Credit: Fabian Burghardt / Unsplash
16 Feb 2026 Récit Nature Action

Année lunaire du Cheval : quatre leçons environnementales que nous pouvons apprendre des équidés

Credit: Fabian Burghardt / Unsplash

Le mardi 17 février 2026, près de 2 milliards de personnes célébreront le début d’une nouvelle année lunaire. Le calendrier lunaire associe chaque année à l’un des 12 animaux du zodiaque, et 2026 marque le passage de l’Année du Serpent — un héros de la biodiversité — à celle du Cheval.

Les chevaux ont discrètement façonné leur environnement pendant plus de 50 millions d'années et ont accompagné le développement humain au cours des quatre derniers millénaires. Chaque mois de juillet, ces créatures sont honorées lors de la Journée mondiale du cheval. Cette année est également l'Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux, qui reconnaît certains types de communautés et d'écosystèmes qui ont été soutenus de manière cruciale par les chevaux. 

Bien qu’il ne reste plus qu’une seule espèce de cheval véritablement sauvage (et en très petit nombre), l’importance des chevaux sauvages et d’autres grands herbivores pour le maintien et la restauration des écosystèmes est indéniable. Les autres chevaux en liberté (sauvages) et domestiques jouent également un rôle important. Lorsqu'ils sont gérés de manière durable et traités de manière éthique, ils continuent de contribuer aux sociétés et aux écosystèmes à travers le monde.

À l'aube de l'Année du Cheval, nous portons notre attention sur les chevaux ainsi que sur d'autres espèces équines — des ânes aux zèbres — qui jouent un rôle important dans la santé de notre planète.

Voici quatre leçons d’action environnementale que nous pouvons apprendre des chevaux.

  1. Les chevaux sont des ingénieurs des écosystèmes

Les prairies, les zones arbustives et les savanes comptent parmi les écosystèmes les moins protégés et les plus sous-estimés de la planète. Elles sont menacées par la dégradation, l’exploitation non durable et les changements climatiques. Une gestion appropriée des grands herbivores, comme les chevaux, peut contribuer à rétablir l’équilibre. 

Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) soutient des projets qui réintroduisent des chevaux sauvages dans ces écosystèmes fragiles. L'un d'eux est l’Altyn Dala Initiative au Kazakhstan, reconnue comme projet phare de restauration mondiale dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes. 

Après des décennies de perte de biodiversité, l'écosystème d'Altyn Dala – qui se traduit littéralement par « steppe dorée » – était devenu vulnérable aux incendies de forêt, car les herbes poussaient trop haut et s’enflammaient plus facilement sous l’effet des changements climatiques. L’initiative s’attaque à ce problème en réintroduisant un trio de grands herbivores : l’antilope saïga, le kulan (âne sauvage) et le cheval de Przewalski — un cheval sauvage rare originaire d’Asie centrale. Ces chevaux avaient disparu des plaines du Kazakhstan pendant plus de 200 ans et sont aujourd’hui en cours de réensauvagement grâce à un partenariat avec des zoos européens.

In addition to wild horses, kulan – wild asses – are now also returning to keep the Kazakh steppe in balance.
Outre les chevaux sauvages, les kulans — ânes sauvages — reviennent eux aussi pour contribuer à l’équilibre de la steppe kazakhe. Crédit : Société zoologique de Francfort.

  1. Les chevaux améliorent l'environnement pour d'autres espèces — lorsqu’ils sont gérés de manière durable

Les actions des chevaux au sein des écosystèmes les rendent souvent plus accueillants pour d’autres espèces. 

Partout dans le monde, on a observé des chevaux creuser des puits jusqu'à deux mètres de profondeur pour chercher de l'eau, dont profitent ensuite de nombreuses autres espèces. Les chevaux en liberté sont connus pour contribuer à la dispersion des graines et soutenir les cycles nutritifs des sols. Par leur pâturage, ils maintiennent des espaces ouverts qui attirent ensuite une grande diversité d’insectes, d’oiseaux et de plantes.

Cependant, lorsque trop de chevaux pâturent sur un même territoire, la pression peut devenir insoutenable. Pour améliorer la santé des troupeaux et éviter le surpâturage, le Programme Vanishing Treasures du PNUE met en place des stations de vaccination et d’identification sur le terrain en Asie centrale. Cela aide à prévenir la propagation des maladies à d'autres animaux et permet d’assurer une meilleure gestion des troupeaux afin d’éviter la dégradation des pâturages et la désertification. Entre juin 2022 et juin 2024, plus de 6 500 chevaux ont été identifiés et 120 vaccinés rien qu'au Kirghizistan. 

Horse herds, when managed sustainably, are beneficial to local soils and wildlife.
Les troupeaux de chevaux, lorsqu'ils sont gérés de manière durable, sont bénéfiques pour les sols et la faune sauvage. Crédit : Valdimir Vujeva / Unsplash 

  1. Les chevaux incarnent la résilience en action 

Même dans le monde hyperconnecté d’aujourd’hui, les chevaux domestiques font toujours partie de la vie quotidienne dans de nombreuses régions. Ils permettent d’atteindre des zones reculées inaccessibles aux voitures, de rassembler le bétail sur de vastes pâturages et constituent, dans certaines régions, une source alimentaire traditionnelle. En Mongolie, les 3,3 millions d’habitants dépendent encore largement des 3,4 millions de chevaux du pays.  

Les chevaux incarnent la résilience. Ce sont des travailleurs robustes, capables de s’adapter à des conditions climatiques extrêmes et de parcourir des terrains accidentés. Au Kirghizistan montagneux, le PNUE soutient le gouvernement dans la mise en place d’un corridor écologique de montagne, la plus grande aire protégée du pays à ce jour. Les chevaux sont utilisés par les gardes forestiers pour surveiller ce corridor, ainsi que pour des randonnées équestres qui soutiennent l’économie de l’écotourisme. 

Parallèlement, dans les Andes en Amérique latine, les communautés utilisent des chevaux pour des cérémonies de plantation massive d'arbres dans le but de restaurer les forêts d'altitude de la région.

A community in Ecuador using horses for mass tree planting in high altitudes.
Une communauté en Équateur utilisant des chevaux pour la plantation massive d’arbres en haute altitude. Crédit : Todd Brown / UNEP   
 
  1. Les chevaux sont plus forts ensemble

Les chevaux ne sont pas dotés de crocs acérés ni de puissantes pattes. Leur arme secrète, c’est qu’ils restent unis et trouvent la sécurité dans le nombre. Ce comportement les aide à rester vigilants et à s’alerter mutuellement de l’approche de prédateurs. Face au danger, les troupeaux se déplacent en groupe. On a observé des zèbres former des cercles protecteurs lorsqu'ils sont attaqués par des lions, plaçant les poulains au centre et tournés vers l'intérieur, tout en donnant des coups de sabots vers l'extérieur.  

« Ayant passé une grande partie de ma vie entourée de chevaux, j’ai pu constater de près leur résilience et leur esprit de collaboration », a déclaré Susan Gardner, directrice de la Division des écosystèmes du PNUE. « C'est exactement l'esprit dont nous avons besoin en cette année lunaire du Cheval pour relever les défis environnementaux qui nous attendent et accélérer la transition vers un monde où les populations et la nature peuvent prospérer ensemble. »

Zebra herds protect their weakest members, like young foals.
Les troupeaux de zèbres protègent leurs membres les plus vulnérables, comme les jeunes poulains. Crédit : Nathan Gubler, Unsplash

 

À propos de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes  

L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé la période 2021–2030 Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes. Dirigée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, avec le soutien de partenaires, cette initiative vise à prévenir, stopper et inverser la perte et la dégradation des écosystèmes dans le monde entier. Elle ambitionne de restaurer des milliards d’hectares, qu’il s’agisse d’écosystèmes terrestres ou aquatiques. Véritable appel mondial à l’action, la Décennie rassemble soutien politique, recherche scientifique et ressources financières afin d’accélérer massivement les efforts de restauration.