Excellences, chers collègues,
Bienvenue à la réunion ministérielle 2025 de la Coalition pour le climat et la qualité de l’air (CCAC), qui vise à accélérer l'action contre les super-polluants.
À la suite de la COP 30, une telle action est plus importante que jamais. Malgré de nombreuses nouvelles contributions déterminées au niveau national (CDN), les températures mondiales devraient augmenter de 2,3 à 2,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. La moyenne sur plusieurs décennies dépassera 1,5°C, très probablement au cours de la prochaine décennie.
Le monde doit limiter au maximum ce dépassement, sous peine de faire face à des impacts climatiques de plus en plus graves. Cela ne sera pas possible sans des réductions rapides du méthane et des autres super-polluants. Le Rapport mondial sur l'état du méthane nous indique que les émissions de méthane projetées pour 2030 sont inférieures aux prévisions antérieures. C'est un progrès. Mais les émissions continuent d'augmenter. Seule la mise en œuvre à grande échelle de toutes les mesures de contrôle éprouvées et disponibles permettra d'atteindre l'objectif du Pacte mondial sur le méthane, à savoir une réduction de 30 % des émissions de méthane d’ici à 2030 — et, par conséquent, une diminution de 0,3 °C des températures prévues d’ici le milieu du siècle.
Nous devons tous faire mieux. Et nous le pouvons, en nous appuyant sur l’élan toujours croissant visant à lutter contre les super-polluants — non seulement le méthane, mais aussi le carbone noir, le monoxyde de carbone, l’ozone troposphérique et le protoxyde d’azote.
Cet élan est manifeste.
Au fil des années, la CCAC, soutenue par le PNUE, est passée d’une petite coalition de volontaires à une large coalition d’acteurs engagés.
Environ 84 % des dernières contributions déterminées au niveau national (CDN) des pays incluent des mesures de réduction du méthane dans au moins un secteur majeur — le soutien de la CCAC jouant un rôle clé pour de nombreux pays.
Dans le cadre de l'Observatoire international des émissions de méthane (IMEO) du PNUE, 153 entreprises, représentant 42 % de la production mondiale de pétrole et de gaz, se sont engagées à suivre leurs émissions de méthane, tandis que les réponses au Système d’alerte et de réaction au méthane de l’IMEO ont considérablement augmenté en 2025.
Enfin, il y a seulement quelques semaines, le G20, sous la présidence de l’Afrique du Sud, a déclaré pour la première fois que l’air pur constituait une priorité mondiale. Cette décision renforce la mise en œuvre de la sixième résolution de l'Assemblée des Nations Unies pour l'Environnement sur la coopération régionale et au Programme pour un air pur en Afrique, soutenus par la Plateforme d'échange sur la gestion de la qualité de l'air. Dans ce cadre, la CCAC vient d’ajouter de nouvelles orientations sectorielles au guichet unique destiné aux gestionnaires de la qualité de l’air.
La CCAC s’appuiera sur cet élan en soutenant d’importantes initiatives annoncées lors de la COP 30. Celles-ci comprennent notamment la déclaration menée par le Royaume-Uni sur la réduction des émissions de méthane dans le secteur des combustibles fossiles, que l’IMEO soutiendra également, ainsi que l’Initiative des agriculteurs pour des transformations résilientes et durables.
La CCAC s’engage par ailleurs dans de nouveaux travaux majeurs. À la COP 30, elle a lancé l’Accélérateur d’action des pays sur les super-polluants, inscrit dans l’Agenda d’action de la COP 30. En commençant par un premier groupe de sept pays, cet accélérateur vise à mobiliser jusqu’à 30 pays d’ici à 2030 et à lever environ 150 millions de dollars américains sous forme de subventions et de financements complémentaires. Mais nous avons besoin de votre soutien pour mettre en place une infrastructure de mise en œuvre solide, capable d’accélérer l’action à grande échelle.
Il est tout aussi essentiel de veiller à ce que nos actions fonctionnent dans et pour l’économie réelle. L’Évaluation économique mondiale sur le climat et l’air pur de la CCAC, qui sera publiée à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement 2026, contribuera à cet objectif. Aujourd’hui, nous entendrons les premiers enseignements issus de la modélisation et examinerons comment utiliser ces résultats pour renforcer l’ambition et mobiliser davantage d’acteurs économiques.
Excellences, chers collègues,
Nous avons beaucoup accompli. Il nous reste beaucoup à faire. Mais je suis convaincue que, ensemble, nous pouvons accélérer l’action contre les super-polluants pour une planète résiliente. Ralentir les changements climatiques. Offrir un air plus pur. Et sauver des vies.


