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14 Oct 2025 Communiqué de presse Forêts

Tripler les investissements dans les forêts d'ici à 2030 pour en tirer de multiples bénéfices, selon l'ONU

Nairobi, le 14 octobre 2025 – Deux rapports publiés aujourd'hui par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) constatent que les forêts tropicales les plus menacées de disparition sont également les plus vitales pour les populations. Les investissements annuels dans les forêts devront tripler d'ici à 2030, être multipliés par six d'ici à 2050 et s'orienter vers la protection des forêts à haut risque. 

« Les forêts ne sont pas seulement des réservoirs de carbone ou des habitats pour la faune sauvage – elles constituent l’infrastructure de nos systèmes mondiaux d’alimentation, d’eau et d’économie », a déclaré Inger Andersen, Directrice exécutive du PNUE.
« Ne pas investir dans la protection des forêts tropicales revient à sous-estimer leur véritable valeur, en particulier dans les pays qui doivent quotidiennement faire face à des compromis extrêmement complexes entre développement et conservation. »

« Forêts à haut risque, rendements de grande valeur »

Le rapport intitulé « Forêts à haut risque, rendements de grande valeur : une évaluation des co-bénéfices à l’intention des décideurs » quantifie les nombreux avantages liés à la protection de 391 millions d’hectares de forêts tropicales à haut risque. Il révèle que ces forêts, qui couvrent une superficie équivalente à celle de l'Union européenne, génèrent des rendements exceptionnels pour la société : 

  • Régulation de l’eau : Ces forêts empêchent chaque année le déversement de 2,3 millions de tonnes de polluants azotés et de 527 millions de tonnes de sédiments dans les rivières, protégeant ainsi l’eau potable, les réservoirs, les infrastructures hydroélectriques et les systèmes d’irrigation. En recyclant entre 10 et 14 % des précipitations régionales, elles contribuent à maintenir les régimes de pluie et les débits fluviaux, garantissant un approvisionnement en eau fiable.
  • Sécurité alimentaire : Elles soutiennent les pollinisateurs — abeilles, oiseaux et disséminateurs de graines — qui assurent les rendements agricoles nécessaires à la couverture des besoins nutritionnels de 10 millions de personnes par an.
  • Énergie et moyens de subsistance : Elles fournissent des ressources naturelles essentielles à 25 millions de personnes à faible revenu, qui en dépendent pour la cuisson, le chauffage et un revenu d’appoint.
  • Résilience face aux catastrophes : Agissant comme des barrières naturelles face aux phénomènes météorologiques extrêmes, ces forêts permettent d’éviter jusqu’à 81 milliards de dollars de pertes économiques liées aux catastrophes, chaque année.

Le rapport souligne également la nécessité de concilier les efforts de conservation avec un développement équitable, en prenant en compte les impacts socio-économiques sur les communautés locales. Il appelle les gouvernements et les investisseurs à orienter les financements vers les forêts les plus menacées.

L'état du financement des forêts

Un autre nouveau rapport du PNUE, intitulé « 2025 – L’état du financement des forêts : Débloquer. Libérer. Réaliser le potentiel des forêts nécessite de tripler les investissements d'ici à 2030 », identifie pour la première fois l'ampleur du déficit de financement qui freine la gestion durable des forêts, et ce malgré les engagements pris dans le cadre d’accords internationaux tels que les Conventions de Riol’Accord de Paris et le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.  

Les principales conclusions du rapport sur l'état du financement des forêts sont les suivantes : 
 
Financement annuel actuel (2023) : 84 milliards de dollars américains au total

  • 75 milliards de dollars provenant de sources publiques nationales (88 %)
  • 3 milliards de dollars provenant de sources publiques internationales (3 %)
  • 7,5 milliards de dollars provenant de financements privés (9 %)

Financement annuel requis provenant de sources publiques et privées :

  • 300 milliards de dollars d'ici à 2030
  • 498 milliards de dollars d'ici à 2050

Le rapport révèle un déficit annuel de financement forestier de 216 milliards de dollars américains, correspondant à l’écart entre les flux financiers actuels et les investissements requis pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de forêts d’ici à 2030. Il avertit que les capitaux actuellement consacrés à la conservation, à la restauration et à l’utilisation durable des forêts sont non seulement insuffisants, mais aussi mal orientés.

De plus, les incitations perverses éclipsent les investissements positifs : les subventions agricoles potentiellement nocives pour l'environnement dépassent 400 milliards de dollars américains par an, contribuant à la perte de 2,2 millions d'hectares de forêt chaque année, soit une superficie plus de 30 fois supérieure à celle de Nairobi, ville hôte du siège du PNUE.

Le rapport souligne qu’il est urgent de concilier développement économique et protection des forêts. Cela nécessite de rediriger les flux financiers loin des activités liées à la déforestation, et de réaligner les incitations fiscales et politiques sur les objectifs de sécurité alimentaire et de durabilité.

Par ailleurs, bien que des centaines d’entreprises aient pris l’engagement de parvenir à zéro déforestation d’ici à 2030, les investissements dans des chaînes d’approvisionnement durables restent très limités.

Le rapport identifie des sources de financement potentielles pour combler le déficit et recommande de faire de la protection des forêts une priorité, en raison de sa rentabilité élevée. Comparée à la restauration des forêts ou à d’autres activités favorables aux écosystèmes forestiers, la protection des forêts ne nécessite que 32 milliards de dollars supplémentaires par an d’ici à 2030, alors qu'elle représente 80 % de la superficie totale des terres requises.

Le PNUE s'est engagé à intégrer l'action forestière dans les plans nationaux, y compris les stratégies d'atténuation et d'adaptation aux changements climatiques, à encourager l'intendance des forêts par les communautés locales et à travailler avec les gouvernements, les entreprises et les institutions financières pour combler le déficit d'investissement forestier et réorienter les capitaux des activités liées à la déforestation.  
   

NOTES À L’ATTENTION DES RÉDACTEURS

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