Début décembre, des représentants des 193 États Membres des Nations Unies se réuniront à Nairobi, au Kenya, pour la septième session de l'Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (UNEA-7).
Organe décisionnel mondial le plus élevé en matière d'environnement, l’Assemblée vise à rassembler les pays afin de faire face au déclin du monde naturel et de construire un avenir plus durable. Cette année, la réunion devrait donner lieu à des discussions sur des sujets allant de la lutte contre les incendies de forêt à l’impact environnemental de l’intelligence artificielle.
Mais l’UNEA-7 se tient à un moment difficile pour le multilatéralisme, alors que les tensions géopolitiques et économiques mettent à l’épreuve des alliances de longue date.
Pour mieux comprendre comment cela pourrait affecter l'UNEA-7 et pourquoi cette édition revêt une importance particulière, nous nous sommes entretenus avec Radhika Ochalik, directrice du Bureau des affaires de gouvernance du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Voici quelques extraits édités de cette conversation.
Peut-être devrions-nous commencer par la question que tout le monde se pose. Comment pensez-vous que la montée des tensions internationales affectera l'UNEA-7 ?
Radhika Ochalik (RO) : Il est vrai que nous traversons une période difficile pour le multilatéralisme. Mais les pays ont depuis longtemps démontré qu’ils pouvaient mettre de côté leurs différences et faire ce qu'il y a de mieux pour les populations et la planète. C’est d’ailleurs un thème récurrent depuis la première édition de l’UNEA en 2014. Au cours des onze dernières années — malgré les conflits, les tensions commerciales et une pandémie mondiale — l'Assemblée a remporté d'importantes victoires pour l'environnement. Je m’attends à ce qu’il en soit de même cette année.
Le thème de l'UNEA-7 met l'accent sur la durabilité et la résilience. Pourquoi ?
RO : La planète subit une pression croissante. Les émissions de gaz à effet de serre atteignent des niveaux records et les températures mondiales grimpent en flèche. Près d’un million d’espèces sont au bord de l’extinction. La dégradation des sols, la déforestation et la sécheresse affectent des centaines de millions de personnes. Et les contaminants, des microplastiques aux « polluants éternels », se déversent dans l'environnement… et en nous.
Lorsque la planète est sous pression, les populations le sont aussi, en termes d'augmentation des coûts des soins de santé, de perte de moyens de subsistance et bien plus encore. Il est essentiel que nous continuions à progresser sur ces problèmes et à jeter les bases d’un avenir plus durable.
Fondamentalement, l’UNEA est un organe décisionnel, réunissant les pays pour adopter des résolutions visant à répondre aux trois crises environnementales planétaires : les changements climatiques, la perte de nature, de terres et de biodiversité, ainsi que la pollution et les déchets. Les éditions précédentes de l’UNEA ont conduit à des résolutions révolutionnaires. Vous attendez-vous à ce que des décisions importantes soient prises cette année ?
RO : Absolument. Plusieurs pays ont soumis des projets de résolutions. L'un appelle les pays à rendre l'intelligence artificielle plus responsable et durable. Un autre demande une réponse internationale renforcée pour lutter contre les crimes affectant l’environnement. Un troisième porte sur les instruments internationaux qui pourraient garantir la gestion écologiquement rationnelle des minéraux et des métaux. D'autres résolutions appellent à une évaluation scientifique mondiale des écosystèmes d'eaux profondes et à la conservation des récifs coralliens.
Ces projets de résolutions, et d’autres, seront débattus lors de l’UNEA-7, et il reste à voir quelles décisions les pays adopteront. Mais ils sont un signal clair que l’UNEA remplit sa mission : faire face aux problèmes environnementaux émergents nécessitant une action mondiale.
Les résolutions de l’UNEA ne sont pas juridiquement contraignantes. Alors, pourquoi sont-elles importantes ?
RO : Les résolutions reflètent la position des pays du monde entier sur les problèmes environnementaux les plus urgents et, surtout, sur la manière dont nous devons les aborder. Elles aident les pays à forger un consensus et à créer une dynamique en faveur d'accords susceptibles de changer la donne. Un excellent exemple est venu de l'UNEA 5.2 en 2022, lorsque les nations ont convenu d'entamer des négociations officielles sur un traité visant à mettre fin à la pollution plastique.
Comment les gens peuvent-ils participer ou suivre l'UNEA-7 ?
RO : La participation en présentiel à l’UNEA-7 est ouverte à un large éventail d'acteurs, y compris les États membres de l'ONU, les organisations intergouvernementales, les accords environnementaux multilatéraux, les organisations non gouvernementales et les médias. Les inscriptions sont désormais ouvertes. Pour le grand public, toutes les réunions officielles de l'UNEA seront diffusées en direct dans les six langues officielles de l’ONU sur le site de l'UNEA-7, qui servira de plateforme pour les dernières actualités. Vous pouvez également suivre les discussions via les réseaux sociaux du PNUE, notamment YouTube, X (anciennement Twitter), LinkedIn et Bluesky.
Le monde est confronté à une multitude de problèmes, des guerres aux famines en passant par l'augmentation du coût de la vie. Dans ce contexte, pourquoi une conférence sur l'environnement est-elle importante ?
RO : La réponse est en réalité très simple. L’environnement est le socle de nos sociétés et de nos économies. Il nous fournit des ressources naturelles. Il nous fournit des emplois. Il nous fournit l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons, et bien plus encore.
Une planète en bonne santé est donc absolument essentielle pour prévenir les conflits, éradiquer la faim, réduire les inégalités et relever de nombreux autres défis mondiaux. L’UNEA est peut-être plus importante aujourd’hui que jamais.
À propos de l'Assemblée des Nations Unies pour l'environnement
L'UNEA est l'organe décisionnel le plus élevé au monde en matière d'environnement et comprend les 193 États membres des Nations Unies. Il se réunit tous les deux ans pour définir le programme environnemental mondial, fournir des orientations politiques globales et définir les réponses politiques à apporter aux nouveaux défis environnementaux. L'UNEA-7 se tiendra du 8 au 12 décembre 2025 au siège du Programme des Nations Unies pour l’environnement à Nairobi, au Kenya. La session de cette année comprendra, entre autres, l'approbation de la Stratégie à moyen terme du PNUE pour 2026-2029.


