Credit: Unsplash/Vince Gx
06 Mar 2026 Récit Climate Action

Une lumière qui guide : comment l’énergie solaire offre une bouée de sauvetage aux villages asiatiques sujets aux pannes d’électricité

Credit: Unsplash/Vince Gx

Comme beaucoup d’habitants du village de Tabon, dans le centre des Philippines, Analyn Fedelis gagne sa vie en pêchant la nuit. C’est à ce moment-là que de nombreux poissons remontent à la surface et sont plus faciles à attraper. Des lampes puissantes permettent de les attirer vers le bateau. Pendant des années, cependant, les coupures de courant ont rendu ces sorties nocturnes difficiles.

« Il ne se passe pas un jour sans [coupure de courant] », explique Fedelis. « Nous comptons sur la lumière pour attraper du poisson. S'il n'y a pas de lumière, il n'y a pas de prise, et il n'y aura donc rien à vendre. » 

Analyn Fedelis in her boat with solar lights and radio.
Analyn Fedelis dans son bateau avec des lampes solaires et une radio. Crédit : Kimberly dela Cruz / PNUE

Mais depuis près d’un an, Fedelis dispose d’une protection contre les coupures : un petit panneau solaire. L’appareil alimente plusieurs lampes qu’elle garde sur son bateau, ainsi que quelques appareils électroniques domestiques. Ce dispositif est particulièrement précieux pendant la saison des typhons, lorsque les vents violents et les fortes pluies endommagent souvent le réseau électrique local.

Fedelis fait partie d’un nombre croissant de femmes en Asie du Sud-Est qui se tournent vers des systèmes solaires à petite échelle pour alimenter leurs bateaux de pêche, leurs exploitations agricoles et leurs foyers.

Pour des milliers de personnes, le soleil est devenu une alternative bienvenue aux réseaux électriques nationaux, qui sont dans de nombreuses régions irréguliers et sujets aux pannes.  

Sumarni in East Lombok, Indonesia, with her chilies.
Sumarni à Lombok Est, en Indonésie, avec ses piments. Crédit : Nyimas Laula / UNEP

L'une de ces femmes est Sumarni, productrice de piments sur l’île indonésienne de Lombok. Avec l'aide du Programme EmPower, une initiative conjointe du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et d’ONU Femmes, elle a récemment acquis un séchoir solaire pour les produits agricoles. Comme de nombreux Indonésiens, elle n’a qu’un seul prénom. Cet appareil lui permet de cultiver des piments pendant la saison des pluies en Indonésie, lorsque l’humidité ferait normalement flétrir et gâcher les récoltes avant leur mise sur le marché.  

Women participate in a chili powder making workshop in East Lombok, Indonesia, September 10, 2025.
Des femmes participent à un atelier de fabrication de poudre de piment à Lombok Est, en Indonésie, le 10 septembre 2025. Crédit : Nyimas Laula / UNEP

« Lorsque nous avons découvert les séchoirs solaires, j’étais vraiment enthousiasmée », raconte Sumarni. « Les résultats étaient excellents. Même avec moins de soleil, les piments séchaient correctement et ne pourrissaient pas. »

En Asie du Sud-Est, la précarité énergétique est particulièrement marquée dans le secteur informel, où les femmes constituent la majorité de la main-d’œuvre, selon un rapport du Programme des Nations Unies pour le développement. Le manque d’énergie fiable oblige beaucoup à travailler plus longtemps et les expose à des risques sanitaires et économiques accrus

Analyn Fedelis and her grandchild Zafirah inside their home in Tabon Batan in the Philippines.
Analyn Fedelis et sa petite-fille Zafirah à l’intérieur de leur maison à Tabon Batan, Philippines. Crédit : Kimberly dela Cruz / PNUE

Les appareils fonctionnant à l’énergie solaire sont depuis longtemps considérés comme une solution potentielle à ce problème. Pourtant, pour de nombreuses femmes rurales, le coût reste un obstacle majeur à l’accès à une énergie propre. « Si l’argent n’était pas un problème, tout le monde ici voudrait un séchoir solaire », explique Sumarni. 

Le programme EmPower intervient en Asie et dans le Pacifique pour élargir l’accès des femmes à l’énergie propre et à d’autres solutions climatiques. En proposant formations, petites subventions et prêts à faible taux d’intérêt, le programme aide les femmes à surmonter les obstacles financiers et à adopter des technologies solaires qui renforcent leurs moyens de subsistance et leur résilience face aux impacts climatiques. À ce jour, le programme a mobilisé plus de 48 millions de dollars US, impliqué 225 partenaires, formé plus de 4 000 décideurs et influencé l’action dans 24 pays. 

Analyn Fedelis and two others sort through through their catch.
Analyn Fedelis et deux autres trient leur pêche. Crédit : Kimberly dela Cruz / PNUE

Dans le district de Bay-ang aux Philippines, Maridita Rufin, éleveuse de porcs, a opté pour l’énergie solaire. Un petit système domestique alimente les incubateurs pour ses porcelets, ainsi que quelques appareils ménagers, notamment des lampes, un ventilateur et une radio. Elle explique que même lorsque les lignes électriques tombent en panne – un phénomène courant pendant la saison des typhons – elle et sa famille continuent leur vie sans attendre anxieusement que le réseau soit réparé.

Maridita Rufin with one of her “babies” inside her hogfarm.
Maridita Rufin avec l’un de ses « bébés » dans son élevage de porcs. Crédit : Kimberly dela Cruz / PNUE


À propos d'EmPower

Mis en œuvre conjointement par ONU Femmes et le PNUE, avec le soutien des gouvernements d’Allemagne, de Nouvelle-Zélande, de Suède et de Suisse, le programme Des femmes pour des sociétés résilientes au climat (EmPower) vise à renforcer l'égalité des sexes et les droits humains dans les actions liées aux changements climatiques et aux risques de catastrophes en Asie et dans le Pacifique. 
 
Cette histoire a été publiée à l’occasion de la Journée internationale des femmes 2026, dirigée par ONU Femmes, qui portait cette année sur le thème : « Droits. Justice. Action. »