Credit: AFP/Christina Aldehuela
14 Nov 2025 Récit Climate Action

Six ans après une campagne intensive de reboisement, les pays africains récoltent les fruits du reverdissement

Credit: AFP/Christina Aldehuela

Niché entre les montagnes émeraude de la région des Plateaux au Togo, Atakpamé, une ville de 80 000 habitants, est connue comme la « ville aux sept collines ». Célèbre pour ses forêts luxuriantes de tecks, de bananiers et d’acajous, la région est également devenue un point chaud de la déforestation alarmante du Togo – le pays a perdu près de 49 000 hectares de forêts entre 1985 et 2013.    

La situation a commencé à changer en 2019, lorsque les habitants d’Atakpamé, avec le soutien du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et un financement du Service forestier coréen, ont commencé à planter de nouveaux arbres afin de sauver les fragiles écosystèmes montagneux de la région. 

« Quand vous regardez nos montagnes aujourd’hui, vous voyez qu’elles sont plus sombres à cause des arbres – elles sont devenues plus belles. Les animaux sauvages sont revenus et nous avons de meilleures pluies », explique Mensah Agouti, un habitant d’Atakpamé qui participe au projet depuis 2019. Pour Agouti et sa communauté, la forêt n’est pas seulement un élément distinctif du paysage régional – leurs moyens de subsistance en dépendent directement. 

Le Togo fait partie des sept pays africains ayant bénéficié du projet dirigé par le PNUE, qui a permis de restaurer 949 hectares de terres dégradées, de renforcer la biodiversité et d’aider les communautés locales à générer des revenus durables grâce au soutien financier du Service forestier de Corée.   

« Les forêts sont vitales pour les communautés à travers l’Afrique », déclare Patricia Kameri-Mbote, cheffe de la Division juridique du PNUE. « Planter des arbres et restaurer la biodiversité ne protège pas seulement l’environnement naturel : cela contribue également à augmenter la production agricole et à sécuriser les moyens de subsistance. L’un de nos objectifs était de garantir que les populations puissent compter sur une source de revenus durable. » 

Entre 2010 et 2020, le continent africain a enregistré le taux de déforestation le plus élevé au monde, avec environ 3,9 millions d'hectares de forêts disparaissant chaque année. Cette perte a entraîné des conséquences sociales, économiques et environnementales pour les communautés africaines, qui dépendent des écosystèmes pour le bois de chauffe, la nourriture, les médicaments et leurs revenus.

À travers le continent, la déforestation a aggravé les changements climatiques, les forêts jouant un rôle crucial dans le maintien de régimes de précipitations stables et prévisibles. Dans le Sahel, une région semi-aride bordant le désert du Sahara, ces réalités sont particulièrement frappantes.   

Au Niger, par exemple, la perte de forêts a entraîné des périodes de sécheresse plus longues, une hausse des températures et une aggravation de l’insécurité alimentaire. Les sécheresses sont devenues plus fréquentes, et les communautés les plus défavorisées économiquement paient le prix le plus élevé.

Les dures réalités économiques sont souvent un facteur de déforestation en Afrique. De nombreuses communautés vulnérables considèrent l’exploitation forestière illégale comme leur seule source de revenus, sans mesurer l’impact négatif à long terme que la déforestation aura sur leur sécurité économique.  

Au Ghana, le projet a permis de préserver 40 hectares de cocotiers et de nouvelles plantations, ce qui a favorisé l’augmentation des récoltes. Au Niger, les agriculteurs ont bénéficié d’un soutien pour améliorer la production de moringa et d’oignons – deux cultures précieuses sur les marchés locaux et internationaux.   

Outre le soutien aux économies locales, les arbres contribuent à améliorer la santé et la qualité de vie des populations. Cinquante hectares de la ceinture verte de la capitale nigérienne, Niamey, ont été restaurés grâce au projet du PNUE. Cet effort a permis de stabiliser les sols et de freiner l’avancée du désert. il est également crucial pour améliorer la qualité de l’air et réduire la chaleur.  

Pour contrer la rareté de l’eau dans les zones touchées par la déforestation, les communautés participant au projet utilisent des eaux usées traitées pour irriguer les semis et reverdir les terres asséchées. 

« La participation active des communautés leur a permis de s’approprier leurs ressources environnementales et de créer des opportunités économiques pour un avenir plus durable. Nous sommes fiers de ce qu’elles ont accompli », déclare Patricia Kameri-Mbote.  

Profitant des opportunités offertes par le projet, les communautés du Togo ont replanté 120 hectares de forêts et installé des clôtures pour protéger les jeunes arbres contre les feux de brousse et les animaux errants. Elles ont également restauré 49 hectares de terres dégradées. Ces efforts se sont révélés déterminants pour améliorer significativement la qualité des sols, renforcer leur conservation et accroître la biodiversité, offrant un espoir pour un avenir plus vert et prospère.   

« Je n’arrête pas de dire aux gens que nous devons continuer à replanter notre forêt et à la protéger », explique Agouti. « Ce projet nous a beaucoup aidés. Maintenant, je rencontre des animaux que je n’avais pas vus depuis très longtemps. Nous redécouvrons notre forêt et nous pouvons apprendre à nos enfants à vivre en harmonie avec elle. »