Nairobi, le 18 juillet 2025 – À l’occasion d’un rassemblement historique marquant le 40ᵉ anniversaire de l’AMCEN (Conférence ministérielle africaine sur l’environnement), les chefs d’État africains, les ministres de l’Environnement et les partenaires mondiaux se sont réunis à Nairobi, sous les auspices de la présidence libyenne, pour adopter une Déclaration politique de haut niveau. Cette déclaration marquante réaffirme la détermination collective de l'Afrique à relever les défis environnementaux croissants – des changements climatiques et de la perte de biodiversité à la pollution et à la dégradation des terres – tout en célébrant quatre décennies de leadership continental en matière de gouvernance environnementale.
La déclaration a donné le ton d’un avenir fondé sur la durabilité, la résilience et un développement inclusif, porteur de transformation. Plus de 1 500 délégués – parmi lesquels des ministres de l’Environnement des 54 pays africains, des représentants de la société civile, du secteur privé, de la jeunesse et des partenaires au développement – ont participé à cette conférence d’une semaine.
« La Conférence ministérielle africaine sur l’environnement doit rester à l’avant-garde de la construction de “l’Afrique que nous voulons”, grâce à un leadership audacieux, visionnaire et orienté vers l’action. Le Kenya est fier de faire ce chemin à vos côtés, en plaidant pour une équité environnementale qui reconnaît nos besoins et nos réalités particulières en matière de développement. Ne nous contentons pas de parler d’une seule voix, agissons avec une même détermination. Les quarante prochaines années doivent être celles de la mise en œuvre, non de la délibération », a-t-il ajouté.
Plus tôt dans la semaine, mercredi, le président Ruto a effectué une visite non annoncée pour rencontrer les délégués de l’AMCEN, réaffirmant l’engagement du Kenya en faveur du leadership environnemental et appelant à une plus grande unité africaine dans la lutte contre les changements climatiques.
Les ministres ont adopté la Déclaration de Tripoli sur l'action environnementale en Afrique, une feuille de route ambitieuse et prospective qui définit les principales priorités pour la période 2025-2027. La Déclaration appelle à une action régionale urgente face à la sécheresse, à la perte de biodiversité, à la pollution plastique et chimique, ainsi qu’à l’intégration des approches d’économie circulaire et d’économie bleue, fondées sur la science, la coopération et l’équité environnementale. Le texte final de la Déclaration de Tripoli devrait être prêt d’ici un mois.
S.E.M. Moses Vilakati, Commissaire à l’agriculture, au développement rural, à l’économie bleue et à l’environnement durable de la Commission de l’Union africaine (CUA), a évoqué l’héritage durable de l’AMCEN :
« Alors que nous célébrons les 40 ans de l’AMCEN, nous reconnaissons son rôle dans le fait d’avoir aidé l’Afrique à parler d’une seule voix et à élaborer des politiques. Au fil des ans, l’AMCEN a renforcé notre engagement commun en faveur de la résilience et du développement durable. Mais à l’heure où nous célébrons cet anniversaire, nous devons également nous tourner vers l’avenir. Le chemin est long, et nous devons faire face aux réalités et aux défis que nous connaissons trop bien : la croissance démographique rapide, la militarisation des ressources naturelles et les changements climatiques. Nous devons combler les lacunes en matière de coordination entre l’AMCEN et d’autres organes. Le parcours de l’AMCEN est loin d’être achevé. En réalité, il ne fait que commencer. »
La Déclaration politique de haut niveau a réaffirmé le rôle de l’AMCEN en tant que principal forum de l’Afrique en matière d’environnement. Elle a réitéré l’importance d’un financement stable et prévisible pour le Fonds d’affectation spéciale de l’AMCEN et le Fonds pour l’environnement du PNUE, et a appelé à la tenue d’un forum régional multipartite sur la gestion des produits chimiques et des déchets. Elle a également souligné la nécessité de lutter contre les changements climatiques par la mise en œuvre de plans d’action nationaux et régionaux, et a appelé à l’adoption d’un protocole juridiquement contraignant sur la sécheresse dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CLD). Elle a par ailleurs réaffirmé le rejet de la géo-ingénierie solaire. Les ministres ont également adopté la Stratégie africaine pour la gouvernance des océans et appelé à l’élaboration de stratégies nationales en faveur de l’économie bleue. Ils ont mis en place un groupe africain de négociateurs sur les océans et les zones humides, exhorté à la ratification de l’accord BBNJ (Biodiversité au-delà de la juridiction nationale), et prolongé la Décennie africaine des mers et des océans (2026–2035). Enfin, ils ont réaffirmé leur engagement en faveur de la conservation de la biodiversité et de la mise en œuvre du Cadre de Kunming-Montréal.
Les ministres ont salué la création de deux nouveaux groupes africains de négociateurs sur les océans et les zones humides. Ils ont également soutenu Nairobi en tant qu’hôte du Groupe intergouvernemental d’experts sur les substances chimiques, les déchets et la pollution, renforçant ainsi la visibilité de l’Afrique dans la gouvernance environnementale mondiale. La Déclaration a entériné la tenue de la prochaine session de l’AMCEN sous la forme d’une réunion conjointe avec les ministres africains des Finances, afin d’articuler les impératifs environnementaux avec la planification économique et budgétaire.
Le président sortant de l’AMCEN, le Dr Fitsum Assefa Adela, ministre de la Planification et du Développement de l’Éthiopie, a souligné la nécessité pour l’AMCEN de passer du dialogue à l’action : « Cette étape importante marque non seulement la fin d’un chapitre, mais aussi le début d’une phase plus ambitieuse. L’AMCEN doit désormais devenir une plateforme d’actions transformatrices, et non plus seulement de déclarations. »
Le président entrant de l’AMCEN, S.E. Dr Ibrahim A. Munir, ministre de l’Environnement de l’État de Libye, s’est engagé à maintenir et à accélérer l’agenda de mise en œuvre de l’AMCEN : « La Libye est honorée d’accueillir cette 20ᵉ session et d’assumer la présidence de l’AMCEN à un moment aussi crucial. Nous devons désormais passer des engagements aux résultats concrets, dans tous les secteurs et toutes les régions. »
Elizabeth Maruma Mrema, directrice exécutive adjointe du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), a salué le rôle constant de l’AMCEN dans le façonnement de l’avenir environnemental de l’Afrique : « Le PNUE est prêt à fournir un appui technique et politique pour aider à transformer ces dialogues essentiels en actions concrètes là où l’impact est le plus nécessaire. C’est pourquoi le thème de l'UNEA-7, qui se tiendra ici à Nairobi en décembre, est “Advancing sustainable solutions for a resilient planet” (Faire progresser des solutions durables pour une planète résiliente). »
De la réflexion à l’action
La session a été précédée d’une réunion consultative régionale des Grands groupes et parties prenantes (MGS), tenue du 10 au 13 juillet. Les voix de la société civile, des peuples autochtones, des femmes, des jeunes et du monde universitaire ont été intégrées dans la déclaration, qui a mis l’accent sur la cohérence des politiques, les systèmes de données environnementales et la planification intégrée entre les ministères de l’Environnement et des Finances.
David Munene, facilitateur régional des grands groupes et parties prenantes d’Afrique, a exhorté les ministres à maintenir la dynamique au-delà de Nairobi :
« Au-delà d’aujourd’hui, l’AMCEN doit faire preuve d’audace pour atteindre ses objectifs environnementaux, en renforçant le lien entre la coordination et la mise en œuvre en Afrique. » Il a également invité l’AMCEN à renforcer le rôle des MGS Afrique, de la société civile et du monde universitaire, dans une approche inclusive, intégrant les jeunes et l’égalité des genres. Les grands groupes et parties prenantes d’Afrique ont appelé à stopper et inverser en urgence la perte de biodiversité, à instaurer un instrument juridiquement contraignant couvrant l’ensemble du cycle de vie des plastiques, à éliminer la pollution au mercure, à définir un objectif mondial ambitieux en matière d’adaptation – assorti d’indicateurs clairs et des moyens de mise en œuvre nécessaires – ainsi qu’à garantir une participation pleine, effective et significative des parties prenantes.
Le rapport du 40e anniversaire de l’AMCEN a été dévoilé pour rendre hommage à l’héritage de la Conférence, notamment la création de la Convention de Bamako et la voix collective de l’Afrique dans les négociations mondiales, y compris l’Accord de Paris, la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CDB), ainsi que les futures Conférences des Parties (COP).
Forte d’un nouvel élan, d’un appui politique solide et d’une action concertée, l’AMCEN entame sa cinquième décennie résolument engagée en faveur d’un avenir juste, vert et résilient pour l’Afrique.
De plus amples informations sont disponibles sur le site web de l’AMCEN.
Notes aux rédacteurs
À propos de l’AMCEN
La Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (AMCEN) fixe les priorités environnementales de l’Afrique. Créée en 1985, elle réunit les gouvernements africains, les institutions et les partenaires au développement afin d’élaborer des politiques visant à répondre aux défis environnementaux les plus urgents du continent.
La Conférence a pour mandat de promouvoir l’harmonisation et la coordination des programmes et politiques environnementaux en Afrique, de faciliter la consolidation du consensus africain sur les enjeux environnementaux mondiaux, et de renforcer la participation de l’Afrique au dialogue et à l’action mondiaux en faveur du développement durable.
L’AMCEN tient ses sessions ordinaires tous les deux ans, et des sessions extraordinaires peuvent être convoquées entre-temps si nécessaire. Le secrétariat de la Conférence est assuré par le directeur exécutif du PNUE, via le Bureau régional pour l’Afrique.
À propos du PNUE
Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) est la principale autorité mondiale en matière d’environnement. Il définit l’agenda environnemental mondial, promeut une mise en œuvre cohérente de la dimension environnementale du développement durable au sein du système des Nations Unies, et agit en tant que porte-parole reconnu de l’environnement mondial.
Pour toute question concernant l’AMCEN, veuillez contacter :
Allan Meso
Coordonnateur, Secrétariat de l’AMCEN
Courriel : unep-amcen@un.org


