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07 Oct 2022 Récit Nature Action

Quatre façons dont la crise planétaire affecte notre santé mentale

Alors que le monde est aux prises avec la triple crise planétaire du changement climatique, de la perte de la nature et de la biodiversité, et de la pollution et des déchets, les conséquences de ces crises sur la santé mentale sont de plus en plus préoccupantes.

Des études récentes du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et de ses partenaires montrent que le changement climatique, la pollution sonore, atmosphérique et chimique, affectent le bien-être mental des personnes.

"Un environnement sain n'est pas seulement un ingrédient clé de la santé et du bien-être humains, mais c'est également un des fondements de l'initiative Une Seule Santé, puisque la santé des humains, des animaux, des plantes, de l'environnement au sens large et des écosystèmes est étroitement liée et interdépendante", explique Cristina Zucca, qui coordonne les travaux sur la pollution, l'environnement et la santé au sein du PNUE. "Il faut donc agir au niveau individuel et au niveau politique pour créer un environnement sain qui favorise la santé mentale.

À l'approche de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, nous nous penchons sur quatre questions clés affectant la santé mentale et sur la manière dont nous pouvons nous tourner vers la nature et l'action climatique pour trouver des solutions.

Pollution sonore

Scooters in Bangkok
Photo : Wikimedia

Le rapport Frontières 2022 du PNUE démontre que l'expansion des villes provoque une exposition prolongée à des niveaux de bruit élevés provenant des routes, des chemins de fer, des aéroports et de l'industrie nuit à la santé mentale des gens en perturbant leur sommeil.

Les estimations suggèrent que 22 millions de personnes souffrent de nuisances sonores chroniques et que 6,5 millions sont affectées par des troubles du sommeil en Europe. Les personnes âgées, les femmes enceintes et les travailleurs postés sont les plus exposés.

L'étude met en évidence des moyens naturels d'améliorer la santé mentale et d'atténuer les effets néfastes de la pollution sonore, tels que la plantation de végétation dans les environnements urbains pour absorber l'énergie acoustique, diffuser le bruit et réduire l'effet d'amplification par les rues.

Les ceintures d'arbres, les arbustes, les murs verts et les toits verts peuvent avoir des effets visuels positifs et contribuer à amplifier les sons naturels en attirant la faune urbaine. Certains sons, en particulier ceux en provenance de la nature, sont bénéfiques pour la santé car ils peuvent signaler un environnement sans danger qui a pour effet la réduction de l'anxiété.

Pollution de l'air

Pollution from an industrial plant
Photo : Unsplash/Chris LeBoutillier

99% de la population mondiale respire un air dont les niveaux de toxicité dépassent les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et l'on estime à sept millions (en anglais) le nombre de personnes qui meurent prématurément des causes de la pollution de l'air.

Selon l'OMS, la qualité de l'air figure parmi les nombreux déterminants environnementaux, sociaux et économiques de la santé mentale. La recherche montre également que des niveaux élevés de particules fines inhalables (PM 2,5) peuvent également entraver le développement cognitif des enfants. Le rapport Danger in the Air (non traduit) de l'UNICEF montre que l'exposition à des niveaux élevés de pollution atmosphérique peut entraîner des problèmes psychologiques et comportementaux plus tard dans l'enfance, notamment des troubles déficitaires de l'attention avec hyperactivité (TDAH), de l'anxiété et de la dépression.

La plateforme d'action BreatheLife, fruit d'un partenariat entre l'OMS, le PNUE, la Coalition pour le climat et la qualité de l'air (CCAC) et la Banque mondiale, présente plusieurs solutions locales que les gouvernements peuvent mettre en œuvre pour lutter contre la pollution atmosphérique dans les villes et ainsi avoir des citoyens en meilleure santé.

Celles-ci mettent l'accent sur la mobilité électrique, la marche et le vélo, ainsi que sur d'autres options à faible émission de carbone permettant aux pays et aux villes de réduire la pollution atmosphérique, d'atténuer le changement climatique et de créer des espaces verts. La campagne souligne également l'importance de s'attaquer à la pollution atmosphérique provenant de l'industrie, des transports, de la gestion des déchets, des ménages et de l'agriculture, et d'améliorer la gestion de la qualité de l'air en adoptant et en respectant de bonnes normes de qualité de l'air. Bien que des progrès aient été accomplis, les recherches du PNUE montrent qu'il reste encore beaucoup à faire. Le 7 septembre a déclaré Journée internationale de l'air pur pour des ciels bleus par l'Assemblée générale des Nations unies afin de souligner l'importance de la lutte contre la pollution atmosphérique, de mettre en lumière les progrès accomplis et de donner un élan à l'action mondiale.

Pollution chimique

Chemical pollution from pesticides
Photo : Unsplash/Arjun MJ

Bien que les produits chimiques et les déchets contribuent largement aux économies mondiales, une gestion rationnelle est essentielle pour éviter les risques pour la santé humaine et les écosystèmes, ainsi que les coûts substantiels pour les économies nationales.

La recherche montre qu'environ un enfant sur trois (en anglais) a du plomb dans le sang à des niveaux qui peuvent être associés à une baisse de l'intelligence, à des troubles du comportement et à des problèmes d'apprentissage.

Le PNUE travaille en étroite collaboration avec ses partenaires afin d'élaborer des solutions générales pour la gestion rationnelle des produits chimiques et des déchets. Le mois dernier, les États membres, les représentants de l'industrie, les universités, les ONG et les groupes de jeunes se sont mis d'accord sur une vision de l'approche stratégique et de la gestion rationnelle des produits chimiques et des déchets au-delà de 2020, afin de contribuer à la protection de la santé humaine et de la planète.

Changement climatique

A tree in a very dry environment
Photo : Pixabay/Cocoparisienne

A recent Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) pointed to the expected rise in mental health impacts due to exposure to high temperatures, extreme weather events and climate-related economic and social losses, as well as anxiety and distress associated with concerns about the climate crisis.

Un rapport récent du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a souligné l'augmentation attendue des effets sur la santé mentale (en anglais) dus à l'exposition à des températures élevées, à des phénomènes météorologiques extrêmes et à des pertes économiques et sociales liées au climat, ainsi qu'à l'anxiété et à la détresse associées aux inquiétudes suscitées par la crise climatique.

L'OMS a confirmé cette tendance, notant que le changement climatique a des effets plus importants et plus durables sur le bien-être mental des personnes. Un rapport publié récemment montre que des cas de dépression, d'anxiété et de stress ont été signalés à la suite d'événements météorologiques extrêmes.

Le rapport appelle les gouvernements à réagir plus rapidement à la crise climatique, notamment en s'attaquant à ses effets sur la santé mentale et le bien-être psychosocial.

 

Le PNUE est en première ligne pour soutenir l'objectif de l'Accord de Paris de maintenir l'augmentation de la température mondiale bien en dessous de 2°C et de viser 1,5°C, par rapport aux niveaux préindustriels. Pour ce faire, le PNUE a élaboré une feuille de route présentant des solutions s'appliquant à six secteurs visant à réduire les émissions dans tous les secteurs, conformément aux engagements de l'Accord de Paris et en vue de la stabilité climatique. Les six secteurs sont l'énergie, l'industrie, l'agriculture et l'alimentation, les forêts et l'utilisation des terres, les transports et les bâtiments et villes. La Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP27) de novembre 2022 se concentrera sur l'adaptation, le financement et une transition juste - et vous pouvez faire votre part en agissant dès maintenant sur votre propre consommation ou en prenant la parole pour faire part de vos préoccupations.