de dollars chaque année
- Le maintien du statu quo entraînera des impacts encore plus importants, menaçant la prospérité nationale
- Le rapport sur l’avenir de l’environnement mondial souligne que la transformation de cinq systèmes clés pourrait générer chaque année des gains d’au moins 20 000 milliards de dollars US
Nairobi, 9 décembre 2025 – L'évaluation la plus complète jamais réalisée de l'environnement mondial a révélé qu'investir dans un climat stable, une nature et des terres saines, ainsi qu'une planète sans pollution, peut générer des milliers de milliards de dollars de PIB supplémentaires, éviter des millions de décès et sortir des centaines de millions de personnes de la pauvreté et de la faim.
La septième édition du rapport sur l’avenir de l’environnement mondial : Un avenir que nous choisissons (GEO-7), publiée lors de la septième session de l'Assemblée des Nations Unies pour l'environnement à Nairobi, est le fruit du travail de 287 scientifiques multidisciplinaires issus de 82 pays.
Le rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) constate que les changements climatiques, la perte de biodiversité, la dégradation des terres, la désertification ainsi que la pollution et les déchets ont eu des conséquences lourdes sur la planète, les populations et les économies – coûtant déjà des milliers de milliards de dollars chaque année. Poursuivre les voies de développement actuelles ne fera qu'intensifier ces conséquences.
Cependant, des approches impliquant l'ensemble de la société et de tous les gouvernements pour transformer les systèmes économiques et financiers, les matériaux et déchets, l'énergie, l'alimentation et l'environnement pourraient générer des bénéfices macroéconomiques mondiaux pouvant atteindre 20 000 milliards de dollars US par an d'ici à 2070, avec une croissance continue par la suite.
Un facteur clé de cette approche consiste à s'éloigner du PIB pour se tourner vers des indicateurs qui prennent également en compte le capital humain et naturel – incitant ainsi les économies à évoluer vers la circularité, la décarbonisation du système énergétique, l'agriculture durable, la restauration des écosystèmes, et bien plus encore.
« Le rapport sur l’avenir de l’environnement mondial présente un choix simple à l’humanité : continuer sur la voie d’un avenir dévasté par les changements climatiques, le déclin de la nature, la dégradation des terres et la pollution de l’air, ou changer de direction pour garantir une planète saine, des populations en bonne santé et des économies prospères. En réalité, il n’y a pas vraiment de choix », a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.
« Et n’oublions pas que le monde a déjà accompli de grands progrès : des accords mondiaux sur les changements climatiques, la nature, les terres et la biodiversité, ainsi que sur la pollution et les déchets, jusqu’aux changements concrets dans l’industrie en plein essor des énergies renouvelables, la couverture mondiale des zones protégées et l'élimination progressive des produits chimiques toxiques », a-t-elle ajouté. « J’exhorte toutes les nations à s’appuyer sur ces progrès, à investir dans la santé planétaire et à orienter leurs économies vers un avenir prospère et durable. »
Une meilleure voie
Le rapport présente deux voies de transformation : l’une reposant sur des changements de comportement visant à réduire l’importance accordée à la consommation matérielle, et l’autre sur des changements où le monde s’appuie principalement sur le développement technologique et les gains d’efficacité.
Les voies de transformation prévoient que les bénéfices macroéconomiques mondiaux commenceront à apparaître en 2050, atteindront 20 000 milliards de dollars US par an d’ici à 2070, puis pourraient atteindre 100 000 milliards de dollars US par an. Elles projettent également une réduction de l’exposition aux risques climatiques, une diminution de la perte de biodiversité d’ici à 2030 et une augmentation des surfaces de terres naturelles.
Neuf millions de décès prématurés peuvent être évités d’ici à 2050, grâce à des mesures telles que la réduction de la pollution de l’air. D’ici à 2050, près de 200 millions de personnes pourraient sortir de la sous-alimentation et plus de 100 millions de personnes de l’extrême pauvreté.
Pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 et garantir un financement adéquat pour la conservation et la restauration de la biodiversité, un investissement annuel d’environ 8 000 milliards de dollars US sera nécessaire jusqu’en 2050. Cependant, le coût de l’inaction est bien plus élevé.
Des transformations radicales nécessaires
Suivre les voies de transformation nécessiterait des changements radicaux dans cinq domaines clés. Le rapport présente les mesures recommandées pour chaque domaine, notamment :
- Économie et finance : aller au-delà du PIB en adoptant des indicateurs de richesse inclusifs et complets ; évaluer les externalités positives et négatives afin de valoriser correctement les biens ; et éliminer progressivement, puis réorienter les subventions, taxes et incitations qui ont des impacts négatifs sur la nature.
- Matériaux et déchets : mettre en œuvre une conception circulaire des produits, renforcer la transparence et la traçabilité des produits, composants et matériaux ; réorienter les investissements vers des modèles économiques circulaires et régénératifs ; et faire évoluer les modes de consommation vers la circularité en changeant les mentalités.
- Énergie : décarboner l’approvisionnement énergétique ; accroître l’efficacité énergétique ; soutenir la durabilité sociale et environnementale des chaînes de valeur des minéraux critiques ; et améliorer l’accès à l’énergie et lutter contre la précarité énergétique.
- Systèmes alimentaires : adopter des régimes alimentaires sains et durables ; améliorer la circularité et l'efficacité de la production ; et réduire les pertes et gaspillages alimentaires.
- Environnement: accélérer la conservation et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes ; soutenir l’adaptation aux changements climatiques et la résilience, en s’appuyant sur les solutions fondées sur la nature ; et mettre en œuvre des stratégies d’atténuation climatique.
Le rapport appelle à un co-développement et à une mise en œuvre conjointe de ces solutions. Prendre en compte la diversité des systèmes de connaissances, en particulier les savoirs autochtones et locaux, est essentiel pour garantir des transitions justes qui répondent à la fois aux impératifs de durabilité environnementale et au bien-être humain.
Le rapport exhorte les gouvernements, les organisations non gouvernementales et multilatérales, le secteur privé, la société civile, le milieu universitaire, les organisations professionnelles, le grand public et les peuples autochtones à reconnaître l’urgence des crises environnementales mondiales, à s’appuyer sur les progrès réalisés ces dernières décennies, et à collaborer à la co-conception et à la mise en œuvre de politiques, stratégies et actions intégrées pour garantir un avenir meilleur pour tous.
Dégradation croissante
S’appuyant sur de multiples sources, le rapport expose également en détail les conséquences actuelles et futures des modèles de développement fondés sur le maintien du statu quo.
Les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté en moyenne de 1,5 % par an depuis 1990, atteignant un nouveau record en 2024 – ce qui augmente les températures mondiales et intensifie les impacts climatiques. Le coût des événements météorologiques extrêmes attribués aux changements climatiques au cours des 20 dernières années est estimé à 143 milliards de dollars US par an.
Entre 20 % et 40 % des terres émergées dans le monde seraient dégradées, affectant plus de trois milliards de personnes, tandis qu’un million des huit millions d’espèces estimées sont menacées d’extinction.
Chaque année, neuf millions de décès sont attribuables à certaines formes de pollution. Le coût économique des dommages à la santé liés à la pollution de l’air seule était d’environ 8 100 milliards de dollars US en 2019 – soit environ 6,1 % du PIB mondial.
L’état de l’environnement se détériorera dramatiquement si le monde continue de faire fonctionner les économies selon un scénario de maintien du statu quo. Sans action, le réchauffement moyen mondial devrait dépasser 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels au début des années 2030, dépasser 2,0 °C dans les années 2040 et continuer à augmenter. Sur cette trajectoire, les changements climatiques réduiraient le PIB mondial annuel de 4 % d’ici à 2050 et de 20 % d’ici la fin du siècle.
La dégradation des terres devrait se poursuivre au rythme actuel, le monde perdant chaque année une superficie de terres fertiles et productives équivalente à celle de la Colombie ou de l’Éthiopie – alors même que les changements climatiques pourraient réduire de 3,4 % la disponibilité alimentaire par personne d’ici à 2050.
Les 8 milliards de tonnes de déchets plastiques qui polluent la planète continueront de s’accumuler, aggravant les pertes économiques liées à la santé — estimées à 1 500 milliards de dollars US par an — imputables à l’exposition aux produits chimiques toxiques contenus dans les plastiques.
NOTES AUX RÉDACTEURS
À propos de la méthodologie de modélisation GEO-7
La méthodologie des voies de transformation GEO-7 élabore de nouveaux scénarios pour illustrer des transformations alternatives des cinq systèmes, et utilise une série de modèles pour quantifier ces scénarios ainsi que les tendances actuelles.
Ces modèles couvrent les éléments clés des cinq systèmes, les crises environnementales mondiales et leurs objectifs associés, ainsi que leurs implications environnementales et socio-économiques. Ils sont interconnectés afin de prendre en compte les interdépendances critiques et les rétroactions entre les différents modèles. Les résultats sont comparés aux bases de données de scénarios établies et à la littérature existante afin de traiter l’incertitude et d’assurer la cohérence avec la communauté des scénarios au sens large. Bien que cette méthodologie fournisse des informations précieuses, elle présente des limites en termes de portée des scénarios, de couverture des enjeux et de niveau d’agrégation.
Ces scénarios reposent sur un cadre incluant des modèles bien établis et validés, largement utilisés par d’autres évaluations environnementales mondiales, notamment celles produites par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) et le Groupe international d’experts sur les ressources (IRP).
À propos du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE)
Le PNUE est le principal porte-parole mondial en matière d'environnement. Il joue un rôle de chef de file et encourage les partenariats pour la protection de l'environnement en inspirant, en informant et en permettant aux nations et aux peuples d'améliorer leur qualité de vie sans compromettre celle des générations futures.
Pour plus d'informations, veuillez contacter :
Unité des nouvelles et des médias, Programme des Nations Unies pour l'environnement


